Le micro-FTIR en imagerie fournit un nombre de particules (N/m³ ou N/L), leur taille et leur forme, avec une limite pratique de 10 µm. La Py-GC/MS mesure la masse de chaque polymère (µg, ng/L) sans information morphologique.
Le choix entre FTIR et Py-GC/MS dépend de la métrique exigée : comptage particulaire pour la conformité réglementaire eaux ou bilan de masse pour le suivi de flux en station d'épuration. Ces deux grandeurs ne sont pas interchangeables.
Le workflow séquentiel sur filtre Anodisc (imagerie FTIR puis transfert sur fibre de verre et pyrolyse) permet d'obtenir les deux métriques sur le même échantillon, en évitant les biais d'hétérogénéité entre aliquotes.
Les modes avancés Py-GC/MS (double shot, EGA, cryotrapping, GC×GC avec HRMS) permettent de séparer les composés volatils des produits de pyrolyse et d'identifier des additifs ou copolymères complexes avec une LOQ de 0,05 à quelques µg selon le polymère.
La spectroscopie Raman descend jusqu'à 1 µm contre 10 µm pour le micro-FTIR, mais avec un temps d'acquisition plus long. Le LDIR atteint également 1 µm avec une vitesse d'analyse intermédiaire.
Le choix entre Py-GC/MS (pyrolyseur couplé à un chromatographe en phase gazeuse et spectromètre de masse) et FTIR (spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, incluant le micro-FTIR en imagerie) conditionne directement le type de résultats obtenus : une masse de polymère en µg d'un côté, et un nombre de particules avec distribution de taille de l'autre. Ces deux métriques ne sont pas interchangeables et répondent à des objectifs analytiques distincts. Pour un laboratoire qui surveille la contamination microplastique dans des eaux de surface, connaître combien de particules de polyéthylène sont présentes par m³ n'équivaut pas à savoir quelle masse de polyéthylène cette contamination représente. Ces deux informations peuvent même conduire à des conclusions opposées sur la composition relative d'un échantillon.
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Nombre ou masse de polymère : quel résultat viser ?
La question structurante à se poser avant tout autre est la suivante : l'objectif du laboratoire est-il de compter et caractériser les particules (nombre, taille, forme, type de polymère par objet individuel) ou de quantifier la masse totale de chaque type de polymère présent dans l'échantillon ? Ces deux grandeurs ne sont pas directement comparables.
Les petites particules dominent les comptages FTIR (leur nombre est élevé, leur contribution en masse est faible). À l'inverse, quelques grosses particules peuvent représenter la quasi-totalité de la masse mesurée par pyrolyse GC/MS, même si elles sont peu nombreuses. En pratique, la composition relative d'un même échantillon peut différer fortement selon que l'on exprime les résultats en pourcentage du nombre ou en pourcentage de la masse.
Critère
FTIR / micro-FTIR imagerie
Py-GC/MS
Unité de résultat principale
Nombre de particules (N/m³ ou N/g)
Masse de polymère (µg, ng/L, ng/kg)
Information sur la taille
Oui, distribution par classes
Non
Information sur la forme
Oui (Feret, élongation)
Non
Identification du type de polymère
Oui, par spectre IR (particule par particule)
Oui, par produits de pyrolyse (bulk)
Quantification des additifs
Limitée
Oui, constituants mineurs accessibles
Caractère destructif
Non
Oui
Limite de détection en taille
10 µm (selon configuration)
Sans objet (pas de données de taille)
LOQ en masse
Sans objet (pas de mesure de masse directe)
0,7 à 1 µg selon polymère et setup
Matrices complexes
Difficile (interférences optiques)
Adapté si clean-up suffisant
Débit (temps/échantillon)
2 à 3 h par filtre en imagerie
30 à 60 min par injection (hors préparation)
Réanalyse possible
Oui (non destructif)
Oui si standard interne conservé et nouveaux indicateurs définis
Norme ou guide disponible
ISO 24187, ISO 16094-2
ISO 16094-3 (screening eau)
Critère
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Pourquoi choisir le micro-FTIR pour compter les particules ?
