- Pourquoi assurer la traçabilité des terres excavées sur un chantier ?
- Quels déblais et terres excavées doivent être tracés ?
- Qui est responsable de la traçabilité des déblais ?
- Quelles informations faut-il enregistrer pour chaque mouvement ?
- Quels registres et documents utiliser pour tracer les terres excavées ?
- Quels seuils s'appliquent aux terres excavées ?
- Quels délais respecter pour déclarer les terres excavées ?
- Comment organiser la traçabilité des déblais sur le chantier ?
- Comment suivre le transport des déblais jusqu'à l'exutoire ?
- Quelles preuves conserver pour justifier la traçabilité ?
- Comment digitaliser la traçabilité des terres excavées ?
- Pourquoi assurer la traçabilité des terres excavées sur un chantier ?
- Quels déblais et terres excavées doivent être tracés ?
- Qui est responsable de la traçabilité des déblais ?
- Quelles informations faut-il enregistrer pour chaque mouvement ?
- Quels registres et documents utiliser pour tracer les terres excavées ?
- Quels seuils s'appliquent aux terres excavées ?
- Quels délais respecter pour déclarer les terres excavées ?
- Comment organiser la traçabilité des déblais sur le chantier ?
- Comment suivre le transport des déblais jusqu'à l'exutoire ?
- Quelles preuves conserver pour justifier la traçabilité ?
- Comment digitaliser la traçabilité des terres excavées ?
- La traçabilité des terres excavées s'applique dès lors que les terres quittent l'emprise du chantier d'origine, qu'elles aient ou non le statut de déchet, sauf exemptions à vérifier dans les textes officiels.
- Depuis le 5 mai 2025, toutes les déclarations aux registres nationaux (déchets et terres/sédiments) s'effectuent dans Trackdéchets, qui remplace le RNDTS.
- Le délai de déclaration pour les terres excavées et sédiments est fixé au dernier jour du mois suivant le fait générateur ; le délai applicable aux déchets fait l'objet de formulations divergentes selon les sources (7 jours ou 1 mois) : il convient de vérifier le texte officiel applicable à sa situation.
- Le maître d'ouvrage du chantier d'excavation porte la responsabilité des déclarations sortantes ; celui du site receveur est responsable des déclarations entrantes.
- Grâce au principe « dites-le nous une fois », la transmission au registre national dispense de la tenue autonome du registre chronologique interne pour les données déclarées.
- Les données déclarées restent accessibles dans Trackdéchets pendant 6 ans pour les données personnelles et 30 ans pour les autres données.
La traçabilité des terres excavées et des déblais de chantier consiste à enregistrer leur origine, leur quantité, leur transport et leur destination jusqu'au site de traitement, de stockage ou de valorisation. Elle concerne particulièrement les opérations de terrassement, de démolition, de génie civil et d'aménagement générant des volumes importants de matériaux. Selon le type de flux, le suivi repose sur un registre chronologique, les déclarations effectuées dans Trackdéchets et, pour certains déchets dangereux, des bordereaux électroniques. Un logiciel de gestion des déchets peut centraliser ces informations et faciliter leur suivi sur plusieurs chantiers.
Pourquoi assurer la traçabilité des terres excavées sur un chantier ?
La traçabilité permet de connaître précisément le parcours des matériaux depuis leur excavation jusqu'à leur destination finale.
Elle sert notamment Ă :
- identifier le chantier d'origine ;
- mesurer les quantités de terres ou déblais évacuées ;
- identifier le transporteur ;
- suivre les rotations de camions ;
- enregistrer les sites de destination ;
- distinguer élimination, traitement et valorisation ;
- conserver les justificatifs nécessaires en cas de contrôle.
Elle permet également de vérifier que les volumes sortant du chantier correspondent aux quantités réceptionnées par les plateformes, installations de traitement ou sites de valorisation. Pour les entreprises du BTP gérant plusieurs opérations simultanément, un logiciel de gestion des déchets BTP facilite le rapprochement entre chantier, matériau, transporteur, quantité et exutoire.
Quels déblais et terres excavées doivent être tracés ?
Les obligations dépendent de la nature du matériau, de son statut et de sa destination.
Terres excavées et déblais non dangereux
Les terres excavées correspondent aux matériaux extraits du sol lors d'opérations comme :
- les terrassements ;
- les fouilles ;
- les travaux de fondation ;
- les travaux routiers ;
- les aménagements urbains ;
- les opérations de génie civil.
Le registre relatif aux terres excavées doit permettre d'identifier précisément leur destination ou leur lieu de valorisation.
