CONSEIL D'EXPERT

Réception d’un laboratoire neuf : que vérifier avant la mise en service ?

Dans quel secteur d'activité s'inscrit le projet d'aménagement de laboratoire ? * Vous devez sélectionner une réponse avant de valider

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đź’ˇ L'essentiel Ă  retenir :
  • La rĂ©ception d'un laboratoire neuf s'organise par lots techniques : bâtiment, CVC, Ă©lectricitĂ©/UPS, eaux, gaz, Ă©quipements critiques, sĂ©curitĂ©, IT/OT et mĂ©trologie.
  • Avant toute signature du PV de rĂ©ception, le DOE/DIUO complet, les plans as-built, les rapports d'essais (TAB, intĂ©gritĂ© HEPA, tests fumĂ©e, cartographies) et les certificats de conformitĂ© doivent ĂŞtre remis par les entreprises.
  • Les essais FAT/SAT, IQ/OQ/PQ et le commissionnement (Cx) constituent des preuves contractuelles opposables en cas de litige ; ils ne se nĂ©gocient pas en fin de chantier.
  • La cascade de pression (local confinĂ© > couloir > extĂ©rieur), le taux de renouvellement d'air et l'Ă©quilibrage des dĂ©bits reprĂ©sentent les points de contrĂ´le CVC les plus critiques Ă  valider avec mesures Ă  l'appui.
  • Le raccordement UPS – congĂ©lateurs –80 °C et les interfaces GTB – alarmes figurent parmi les sources de non-conformitĂ© les plus frĂ©quentes et les plus difficiles Ă  corriger après mise en service d'un laboratoire.
  • Les exigences rĂ©glementaires varient selon l'activitĂ© : niveaux de confinement L1–L3 (Code du travail / arrĂŞtĂ© biosĂ©curitĂ©), classement ICPE ou ATEX si solvants, ISO 14644 si salle propre, EN 14175 pour les sorbonnes, EN 12469 pour les postes de sĂ©curitĂ© microbiologique.
  • Tout point de rĂ©serve doit ĂŞtre consignĂ© dans le tableau de rĂ©ception avec statut, responsable et dĂ©lai de levĂ©e : aucune rĂ©serve majeure ne justifie la signature du PV sans engagement contractuel de correction datĂ©.
La mise en service d'un laboratoire neuf engage simultanément la responsabilité du maître d'ouvrage, des entreprises intervenantes et des futurs exploitants. Une réception mal conduite nouvellement aménagé expose à des non-conformités réglementaires, à des pannes sur équipements critiques dès les premières semaines d'exploitation, et à des coûts de reprise généralement bien supérieurs à ceux d'une vérification préalable rigoureuse. La réception est aussi importante que la conception d'un projet d'aménagement de laboratoire.
Devis pour un aménagement de laboratoire

Quelles pièces réunir avant la visite de réception d'un laboratoire ?

Aucune visite de réception ne peut être conduite sans les documents de preuve. Les recevoir avant la visite permet de refuser la réception si des livrables contractuels manquent.
Les documents Ă  exiger sont les suivants :
  • Le DOE (Dossier des Ouvrages ExĂ©cutĂ©s) et le DIUO (Dossier d'Intervention UltĂ©rieure sur l'Ouvrage), complets et indexĂ©s.
  • Les plans as-built (architecturaux, CVC, Ă©lectriques, plomberie, gaz, tuyauteries) au format natif et PDF.
  • Les schĂ©mas PID (Process and Instrumentation Diagrams) pour les rĂ©seaux fluides et gaz.
  • Les notices techniques et manuels de chaque Ă©quipement installĂ© (sorbonnes, PSM, autoclaves, frigos, GTB).
  • Les rapports de tests et d'Ă©quilibrage TAB (Testing, Adjusting, Balancing) pour la CVC.
  • Les rapports d'intĂ©gritĂ© HEPA (DOP/PAO test) et les tests fumĂ©e des sorbonnes (selon EN 14175).
  • Les cartographies de tempĂ©rature des enceintes climatiques et des zones de stockage.
  • Les certificats de conformitĂ© Ă©lectrique, gaz, incendie et de mise Ă  la terre.
  • Le registre de sĂ©curitĂ© et les rapports des organismes de contrĂ´le (Apave, Bureau Veritas ou Ă©quivalent).
  • Les contrats de maintenance prĂ©ventive et la liste des pièces de rechange recommandĂ©es.
Piège frĂ©quent : les rapports TAB et les rapports d'intĂ©gritĂ© HEPA sont gĂ©nĂ©ralement remis plusieurs semaines après la visite de rĂ©ception du laboratoire, ce qui empĂŞche leur vĂ©rification contradictoire. Exiger leur remise avant la date de rĂ©ception dans les pièces du marchĂ©.
conception laboratoire chimie
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Quels contrôles réaliser sur le bâtiment et les aménagements ?