Résultat de l'imagerie FTIR sur filtre
Le micro-FTIR en mode imagerie (avec détecteur FPA pour imagerie hyperspectrale) génère une carte chimique de la surface d'un filtre. Chaque pixel acquiert un spectre IR, comparé à une bibliothèque spectrale pour attribuer un type de polymère. Le résultat final est un comptage de particules classées par type, accompagné de leur taille (diamètre de Feret), de leur forme (facteur d'élongation) et de leur distribution spatiale. Une acquisition typique couvre 92 % de la surface d'un filtre de 25 mm en 2 à 3 heures. Les résultats permettent de calculer des concentrations en nombre de particules (N/L, N/m³ ou N/g selon la matrice), directement exploitables pour des comparaisons réglementaires ou de monitoring.
Préparation et contraintes de l'échantillon
La chaîne analytique avant l'analyse FTIR inclut plusieurs étapes critiques :
La digestion de la matière organique constitue le premier goulot d'étranglement, notamment pour les matrices riches en organique comme les eaux usées ou les boues. Le réactif de Fenton (WPO, FeSO₄ + H₂O₂) est la méthode la plus utilisée, à maintenir à un pH de 3 à 4 et une température inférieure à 50 °C pour préserver les polymères. Des polymères tels que PE, PP, PET, PVC, PS et PA restent stables dans ces conditions.
La séparation densimétrique (par exemple avec ZnCl₂ à 1,7 g/cm³) sépare ensuite les polymères des débris inorganiques.
La filtration finale sur membrane (argent à 5 µm ou oxyde d'aluminium/Anodisc) vient après. Le choix du filtre détermine en partie le mode de mesure (transmission pour les filtres transparents, réflexion pour les filtres opaques).
Identification, bibliothèques et limites spectrales
L'identification automatisée repose sur la comparaison des spectres de particules avec une bibliothèque spectrale. Les approches par score (corrélations de Pearson sur spectre brut et dérivées) sont courantes, avec des seuils ajustables (par exemple, score ≥ 0,60). Des approches par liste de pics (curve fitting) permettent une assignation plus robuste sur des bandes chevauchées.
Deux limites importantes encadrent la qualité de cette identification. D'une part, la taille minimale détectable : en dessous de 10 µm, la qualité spectrale se dégrade et l'identification devient moins fiable. D'autre part, les copolymères et blends peuvent générer des spectres dont la bibliothèque ne dispose pas, conduisant soit à une mauvaise attribution, soit à un regroupement dans un cluster générique (par exemple, "polyesters" au lieu de "PET"). Les résidus inorganiques peuvent également masquer des particules et réduire le taux d'identification global.
Seuils de taille, interférences et clusters
La résolution spatiale de l'instrument impose un seuil bas pratique autour de 10 à 25 µm selon les configurations (résolution pixel typique de 25 µm). Les particules inférieures à ce seuil sont exclues du comptage, ce qui sous-estime systématiquement la fraction sub-10 µm. Les interférences spectrales proviennent des matériaux inorganiques (minéraux, sels résiduels) qui peuvent occulter les particules polymères. Un rinçage soigné à l'eau ultrapure après la séparation densimétrique et l'ajout de quelques gouttes d'HCl pour dissoudre les sels résiduels de ZnCl₂ réduisent ces interférences.
Limites de taille comparées du micro-FTIR, du Raman et du LDIR
Le micro-FTIR en imagerie atteint une résolution spatiale nominale de 6,6 µm à grossissement 25× avec détecteur FPA, mais la résolution expérimentale observée est proche de 50 µm en conditions réelles. Les particules inférieures à 50 µm génèrent des faux négatifs fréquents. La spectroscopie Raman offre une résolution spatiale pouvant atteindre 0,5 µm, permettant l'analyse de particules de taille supérieure ou égale à 1 µm. Le temps d'acquisition par point est plus long, ce qui allonge la durée totale de cartographie, mais le Raman identifie nettement plus de particules de petite taille. L'imagerie LDIR (Laser Direct Infrared) détecte également les particules jusqu'à 1 µm, avec une vitesse d'analyse plus rapide que le Raman et une sensibilité comparable. Le choix entre micro-FTIR, Raman et LDIR dépend ainsi de la fraction de taille ciblée : le micro-FTIR convient pour des particules supérieures à 50 µm, le Raman et le LDIR pour les particules de 1 à 50 µm, notamment la fraction la plus fine (1 à 10 µm).
Pourquoi choisir la Py-GC/MS pour mesurer la masse des polymères ?
