- Quel est le rôle d'un bassin de rétention ?
- Quel cadre réglementaire s'applique au dimensionnement d'un bassin de rétention ?
- Quelles données d'entrée sont nécessaires pour dimensionner le bassin ?
- Quelles méthodes utiliser pour calculer le volume de rétention ?
- Quelle typologie d'ouvrage de rétention choisir ?
- Quelles vérifications effectuer après le calcul du volume ?
- Quelle est la démarche de validation à transmettre au bureau d'études ?
- FAQ
- Quel est le rôle d'un bassin de rétention ?
- Quel cadre réglementaire s'applique au dimensionnement d'un bassin de rétention ?
- Quelles données d'entrée sont nécessaires pour dimensionner le bassin ?
- Quelles méthodes utiliser pour calculer le volume de rétention ?
- Quelle typologie d'ouvrage de rétention choisir ?
- Quelles vérifications effectuer après le calcul du volume ?
- Quelle est la démarche de validation à transmettre au bureau d'études ?
- FAQ
- Un bassin de rétention stocke temporairement les eaux pluviales pour limiter le débit de rejet vers le réseau ou le milieu naturel.
- Le dimensionnement repose sur quatre entrées clés : surface contributive (m²), coefficient de ruissellement, intensité pluviométrique (données IDF locales) et débit de fuite autorisé (L/s).
- La méthode rationnelle donne le débit de pointe entrant ; la méthode des pluies (hydrogramme) calcule le volume à stocker par différence entre entrées et sorties cumulées.
- Le débit de fuite est fixé par la collectivité (PLU/PLUi, gestionnaire de réseau) ou calculé pour ne pas aggraver la situation aval (condition pré/post-développement).
- Le volume final se détermine par la valeur maximale du cumul (Volume entrant – Volume sortant) sur la durée de l'événement pluvieux retenu.
- Les dispositifs de régulation (orifice, régulateur vortex) assurent un rejet constant et maîtrisé ; un débit paramétrable de 1 à 25 L/s couvre la plupart des projets courants.
- Le changement climatique peut justifier une majoration préventive du volume calculé (ordre de grandeur : +20 % à +23 % selon certaines études).
- Ce guide permet un pré-dimensionnement : la conception définitive doit être validée par un bureau d'études hydraulique ou un ingénieur spécialisé, selon les données IDF locales et les prescriptions du gestionnaire du réseau.
Quel est le rôle d'un bassin de rétention ?
- Entrant : ruissellement des surfaces imperméables vers le bassin.
- Stocké : volume accumulé pendant la montée de la pluie.
- Sortant régulé : rejet à débit limité via un dispositif de régulation.
Quel cadre réglementaire s'applique au dimensionnement d'un bassin de rétention ?
Les documents à consulter avant tout calcul
- PLU / PLUi (Plan Local d'Urbanisme intercommunal) : impose souvent un débit maximal de rejet, une obligation de rétention à la parcelle, et des ratios de surfaces perméables.
- Règlement d'assainissement du gestionnaire de réseau (syndicat, régie, métropole) : précise le débit de fuite autorisé et les conditions de raccordement.
- Dossier Loi sur l'eau : selon la superficie imperméabilisée et l'impact sur le milieu récepteur, une déclaration ou autorisation préalable peut être requise (Code de l'environnement, LEMA 2006).
- Zonage pluvial de la commune, s'il existe.
Objectifs calculables issus du cadre réglementaire
- Débit maximal de rejet (Qfuite, en L/s) à ne pas dépasser en sortie d'ouvrage.
- Pas d'aggravation aval : le débit de pointe post-aménagement ne doit pas excéder le débit de pointe pré-aménagement.
- Volume de stockage suffisant pour absorber l'excès de ruissellement sur la durée critique, pour une période de retour donnée (T = 10 ans, 20 ans, 30 ans selon les exigences locales).
Quelles données d'entrée sont nécessaires pour dimensionner le bassin ?
Surface contributive et coefficients de ruissellement
| Type de surface | C indicatif |
|---|---|
| Toiture, asphalte | 0,85 – 0,95 |
| Pavé béton classique | 0,75 – 0,90 |
| Pavé perméable | 0,00 – 0,40 |
| Gazon, espaces verts | 0,05 – 0,40 |
| Terre, sol nu | 0,10 – 0,40 |
Pluie de projet : période de retour, courbes IDF et hyétogramme
- La période de retour (T, en années) exprime la fréquence statistique de l'événement pluvieux retenu pour le dimensionnement. T = 10 ans signifie qu'un tel épisode a une probabilité de 10 % de survenir chaque année. Les collectivités imposent généralement T = 10 à 30 ans pour les bassins courants.
- Les courbes IDF (Intensité – Durée – Fréquence) donnent l'intensité pluviométrique i (en mm/h) en fonction de la durée de la pluie et de la période de retour, pour un lieu donné. Ces données sont fournies par Météo-France et les services techniques locaux.