La vérification du bâtiment porte sur l'exploitabilité et la maintenabilité du local, pas seulement sur ses finitions.
Les points Ă  contrĂ´ler sont les suivants :
  • L'Ă©tanchĂ©itĂ© des jonctions entre les diffĂ©rentes zones (sas, passages de câbles et canalisations Ă©tanchĂ©s).
  • La compatibilitĂ© chimique des revĂŞtements de sol et de paillasse avec les produits utilisĂ©s (rĂ©sistance aux solvants, aux acides).
  • La nettoyabilitĂ© des surfaces : absence d'angles vifs, plinthes arrondies en zone Ă  risque microbiologique.
  • Les rĂ©servations techniques : trappes d'accès aux gaines, passages de câbles, fourreaux en attente.
  • Les charges admissibles des planchers et des paillasses (vĂ©rifier les fiches techniques constructeur et les procès-verbaux de calcul structure).
  • La conformitĂ© des issues de secours : dĂ©gagement, signalisation, accessibilitĂ©.

Le responsable de ces contrôles est le maître d'ouvrage (MOA) accompagné du bureau de contrôle technique. Les preuves attendues sont les PV de contrôle technique et les attestations de conformité accessibilité.

Quels points de ventilation et de CVC vérifier en priorité ?

La CVC représente le lot le plus critique dans un laboratoire : une cascade de pression non équilibrée, un taux de renouvellement insuffisant ou une sorbonne mal raccordée peuvent provoquer une exposition des opérateurs dès la première semaine d'exploitation.
Les vérifications prioritaires sont les suivantes :
  • DĂ©bits d'extraction et d'insufflation : mesure Ă  l'aide d'un anĂ©momètre ou d'un capture hood sur chaque bouche. Le taux de renouvellement d'air doit atteindre au minimum 6 Ă  10 vol/h dans les zones de travail standard, et 12 vol/h ou plus dans les zones chimiques ou biologiques Ă  risque, conformĂ©ment aux prĂ©conisations de l'INRS (ED 6122).
  • Cascade de pression : vĂ©rifier le diffĂ©rentiel de pression entre zones par manomètre diffĂ©rentiel. En laboratoire L2, la pression dans la zone de travail doit ĂŞtre infĂ©rieure Ă  celle du couloir d'au moins 5 Ă  15 Pa. En zone chimique avec solvants, la pression nĂ©gative est requise.
  • Équilibrage des dĂ©bits : le rapport TAB documente les mesures avant et après rĂ©glage de chaque registre. Un Ă©cart supĂ©rieur Ă  ±10 % par rapport au dĂ©bit nominal est une rĂ©serve.
  • Fonctionnement de la rĂ©gulation : tester les modes hiver/Ă©tĂ©, les relances après coupure, les alarmes de dĂ©faut ventilateur et les relances automatiques.
  • Filtration HEPA (si prĂ©sente) : rapport d'intĂ©gritĂ© DOP/PAO selon ISO 14644-3, avec localisation et niveau de fuite acceptĂ© (< 0,01 % en gĂ©nĂ©ral pour une HEPA H14).
  • Sorbonnes : test fumĂ©e selon EN 14175-3, vĂ©rification de la vitesse faciale (valeur cible : 0,5 m/s ± 20 %, mesurĂ©e en position de travail Ă  sash Ă  500 mm).
  • Postes de sĂ©curitĂ© microbiologique (PSM) : tests de performance selon EN 12469 (protection personnel, produit, environnement).
Coupe flux air et pression labo
Critères d'acceptation indicatifs Ă  adapter selon le projet d'amĂ©nagement de laboratoire :
Paramètre Valeur indicative Norme de référence
Vitesse faciale sorbonne de laboratoire 0,5 m/s ± 20 % EN 14175-3
Différentiel de pression L2 5 à 15 Pa négatif INRS / arrêté biosécurité
Renouvellement d'air chimie 12 vol/h minimum INRS ED 6122
Fuite HEPA H14 Inférieure à 0,01 % ISO 14644-3
Écart débit TAB Inférieur à ±10 % ASHRAE 111 / SMACNA