Mesure bulk en masse par Py-GC/MS
La pyro gc ms décompose thermiquement l'ensemble du matériau présent dans le cup de pyrolyse. Les fragments produits sont séparés par GC selon leurs propriétés physico-chimiques, puis identifiés par MS via leur rapport m/z et leur temps de rétention. Le résultat est une masse de chaque type de polymère exprimée en µg, ng/L ou ng/kg selon la matrice. Cette approche est orientée bulk : elle ne distingue pas les particules individuellement, n'accède ni à leur nombre ni à leur taille. La composition relative en masse peut différer significativement de la composition en nombre, car quelques grosses particules peuvent représenter la quasi-totalité de la masse détectée.
Préparation et transfert dans le cup de pyrolyse
La préparation est plus directe qu'en FTIR pour les matrices solides (polymère inconnu, composite), mais requiert une attention rigoureuse pour les matrices environnementales. Dans le cadre d'un workflow séquentiel FTIR puis Py-GC/MS, le filtre Anodisc ayant servi à l'imagerie est broyé, transféré sur un filtre fibre de verre calciné, puis découpé en aliquotes placées dans les cups de pyrolyse. L'étalonnage se base sur un standard multi-polymères (MCS) contenant les masses connues de chaque polymère ciblé, dilué dans CaCO₃. Une courbe d'étalonnage est construite par pesées du MCS à plusieurs niveaux de masse. La microbalance doit présenter une lisibilité d'au moins 10 µg pour garantir la précision des pesées.
Sensibilité, LOD, LOQ et ordres de grandeur
Les performances analytiques de la Py-GC/MS dépendent du polymère ciblé, du pyrolyseur, de la configuration GC et des marqueurs sélectionnés. Sur la base des données disponibles dans la littérature :
Les LOD rapportées pour les polymères courants se situent en dessous de 1 µg dans les configurations validées.
Les LOQ varient selon le polymère : à titre d'ordre de grandeur indicatif (dépendant du setup), elles se situent généralement entre 0,05 µg pour des polymères à bon signal (PS) et plusieurs µg pour des polymères dont le signal est moins intense (PE). Ces valeurs correspondent grossièrement, pour une particule unique, à une taille comprise entre 50 et 200 µm selon la densité et la forme.
La linéarité des courbes d'étalonnage est généralement satisfaisante (R² > 0,996) pour les polymères bien couverts.
La précision intra-jour (%RSD) se situe typiquement entre 3 et 8 % selon le polymère et le niveau de concentration.
Conditions de pyrolyse, indicateurs et variabilité
Les conditions de pyrolyse influencent directement la nature et le rendement des produits formés. Une température de pyrolyse comprise entre 600 °C et 700 °C est couramment utilisée, sous atmosphère inerte (hélium ultra haute pureté). Les paramètres critiques incluent la température de l'interface pyrolyse-GC (typiquement 300 °C), le split ratio, le programme de température du four GC et la durée de pyrolyse.
Chaque polymère est identifié via un ou plusieurs marqueurs indicateurs (composé spécifique de pyrolyse + ion m/z + fenêtre de temps de rétention). Par exemple, le styrène (m/z 104) marque le PS, le 1-décène (m/z 41) le PE, le 2,4-diméthyl-1-heptène (m/z 43) le PP. La variabilité entre pyrolyseurs représente une source de divergence inter-laboratoires, car le profil de pyrolyse peut différer selon le type de pyrolyseur (micro-four vs Curie-point).
Fixer et documenter toutes les conditions opératoires constitue une exigence minimale de traçabilité. Certains polymères (PU, PC, PVC, Nylon-6, PET) présentent des signaux moins intenses dans des configurations non optimisées pour eux. L'ajout de TMAH (tétraméthylammonium hydroxyde) en ligne permet d'améliorer la sensibilité pour PET et PC via dérivatisation.
Modes avancés de pyrolyse : double shot, EGA et cryotrapping
Le mode single shot soumet l'échantillon à une pyrolyse rapide à une température unique (généralement entre 500 et 800 °C). Le mode double shot analyse l'échantillon en deux étapes : une thermodésorption à basse température (80 à 350 °C) pour désorber les composés volatils et semi-volatils (additifs, solvants, monomères résiduels), puis une pyrolyse flash à haute température pour fragmenter la matrice polymérique restante. Cette approche sépare les informations sur les composés natifs de celles sur le squelette polymérique.
L'analyse des gaz évolués (EGA) chauffe progressivement l'échantillon de basse température (40 à 100 °C) jusqu'à haute température (700 à 800 °C) sans séparation chromatographique, produisant un thermogramme qui indique les zones de volatilisation et de dégradation. Le cryotrapping piège les composés volatils en tête de colonne par refroidissement cryogénique, ce qui améliore la résolution chromatographique et abaisse les limites de détection. Les techniques de GC×GC (chromatographie en phase gazeuse bidimensionnelle) couplée à la HRMS (spectrométrie de masse haute résolution) permettent de séparer et d'identifier des mélanges complexes, notamment les copolymères et les additifs en faible proportion.