Lorsque les terres restent utilisées au sein de l'emprise des travaux, leur situation doit être distinguée d'une évacuation vers un site extérieur. Le Code de l'environnement définit notamment l'emprise du site d'excavation en tenant compte, dans certains cas, d'une distance maximale de 30 km entre le lieu d'excavation et le lieu d'utilisation au sein de cette même emprise. Cette distance ne constitue donc pas, à elle seule, une exemption générale.
Terres polluées et déchets dangereux
Une terre contaminée peut relever du régime des déchets dangereux selon sa caractérisation. Dans ce cas, la traçabilité est renforcée et peut nécessiter un bordereau électronique de suivi des déchets dangereux dans Trackdéchets. Les entreprises concernées doivent donc identifier la nature des déchets avant leur évacuation et appliquer les obligations relatives aux déchets dangereux dans le BTP.
Qui est responsable de la traçabilité des déblais ?
Plusieurs intervenants peuvent participer au suivi d'un mĂŞme flux.
| Acteur | Rôle dans la traçabilité |
|---|---|
| Producteur de terres excavées | Enregistre les terres produites et expédiées |
| Entreprise de terrassement | Suit les volumes évacués lorsqu'elle intervient dans la gestion du flux |
| Transporteur | Enregistre les informations liées au transport |
| Plateforme de transit ou regroupement | Suit les flux reçus puis réexpédiés |
| Installation de traitement | Enregistre les terres ou déchets réceptionnés |
| Site de valorisation | Enregistre les matériaux reçus et leur provenance |
Les responsabilités doivent être définies avant le démarrage des évacuations, notamment lorsque plusieurs entreprises interviennent sur un même chantier. La transmission des informations peut être réalisée par l'entreprise ou par un intervenant chargé du suivi, mais les rôles doivent être clairement attribués afin d'éviter les mouvements sans justificatif ou les déclarations en double.
Quelles informations faut-il enregistrer pour chaque mouvement ?
Une traçabilité exploitable doit permettre de relier chaque mouvement de terre ou de déblai à son origine, son transport et sa destination.
Les principales informations Ă enregistrer sont :
- la date du mouvement ;
- le chantier d'origine ;
- la nature du matériau ;
- le code déchet lorsqu'il s'applique ;
- la quantité en tonnes ou en m³ ;
- l'établissement expéditeur ;
- le transporteur effectif ;
- l'immatriculation du camion si elle est suivie ;
- le site destinataire ;
- le type d'opération prévue ;
- le lieu de traitement ou de valorisation.
Pour certains chantiers, il est également utile d'associer :
- les heures de départ et d'arrivée ;
- le numéro de rotation ;
- le ticket de pesée ;
- le bon de livraison ;
- la preuve de réception par l'exutoire.
Un logiciel de traçabilité des déchets permet de centraliser ces informations et de conserver un historique des mouvements.
Quels registres et documents utiliser pour tracer les terres excavées ?
La traçabilité repose sur plusieurs documents selon le flux concerné.
Registre chronologique
Le registre chronologique enregistre les opérations de production, d'expédition, de réception ou de traitement.
Pour les terres excavées et les sédiments, les acteurs visés par l'article R.541-43-1 doivent tenir un registre permettant notamment d'identifier leur destination ou leur lieu de valorisation.
La structure et les informations d'un registre de suivi des déchets doivent donc permettre de retrouver facilement chaque mouvement.
Déclaration dans Trackdéchets
Depuis le 5 mai 2025, Trackdéchets centralise également les transmissions liées aux registres nationaux.
Les déclarations peuvent être effectuées :
- directement dans l'interface ;
- par import de fichier ;
- par échange automatisé de données avec un logiciel métier.
Pour les chantiers générant de nombreuses évacuations, l'automatisation évite de ressaisir manuellement les mêmes informations pour chaque mouvement.
Bordereau de suivi des déchets
Certains déchets, notamment les déchets dangereux, nécessitent un bordereau électronique permettant de suivre leur prise en charge par les différents intervenants. Le fonctionnement du BSD dans le transport de déchets permet alors de relier le producteur, le transporteur et l'installation destinataire.
Quels seuils s'appliquent aux terres excavées ?
Le Code de l'environnement prévoit plusieurs exemptions pour les terres excavées et les sédiments.
Sont notamment exemptés des obligations spécifiques prévues par l'article R.541-43-1 :
- les producteurs d'une opération d'aménagement ou de construction générant moins de 500 m³ de terres excavées ;
- les opérations de dragage générant moins de 500 m³ de sédiments ;
- les opérations de valorisation utilisant moins de 500 m³ de terres excavées ou de sédiments.
Le seuil s'apprécie donc sur le volume total de l'opération concernée et non camion par camion.