Comment valider la sécurité incendie et les dispositifs d'urgence d'un laboratoire ?

Les vĂ©rifications incendie sont rĂ©glementairement obligatoires avant toute mise en service d'un laboratoire nouvellement amĂ©nagĂ© (Code de la construction, règlement de sĂ©curitĂ© ERP si applicable, ou règlement du travail pour les Ă©tablissements non ERP).
Les points Ă  contrĂ´ler comprennent :
  • Le Système de SĂ©curitĂ© Incendie (SSI) : essais fonctionnels de dĂ©clenchement des dĂ©tecteurs, des diffuseurs d'alarme et des asservissements (fermeture des portes coupe-feu, arrĂŞt CVC sur zone sinistrĂ©e).
  • Le dĂ©senfumage : test d'ouverture des exutoires et des volets, mesure des dĂ©bits selon les prescriptions du CNPP ou du bureau de contrĂ´le.
  • Le compartimentage : vĂ©rification des portes coupe-feu (PV de rĂ©sistance au feu), des traversĂ©es de câbles (procès-verbal d'Ă©tanchĂ©itĂ©).
  • Les douches de sĂ©curitĂ© et lave-yeux : test de dĂ©bit et de dĂ©clenchement selon EN 15154. Le dĂ©bit minimal requis pour une douche de sĂ©curitĂ© est de 60 L/min pendant 15 min Ă  15–25 °C.
  • Les extincteurs : prĂ©sence, accessibilitĂ©, date de vĂ©rification, adĂ©quation au risque (CO2 pour Ă©quipements Ă©lectroniques, poudre ABC pour chimie courante).
  • La signalĂ©tique de sĂ©curitĂ© : panneaux d'Ă©vacuation, affichage des consignes, marquage des zones ATEX si applicable.
Le rapport de vérification par un organisme agréé (type Socotec, Apave) doit être remis avant la signature du PV de réception.

Que vérifier sur l'électricité, l'UPS et le secours énergétique d'un laboratoire ?

La continuité d'alimentation électrique protège à la fois les personnes et les équipements critiques (congélateurs –80 °C, incubateurs, systèmes d'alarme).
Les contrôles à réaliser sont les suivants :
  • SchĂ©mas Ă©lectriques as-built : vĂ©rifier la cohĂ©rence entre les schĂ©mas remis et l'installation rĂ©elle (Ă©tiquetage des tableaux, repĂ©rage des circuits).
  • SĂ©lectivitĂ© des protections : un court-circuit sur un Ă©quipement ne doit pas couper l'alimentation de toute une zone. Un essai de sĂ©lectivitĂ© documentĂ© est exigĂ©.
  • Mise Ă  la terre et liaisons Ă©quipotentielles : mesure de rĂ©sistance de terre (valeur acceptĂ©e : infĂ©rieure Ă  1 Ω pour les terres de protection en milieu humide), rapport de l'Ă©lectricien habilitĂ©.
  • UPS (alimentation sans interruption) : test de bascule rĂ©el (coupure rĂ©seau simulĂ©e) avec mesure du temps de commutation (infĂ©rieur Ă  20 ms pour les Ă©quipements sensibles), vĂ©rification de l'autonomie rĂ©elle sur charge nominale (durĂ©e contractuelle, souvent 15 Ă  30 min pour les congĂ©lateurs).
  • Groupe Ă©lectrogène : test de dĂ©marrage automatique et de bascule, mesure du temps de prise en charge (infĂ©rieur Ă  30 secondes pour les circuits prioritaires), vĂ©rification du niveau de carburant et du plan de maintenance.
  • Interface UPS – congĂ©lateurs –80 °C : vĂ©rifier que chaque congĂ©lateur –80 °C est raccordĂ© sur un circuit UPS dĂ©diĂ© et que le câblage est documentĂ© dans les schĂ©mas.
Piège fréquent : les congélateurs –80 °C sont parfois raccordés sur des circuits non secourus lors du câblage, sans que la MOA ne le détecte. Ce point doit faire l'objet d'une vérification physique contradictoire.
Schéma secours électrique labo