Quand combiner le FTIR et la Py-GC/MS ?
La combinaison séquentielle des deux techniques sur la même fraction est l'approche la plus robuste lorsque l'étude requiert à la fois des données particulaires et des données massiques. Elle permet d'éliminer les biais liés à l'hétérogénéité entre aliquotes différents.
Voici le workflow en étapes sur le même filtre.
La filtration de l'échantillon sur un filtre Anodisc (alumine, pores 0,2 µm) constitue le support commun aux deux analyses.
Le filtre est soumis à l'imagerie FTIR (mode transmission ou réflexion selon la configuration), qui produit la carte chimique, le comptage, les tailles, les formes et la composition relative en nombre.
La bordure support PP de l'Anodisc est retirée manuellement. La partie alumine contenant les particules est broyée et transférée sur un filtre fibre de verre préalablement calciné.
Un standard interne est ajouté avant la pyrolyse (pour permettre la réanalyse rétrospective si de nouveaux indicateurs sont définis ultérieurement).
Le filtre est découpé en deux aliquotes placées chacune dans un cup de pyrolyse.
La Py-GC/MS est réalisée sur les aliquotes, produisant la masse de chaque polymère ciblé.
Les résultats des deux méthodes sont harmonisés selon la table de correspondance des classes polymères (voir ci-dessous).
Voici la table de correspondance FTIR ↔ Py-GC/MS pour l'harmonisation des classes polymères. Sans cette harmonisation préalable, comparer des pourcentages FTIR et Py-GC/MS dans un même rapport conduira à des conclusions trompeuses sur la composition relative de l'échantillon.
Classe FTIR (imagerie)
Cible(s) Py-GC/MS correspondante(s)
Point de vigilance
PE (et formes oxydées)
PE (1-décène, m/z 41)
FTIR peut inclure certains rubbers ; Py-GC/MS ciblage backbone uniquement
PP
PP (2,4-diméthyl-1-heptène, m/z 43)
Bonne correspondance si calibration PP dédiée
PS
PS (styrène, m/z 104)
Bonne correspondance ; ABS peut interférer
PVC
PVC (inclut PE chloré côté FTIR)
Py-GC/MS peut nécessiter marqueur chloré dédié
Polyesters (dont PET)
PET, PBT (TMAH recommandé)
FTIR regroupe souvent tous les polyesters ; Py-GC/MS cibler PET/PBT séparément
PA (polyamides)
PA6 (caprolactame)
FTIR rapporte "PA" au sens large ; Py-GC/MS souvent limité à PA6 selon calibration
PMMA / acrylates / PUR
PMMA (méthacrylate de méthyle, m/z 41)
Py-GC/MS "PMMA/MDI-PUR" couvre un ensemble ; vérifier calibration
Peut-on convertir un comptage FTIR en masse ?
La conversion des données particulaires FTIR (nombre, taille, forme) en masse est techniquement réalisable mais introduit des hypothèses dont les biais doivent être explicités systématiquement.
Principes de calcul et hypothèses de conversion
Le calcul reconstruit un volume "équivalent" pour chaque particule, en utilisant le diamètre de Feret comme dimension principale, l'élongation pour dériver la dimension mineure, un ratio de dimensions (RD) estimé (généralement une valeur médiane issue d'un corpus d'échantillons), et la densité du polymère attribuée via la bibliothèque FTIR. La masse individuelle est alors : volume reconstruit × densité → somme sur toutes les particules identifiées.
Biais majeurs et impact quantitatif
Le biais le plus important provient des grosses particules : un fragment de 500 µm contribue à la masse calculée de manière cubique par rapport à sa taille linéaire. Si la forme réelle de ce fragment est irrégulière (fragment anguleux, fibre aplatie), le volume reconstruit par hypothèse géométrique sphérique ou ellipsoïdale surestime fortement la masse réelle. Des écarts d'un facteur supérieur à 5 entre masse calculée depuis FTIR et masse mesurée par Py-GC/MS ont été documentés dans des échantillons à forte contamination ou présentant des particules de grande dimension.