Un chantier produisant 2 000 m³ de déblais ne peut par exemple pas être considéré comme quatre opérations de 500 m³ simplement parce que les évacuations sont réalisées progressivement.
Quels délais respecter pour déclarer les terres excavées ?
Pour les terres excavées et les sédiments concernés par la transmission au registre national, les données doivent être transmises au plus tard le dernier jour du mois suivant l'expédition, la réception, le traitement ou la valorisation.
Exemple :
Une évacuation effectuée le 15 septembre doit être déclarée au plus tard le 31 octobre. Pour les déchets soumis au registre national des déchets, le délai réglementaire est désormais de un mois après l'opération depuis le 5 juin 2026. Il est donc préférable d'enregistrer les données au fur et à mesure du chantier plutôt que de reconstituer les mouvements plusieurs semaines après leur réalisation.
Comment organiser la traçabilité des déblais sur le chantier ?
Le suivi peut être organisé en plusieurs étapes.
1. Identifier les flux avant les travaux
Avant les premières excavations, il faut déterminer :
- les volumes prévisionnels ;
- la nature des terres ;
- les éventuelles pollutions ;
- les sites de destination envisagés ;
- les entreprises chargées du transport.
2. Référencer les transporteurs et les exutoires
Chaque transporteur et chaque destination doivent être identifiés avant le départ des premiers camions.
Il faut notamment enregistrer :
- le SIRET ;
- l'adresse ;
- le rôle dans la chaîne ;
- le type d'installation ou de site receveur.
Les obligations spécifiques de Trackdéchets pour les transporteurs doivent également être prises en compte lorsque le flux concerné est soumis à la plateforme.
3. Enregistrer chaque évacuation
Chaque départ doit être associé à une quantité et à une destination. Le suivi peut prendre la forme d'un enregistrement comprenant :
Chantier → matériau → camion → transporteur → quantité → exutoire → réception
Cette chaîne limite les écarts entre les volumes annoncés au départ et ceux réellement réceptionnés.
4. Rapprocher les données du chantier et de l'exutoire
Les données de sortie peuvent être comparées avec :
- les tickets de pesée ;
- les bons de réception ;
- les quantités enregistrées par l'installation ;
- les bordereaux réglementaires.
Le rapprochement permet de détecter rapidement une rotation manquante, une mauvaise destination ou un écart de tonnage.
Comment suivre le transport des déblais jusqu'à l'exutoire ?
La traçabilité ne s'arrête pas lorsque le camion quitte le chantier.
Pour chaque rotation, il est utile de suivre :
- l'heure de départ ;
- le véhicule ;
- le matériau transporté ;
- le tonnage ou volume ;
- le trajet ;
- l'heure d'arrivée ;
- l'exutoire ;
- la preuve de déchargement.
Un logiciel de gestion des transports permet de relier ces informations aux véhicules et aux différents sites desservis.
Sur les grands travaux de terrassement, le suivi des rotations permet également de vérifier que les déblais prévus pour un exutoire précis sont effectivement acheminés vers cette destination.
Quelles preuves conserver pour justifier la traçabilité ?
Le dossier de suivi d'un chantier peut comprendre :
- le registre chronologique ;
- les déclarations effectuées dans Trackdéchets ;
- les bordereaux de suivi ;
- les tickets de pesée ;
- les bons de transport ;
- les justificatifs de réception ;
- les analyses de caractérisation des terres ;
- les documents liés à une opération de valorisation.
Ces éléments doivent permettre de reconstituer le parcours d'un lot depuis son excavation jusqu'à sa destination finale. L'objectif est de pouvoir répondre simplement à quatre questions : D'où viennent les terres ? Quelle quantité a été évacuée ? Qui les a transportées ? Où ont-elles été réceptionnées ?
Comment digitaliser la traçabilité des terres excavées ?
Lorsque les volumes augmentent, un suivi uniquement basé sur des fichiers et des documents papier devient difficile à maintenir.
La digitalisation permet notamment de :
- associer chaque rotation Ă un chantier ;
- centraliser les transporteurs ;
- enregistrer les volumes en temps réel ;
- suivre les exutoires ;
- récupérer les données de pesée ;
- conserver l'historique des mouvements ;
- préparer les informations nécessaires aux déclarations ;
- gérer plusieurs chantiers depuis une même interface.
Elle devient particulièrement utile pour les entreprises de terrassement, de démolition et de travaux publics qui gèrent plusieurs chantiers, de nombreux camions et plusieurs exutoires. La combinaison d'un suivi des rotations, d'un logiciel de gestion des déchets BTP et des outils réglementaires permet ainsi de disposer d'une chaîne de traçabilité continue depuis l'excavation jusqu'à la destination finale.