- L'hyétogramme décrit la répartition de la pluie dans le temps (averse synthétique). Il est utilisé dans les méthodes hydrogramme pour modéliser la montée et la décrue du débit entrant.
Temps de concentration (Tc)
Débit de fuite et exutoire aval
Quelles méthodes utiliser pour calculer le volume de rétention ?
| Méthode | Entrées principales | Sorties | Cas d'usage | Limites |
|---|---|---|---|---|
| Méthode rationnelle | A, C, i(Tc), Qf | Débit de pointe, volume approché | Pré-dimensionnement, petits BV | Ne donne pas un hydrogramme complet |
| Méthode des pluies (hydrogramme) | A, C, hyétogramme, Tc, Qf | Volume de stockage précis | Dimensionnement courant | Nécessite des données IDF fiables |
| SCS-CN | Occupation sols, type sol, CN | Volume de ruissellement, Qp | BV ruraux, sols variables | Données CN parfois difficiles à obtenir |
| Méthode : Méthode rationnelle | |
|---|---|
| Entrées principales | A, C, i(Tc), Qf |
| Sorties | Débit de pointe, volume approché |
| Cas d'usage | Pré-dimensionnement, petits BV |
| Limites | Ne donne pas un hydrogramme complet |
| Méthode : Méthode des pluies (hydrogramme) | |
|---|---|
| Entrées principales | A, C, hyétogramme, Tc, Qf |
| Sorties | Volume de stockage précis |
| Cas d'usage | Dimensionnement courant |
| Limites | Nécessite des données IDF fiables |
| Méthode : SCS-CN | |
|---|---|
| Entrées principales | Occupation sols, type sol, CN |
| Sorties | Volume de ruissellement, Qp |
| Cas d'usage | BV ruraux, sols variables |
| Limites | Données CN parfois difficiles à obtenir |
Méthode rationnelle : débit de pointe
Qp = C × i × A / 360
Avec :
- Qp = débit de pointe (m³/s)
- C = coefficient de ruissellement (sans unité)
- i = intensité pluviométrique pour la durée Tc et la période de retour T (mm/h)
- A = surface contributive (ha)
Vstockage ≈ (Qp – Qf) × Tc
Attention : cette approximation triangulaire sous-estime souvent le volume réel. Elle convient uniquement pour une première estimation avant calcul hydrogramme.
Méthode des pluies : calcul du volume par hydrogramme
V(t) = ∫[Qin(t) – Qout(t)] dt
Le volume de rétention à retenir correspond au maximum de V(t) sur la durée de l'averse. Qout(t) représente le débit de fuite (supposé constant si l'orifice est bien dimensionné). Cette méthode est la référence pour les projets soumis à instruction réglementaire.
Étapes opérationnelles :
- Choisir la pluie de projet (T, durée critique, données IDF locales).
- Construire le hyétogramme synthétique.
- Calculer le débit entrant Qin(t) à chaque pas de temps.
- Fixer le débit de fuite Qf (constant).
- Calculer V(t) = cumul entrant – cumul sortant à chaque pas de temps.
- Relever le maximum de V(t) : c'est le volume de rétention.
- Appliquer un coefficient de sécurité (typiquement +10 % à +20 %) pour tenir compte des incertitudes.
Méthode SCS-CN
Quelle typologie d'ouvrage de rétention choisir ?
| Typologie | Principe | Avantages | Inconvénients | Cas d'usage typique |
|---|---|---|---|---|
| Bassin sec (à ciel ouvert) | Excavation étanche, vide hors pluie | Faible coût, entretien facile | Foncier important, contrainte paysagère | Zones péri-urbaines, zones d'activités |
| Bassin en eau permanent | Stockage avec lame d'eau permanente | Intégration paysagère | Risque sanitaire, gestion sédiments | Projets avec contrainte paysagère |
| Bassin enterré (génie civil, alvéolaire) | Cuve béton ou modules plastiques | Économie de foncier | Coût de génie civil élevé, entretien complexe | Zones urbaines denses, parking |
| Noue / fossé enherbé | Cheminement aérien avec stockage temporaire | Infiltration possible, biodiversité | Surface linéaire requise | Lotissements, interfaces voirie/espaces verts |
| Structure alvéolaire (modules) | Modules plastiques, 400 L/m² | Mise en œuvre rapide, charges légères | Sensibilité au colmatage | Parkings, zones imperméabilisées |
| Typologie : Bassin sec (à ciel ouvert) | |
|---|---|
| Principe | Excavation étanche, vide hors pluie |
| Avantages | Faible coût, entretien facile |
| Inconvénients | Foncier important, contrainte paysagère |
| Cas d'usage typique | Zones péri-urbaines, zones d'activités |
| Typologie : Bassin en eau permanent | |
|---|---|
| Principe | Stockage avec lame d'eau permanente |
| Avantages | Intégration paysagère |
| Inconvénients | Risque sanitaire, gestion sédiments |
| Cas d'usage typique | Projets avec contrainte paysagère |
| Typologie : Bassin enterré (génie civil, alvéolaire) | |
|---|---|
| Principe | Cuve béton ou modules plastiques |
| Avantages | Économie de foncier |
| Inconvénients | Coût de génie civil élevé, entretien complexe |
| Cas d'usage typique | Zones urbaines denses, parking |
| Typologie : Noue / fossé enherbé | |
|---|---|
| Principe | Cheminement aérien avec stockage temporaire |
| Avantages | Infiltration possible, biodiversité |
| Inconvénients | Surface linéaire requise |
| Cas d'usage typique | Lotissements, interfaces voirie/espaces verts |
| Typologie : Structure alvéolaire (modules) | |
|---|---|
| Principe | Modules plastiques, 400 L/m² |
| Avantages | Mise en œuvre rapide, charges légères |
| Inconvénients | Sensibilité au colmatage |
| Cas d'usage typique | Parkings, zones imperméabilisées |
Quelles vérifications effectuer après le calcul du volume ?