La variante par particule de référence réduit partiellement cet écart : une particule de référence par polymère (dimensions moyennes) est définie, et la surface projetée de l'ensemble des particules est convertie en équivalents de cette référence. Cette approche reste cependant une approximation et peut conduire à sur-estimer certains polymères (PP) et sous-estimer d'autres (PE) selon les hypothèses retenues.
Limites et situations d'échec de la conversion
La conversion FTIR→masse est à éviter dans trois situations :
Une réglementation ou une norme exige une valeur massique certifiée : recourir à la Py-GC/MS directement.
L'échantillon contient des grosses particules (supérieures à 200 µm) en proportion significative : le biais volumétrique devient trop important.
La comparaison inter-laboratoires sur des données massiques est nécessaire : seule une mesure directe par Py-GC/MS garantit la traçabilité métrologique.
FTIR ou Py-GC/MS : quelle technique pour quelle situation ?
Contrôle qualité d'un polymère inconnu à l'import
Un responsable qualité reçoit une livraison de granulés polymère dont l'identité chimique doit être vérifiée avant utilisation. La contrainte est d'obtenir une réponse rapide, sans détruire le lot ni altérer les granulés en cas de conformité.
Technique recommandée : FTIR (ATR, sans préparation). La mesure directe par ATR sur le granulé prend moins de cinq minutes et fournit un spectre IR comparé à une bibliothèque pour confirmer ou infirmer la nature du polymère. L'échantillon est intact. La Py-GC/MS n'apporterait pas d'information supplémentaire dans ce contexte d'identification simple.
Analyse de non-conformité et contamination inconnue
Un produit fini présente une contamination visuelle. L'origine (polymère contaminant, additif) doit être déterminée, et la concentration massique de la contamination dans le produit doit être quantifiée pour évaluer l'impact.
Technique recommandée : workflow combiné. Le micro-FTIR localise et identifie les particules contaminantes ; la Py-GC/MS quantifie la masse de chaque polymère identifié. Si les additifs sont suspectés comme contaminants, la Py-GC/MS est indispensable.
Suivi des microplastiques dans les eaux
Un laboratoire environnemental réalise une campagne de suivi de la contamination microplastique dans des eaux de surface. Le projet nécessite de rapporter des concentrations comparables à d'autres études et à des valeurs réglementaires en cours d'établissement.
Technique recommandée : micro-FTIR en imagerie si la réglementation se base sur le nombre de particules (situation observée pour les microplastiques dans l'eau). La Py-GC/MS est recommandée si l'objectif est un bilan de masse ou un flux en station d'épuration. Le workflow séquentiel sur filtre Anodisc est optimal si les deux types de données sont nécessaires.
Caractérisation de composites et matériaux multi-composants
Un laboratoire de matériaux doit caractériser la composition polymère d'un composite (mélange fibres/matrice, résidu insoluble après extraction). L'échantillon ne peut pas être filtré et ne contient pas de fraction liquide.
Technique recommandée : Py-GC/MS. La nature solide et composite de l'échantillon est directement compatible avec un placement en cup de pyrolyse après broyage. La Py-GC/MS identifie chaque backbone polymère et quantifie sa masse, y compris les constituants présents en faible proportion. Le FTIR ATR peut être utilisé en complément pour une identification rapide de surface.
Suivi du vieillissement et dégradation des polymères
Un service R&D suit l'évolution chimique d'un matériau polymère soumis à des cycles de vieillissement thermique ou UV. L'objectif est de détecter des modifications de structure (oxydation, dégradation de chaîne) et de quantifier les produits de dégradation.
Technique recommandée : FTIR pour le suivi structurel (apparition de nouvelles bandes carbonyle, modification des groupes fonctionnels) de manière non destructive sur les mêmes éprouvettes au fil du temps. La Py-GC/MS prend le relais si la quantification des produits de dégradation ou des additifs résiduels est nécessaire à un stade avancé du vieillissement, en acceptant la destruction de l'éprouvette analysée.
FAQ : réponses aux questions opérationnelles sur FTIR et Py-GC/MS
Le FTIR détruit-il l'échantillon analysé ?
Non. Le FTIR, y compris en micro-FTIR et en imagerie hyperspectrale, est une technique non destructive. L'échantillon peut être conservé et réanalysé avec une autre bibliothèque ou un autre algorithme. C'est précisément cette propriété qui permet le workflow séquentiel (FTIR puis Py-GC/MS sur le même filtre), le FTIR étant systématiquement réalisé en premier.
Quelle est la taille minimale détectable en FTIR ?