Quels contrôles réaliser sur les eaux et la plomberie de laboratoire ?

Les réseaux d'eau d'un laboratoire comprennent l'eau froide, l'eau chaude sanitaire, l'eau purifiée et les boucles de recirculation. Chacun obéit à des exigences spécifiques.
Les vérifications à conduire sont les suivantes :
  • Eau froide et eau chaude sanitaire : mesure des pressions aux points de puisage (pression nominale entre 2 et 4 bar), vĂ©rification des dĂ©bits sur les postes prioritaires, contrĂ´le des matĂ©riaux de canalisation (acier inox 316L ou PVDF pour l'eau purifiĂ©e).
  • Eau purifiĂ©e (osmose inverse, eau dĂ©minĂ©ralisĂ©e) : analyse de qualitĂ© en sortie de traitement (conductivitĂ© cible pour eau de type 3 selon ISO 3696 : infĂ©rieure Ă  0,2 µS/cm pour le grade analytique), vĂ©rification de l'intĂ©gritĂ© des membranes et des boucles de recirculation.
  • PrĂ©vention de la lĂ©gionellose : si le rĂ©seau ECS dessert des douches (notamment douches de sĂ©curitĂ©), vĂ©rifier la tempĂ©rature de bouclage (supĂ©rieure Ă  55 °C) et la prĂ©sence d'un plan de surveillance Legionella conforme Ă  la circulaire DGS/SD7A/2002/273.
  • RĂ©seau d'Ă©vacuation : test d'Ă©tanchĂ©itĂ© des siphons, vĂ©rification des pentes de canalisations, prĂ©sence de bacs de neutralisation pour les effluents acides/basiques si requis par l'arrĂŞtĂ© d'exploitation.

Comment réceptionner les gaz, le vide et l'air comprimé dans un laboratoire ?

Les réseaux de gaz de laboratoire (azote, CO2, air comprimé, hélium, gaz naturel) présentent des risques d'asphyxie, d'explosion ou d'incendie qui justifient des contrôles rigoureux.
Les points à vérifier sont les suivants :
  • Identification des rĂ©seaux : marquage couleur normalisĂ© selon NF E 29-400, Ă©tiquetage des dĂ©tendeurs et des robinets de coupure.
  • Test d'Ă©tanchĂ©itĂ© : Ă©preuve pneumatique ou Ă  l'azote selon EN 13480, rapport de l'installateur avec valeur de pression d'essai et durĂ©e de maintien.
  • DĂ©bits et pressions aux points d'usage : mesure aux prises de gaz (exemple : azote pour sĂ©chage Ă  3–5 bar, CO2 pour incubateurs Ă  0,5–1 bar selon usage), comparaison avec le cahier des charges.
  • Alarmes de pression basse : test fonctionnel de chaque pressostat et vĂ©rification de la transmission vers la GTB ou le système de surveillance centralisĂ©.
  • CompatibilitĂ© ATEX : si des gaz inflammables ou des solvants volatils sont prĂ©sents, vĂ©rifier le classement ATEX des zones, la conformitĂ© du matĂ©riel Ă©lectrique installĂ© (marquage Ex) et la prĂ©sence de dĂ©tecteurs de gaz homologuĂ©s.
  • Vide : mesure du niveau de vide atteint (valeur cible selon usage : de 200 mbar pour le vide primaire Ă  quelques mbar pour le vide secondaire), test des vannes et des trappes.