Surverse et trop-plein
Sédimentation et entretien
Points de maintenance à intégrer dès la conception :
- Accès pour engins de curage (bassin ouvert) ou regard visitables (bassin enterré).
- Zone de sédimentation en amont du régulateur.
- Crépine ou dégrillage sur l'entrée du dispositif de régulation.
- Possibilité d'autocurage par chasse hydraulique pour les ouvrages enterrés.
Instrumentation possible
Quelle est la démarche de validation à transmettre au bureau d'études ?
Livrables à produire :
- Délimitation du bassin versant et surfaces contributives (plans géoréférencés).
- Hypothèses de calcul explicitées : coefficients de ruissellement retenus, données IDF utilisées (source, station de référence), période de retour choisie, débit de fuite imposé.
- Notes de calcul (méthode rationnelle + méthode des pluies).
- Plan de masse de l'ouvrage avec cotes, raccordements (entrée, sortie, trop-plein).
- Justification du choix du dispositif de régulation.
- Plan de maintenance et d'exploitation prévu.
- Extrait du PLU ou règlement d'assainissement justifiant les exigences retenues.
FAQ
Quelle période de retour choisir pour dimensionner un bassin de rétention ?
La période de retour est fixée par la collectivité ou le gestionnaire de réseau. Elle varie généralement entre T = 10 ans (projets courants) et T = 30 ans (zones sensibles ou à fort enjeu). En l'absence de prescription explicite, T = 10 ans constitue un minimum courant pour un lotissement.
Quelle est la différence entre rétention et détention ?
La rétention stocke l'eau jusqu'à vidange complète entre deux épisodes pluvieux (bassin sec entre les pluies). La détention maintient un volume d'eau permanent (bassin en eau). Le dimensionnement reste similaire, mais les contraintes d'exploitation et de sécurité diffèrent.
Que faire si l'infiltration dans le sol est impossible ?
Un sol peu perméable ou une nappe haute impose un ouvrage de rétention étanche avec rejet régulé vers le réseau ou le milieu récepteur. Le débit de fuite est alors le seul exutoire : il doit être validé par le gestionnaire du réseau récepteur.
Comment gérer un débit de fuite très faible (inférieur à 2 L/s) ?
Un débit de fuite très faible augmente fortement le volume de rétention nécessaire et accroît le risque de colmatage de l'orifice. Un régulateur vortex est préférable à un simple orifice, car il présente une section d'admission plus grande et un risque de bouchage moindre.
Comment estimer le débit de fuite si la collectivité n'en impose pas ?
La condition de non-aggravation aval s'applique : le débit de pointe post-aménagement doit être inférieur ou égal au débit de pointe pré-aménagement pour la même période de retour. On calcule donc le débit de pointe naturel du terrain avant urbanisation et on l'adopte comme Qf.
Peut-on combiner rétention et récupération d'eau dans le même ouvrage ?
Oui, certains ouvrages combinent un volume de récupération (réutilisation) et un volume de tamponnement (régulation vers réseau). Les deux volumes doivent être dimensionnés indépendamment et clairement séparés hydrauliquement dans l'ouvrage.
Faut-il majorer le volume calculé pour le changement climatique ?
Certaines études et collectivités recommandent une majoration préventive de l'ordre de +20 % à +23 % du volume calculé, pour anticiper l'intensification des pluies liée au changement climatique. Cette majoration doit être discutée avec le BET et validée par le gestionnaire local.
Quand une procédure Loi sur l'eau est-elle obligatoire ?
Elle dépend de la superficie totale du projet et de l'impact sur le milieu. Au-delà de certains seuils (surfaces imperméabilisées, impact sur un cours d'eau), une déclaration ou une autorisation préfectorale est requise. Le BET détermine le régime applicable selon les articles R. 214-1 et suivants du Code de l'environnement.
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