La limite pratique du micro-FTIR en imagerie se situe autour de 10 µm, avec une résolution spatiale typique de 25 µm par pixel. En dessous de ce seuil, la qualité du spectre se dégrade et l'identification devient non fiable. La spectroscopie Raman permet d'aller plus bas (jusqu'à 1 µm), au prix d'un temps d'acquisition nettement plus long.
Quelle est la LOQ typique de la Py-GC/MS pour les polymères courants ?
La LOQ de la Py-GC/MS dépend du polymère, de la configuration instrumentale et du protocole d'étalonnage. Sur la base des données disponibles dans la littérature, les LOD se situent en dessous de 1 µg pour les polymères courants dans des configurations validées. Les LOQ varient de quelques dizaines de nanogrammes pour les polymères à fort signal (PS) à plusieurs microgrammes pour les polymères à signal plus faible (PE), selon le setup. Ces valeurs doivent toujours être vérifiées sur le système propre du laboratoire.
La Py-GC/MS permet-elle d'identifier les additifs dans un polymère ?
Oui. La Py-GC/MS offre un accès aux constituants mineurs et aux additifs (plastifiants, stabilisants thermiques, pigments organiques) via leurs produits de pyrolyse spécifiques, à condition que des marqueurs et des étalonnages dédiés aient été définis. C'est l'un des avantages distinctifs de la technique par rapport au FTIR, qui reste principalement sensible aux fonctions du backbone polymère.
Peut-on comparer directement les compositions polymères issues de FTIR et de Py-GC/MS ?
Non, pas sans harmonisation préalable. Les compositions FTIR sont exprimées en nombre et dominées par les petites particules. Les compositions Py-GC/MS sont exprimées en masse et dominées par les grosses particules. Pour les comparer, il faut regrouper les classes polymères selon une table de correspondance explicite, et toujours préciser dans le rapport si les pourcentages sont en nombre ou en masse.
Comment gérer les copolymères en Py-GC/MS ?
Un copolymère produit des fragments de pyrolyse correspondant à chacun de ses constituants. Sans étalonnage spécifique pour le copolymère, la Py-GC/MS l'attribue au backbone principal calibré. Le constituant secondaire peut rester non détecté si sa masse est sous la LOQ, ou être rapporté séparément si son indicateur est présent dans la méthode SIM. Il est recommandé de documenter explicitement les copolymères attendus dans l'échantillon et de vérifier si des indicateurs spécifiques sont disponibles.
Quels sont les points clés à verrouiller pour la reproductibilité de la Py-GC/MS entre pyrolyseurs ?
Plusieurs paramètres doivent être documentés et fixés : la température de pyrolyse (600 à 700 °C selon la méthode), la durée de pyrolyse, la température de l'interface pyrolyse-GC (300 °C typiquement), le split ratio, le programme de four GC et le débit de gaz vecteur. L'ajout d'un standard interne avant la pyrolyse permet de normaliser les résultats et de détecter les dérives instrumentales. Les blancs (cup vide, filtre non traité, filtre eau ultrapure) doivent être analysés à chaque série pour identifier les contaminations.
La Py-GC/MS est-elle adaptée à l'analyse des microplastiques dans les eaux propres ?
ISO/FDIS 16094-3, actuellement en phase finale d'approbation, concerne l'analyse des microplastiques dans les eaux à faible teneur en matières en suspension, notamment l'eau potable, par des méthodes thermo-analytiques telles que la Py-GC/MS. Pour les eaux très peu contaminées, des volumes importants peuvent être filtrés afin d'accumuler une masse de polymère compatible avec les limites de quantification de la méthode.
Quel budget prévoir pour un équipement FTIR ou Py-GC/MS ?
Un spectromètre FTIR de paillasse standard se situe entre 15 000 et 30 000 €. Les configurations avec microscope micro-FTIR ou détecteur MCT peuvent atteindre 40 000 à 50 000 €. Un pyrolyseur GC/MS standard coûte entre 20 000 et 45 000 €, hors chromatographe et spectromètre de masse. Les pyrolyseurs hybrides ou automatisés dépassent 45 000 €. Les coûts d'exploitation annuels (maintenance, consommables, gaz) varient de 2 000 à 5 000 € pour un FTIR et de 3 000 à 7 000 € pour un pyrolyseur GC/MS. En prestation externe, compter 150 à 350 € par échantillon pour une analyse FTIR et 250 à 500 € pour une Py-GC/MS selon la complexité.
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