Quels points vérifier sur les réseaux IT/OT et la supervision ?

Les réseaux informatiques et de supervision conditionnent la traçabilité des données de laboratoire, la gestion des alarmes et la continuité des systèmes de monitoring.
Les contrôles à réaliser incluent :
  • Câblage structurĂ© : test de continuitĂ© et de certification de chaque lien (selon TIA-568 ou EN 50173), remise des rapports de qualification câblage.
  • GTB/GTC : test de remontĂ©e des alarmes CVC, incendie et Ă©quipements critiques dans le superviseur. VĂ©rifier que chaque congĂ©lateur, incubateur et chambre froide dispose d'une sonde de tempĂ©rature raccordĂ©e et que les alertes sont paramĂ©trĂ©es avec les seuils corrects.
  • CybersĂ©curitĂ© de base : segmentation rĂ©seau IT/OT, changement des mots de passe par dĂ©faut sur l'ensemble des Ă©quipements connectĂ©s, vĂ©rification de la prĂ©sence d'un pare-feu entre le rĂ©seau bureautique et le rĂ©seau de supervision.
  • Redondance : vĂ©rifier la disponibilitĂ© des liens de secours pour les systèmes critiques (double NIC sur serveur LIMS, onduleur sur serveur GTB).
  • Droits d'accès : vĂ©rifier que les droits d'accès logiques aux systèmes de supervision sont documentĂ©s et tracĂ©s (audit trail), conformĂ©ment aux exigences ISO 17025 ou BPF/GMP selon le cas.

Comment réceptionner les équipements critiques de laboratoire ?

Chaque famille d'équipement de laboratoire critique fait l'objet d'essais de réception spécifiques (SAT), complétés par les qualifications IQ/OQ si le contexte réglementaire l'exige.
Le tableau ci-dessous synthétise les points clés par famille.
Famille d'équipement de laboratoire Test SAT principal Critère d'acceptation indicatif Preuve attendue
Sorbonne chimique Test fumée (EN 14175-3) Vitesse faciale 0,5 m/s ± 20 % Rapport fumée + mesures anémométriques
Poste de sécurité microbiologique Protection personnel/produit/environnement (EN 12469) Zéro contamination croisée Rapport de test NSF/EN 12469
Congélateur –80 °C Cartographie température interne Homogénéité ± 5 °C autour de la consigne Rapport cartographie + étalonnage sonde
Autoclave de décontamination Test de pénétration de vapeur (Bowie-Dick ou équivalent) Homogénéité de température ≥ 121 °C pendant 15 min Rapport Bowie-Dick + enregistreur
Incubateur CO2 Cartographie température et CO2 ± 0,5 °C / ± 0,2 % CO2 en régime stable Rapport cartographie validé
Balance analytique Étalonnage et linéarité Incertitude conforme à la portée d'utilisation Certificat d'étalonnage COFRAC ou équivalent
Étuve / four Cartographie température ± 3 °C autour de la consigne Rapport cartographie
Réfrigérateur pharmacie ou réactifs Surveillance continue température 2 à 8 °C selon usage Rapport GTB + étalonnage sonde
Famille d'équipement de laboratoire : Sorbonne chimique
Test SAT principal Test fumée (EN 14175-3)
Critère d'acceptation indicatif Vitesse faciale 0,5 m/s ± 20 %
Preuve attendue Rapport fumée + mesures anémométriques
Famille d'équipement de laboratoire : Poste de sécurité microbiologique
Test SAT principal Protection personnel/produit/environnement (EN 12469)
Critère d'acceptation indicatif Zéro contamination croisée
Preuve attendue Rapport de test NSF/EN 12469
Famille d'équipement de laboratoire : Congélateur –80 °C
Test SAT principal Cartographie température interne
Critère d'acceptation indicatif Homogénéité ± 5 °C autour de la consigne
Preuve attendue Rapport cartographie + étalonnage sonde
Famille d'équipement de laboratoire : Autoclave de décontamination
Test SAT principal Test de pénétration de vapeur (Bowie-Dick ou équivalent)
Critère d'acceptation indicatif Homogénéité de température ≥ 121 °C pendant 15 min
Preuve attendue Rapport Bowie-Dick + enregistreur
Famille d'équipement de laboratoire : Incubateur CO2
Test SAT principal Cartographie température et CO2
Critère d'acceptation indicatif ± 0,5 °C / ± 0,2 % CO2 en régime stable
Preuve attendue Rapport cartographie validé
Famille d'équipement de laboratoire : Balance analytique
Test SAT principal Étalonnage et linéarité
Critère d'acceptation indicatif Incertitude conforme à la portée d'utilisation
Preuve attendue Certificat d'étalonnage COFRAC ou équivalent
Famille d'équipement de laboratoire : Étuve / four
Test SAT principal Cartographie température
Critère d'acceptation indicatif ± 3 °C autour de la consigne
Preuve attendue Rapport cartographie
Famille d'équipement de laboratoire : Réfrigérateur pharmacie ou réactifs
Test SAT principal Surveillance continue température
Critère d'acceptation indicatif 2 à 8 °C selon usage
Preuve attendue Rapport GTB + étalonnage sonde
amenagement de laboratoire

Comment vérifier la gestion des déchets et le stockage des produits dangereux ?

La conformité de la gestion des déchets de laboratoire conditionne l'obtention des autorisations d'exploitation et évite des sanctions administratives.
Les vérifications à conduire sont les suivantes :
  • Local dĂ©chets DASRI : prĂ©sence d'un local dĂ©diĂ©, ventilation mĂ©canique, signalisation conforme (pictogramme risque biologique), accès restreint. Un accord de collecte avec un prestataire agréé doit ĂŞtre signĂ© avant la mise en service.
  • Stockage des solvants : armoire ventilĂ©e (ventilation vers l'extĂ©rieur ou vers l'extraction du local), rĂ©tention volumique d'au moins 100 % du plus grand contenant ou 50 % du volume total stockĂ©, sĂ©paration des comburants et des inflammables, signalĂ©tique ATEX si applicable.
  • CompatibilitĂ© des produits : vĂ©rifier que la signalĂ©tique des armoires indique clairement les incompatibilitĂ©s (acides/bases sĂ©parĂ©s, oxydants/rĂ©ducteurs sĂ©parĂ©s).
  • Registre des dĂ©chets : le registre chronologique des dĂ©chets dangereux est obligatoire en France (article R. 541-43 du Code de l'environnement) et doit ĂŞtre en place avant la première collecte.

Comment valider les flux, l'ergonomie et le contrôle d'accès dans les laboratoires ?

La revue des flux s'effectue avec les futurs utilisateurs du laboratoire Ă  amĂ©nager, en condition rĂ©elle de circulation.
Les points à vérifier incluent :
  • Flux propre/sale : vĂ©rifier l'absence de croisement entre le flux des Ă©chantillons entrants, les dĂ©chets sortants et le personnel. En L2, les sas et les circuits Ă  sens unique sont des Ă©lĂ©ments Ă  tester physiquement.
  • Ergonomie des postes : hauteur des paillasses (standard : 75–90 cm rĂ©glable), accessibilitĂ© des prises de gaz et des robinets d'eau depuis la position de travail, espace de circulation conforme (minimum 1,20 m entre deux paillasses face Ă  face, selon Code du travail).
  • ContrĂ´le d'accès : test fonctionnel de chaque lecteur de badge, vĂ©rification des habilitations initiales (liste nominative en place), test des alarmes d'intrusion et des temporisations de sas.
  • AccessibilitĂ© PMR : conformitĂ© avec l'arrĂŞtĂ© du 20 avril 2017 pour les Ă©tablissements recevant du public ou les locaux de travail selon l'article R. 4214-26 du Code du travail.
Plan circulation flux laboratoire

Quels essais et qualifications planifier avant la mise en exploitation du laboratoire ?

La séquence d'essais s'organise en plusieurs phases successives, chacune conditionnant la suivante.

1. FAT (Factory Acceptance Test) : essais réalisés chez le fabricant avant livraison des équipements de laboratoire (autoclave, PSM, congélateur –80 °C). Le MOA ou son représentant assiste au FAT et signe le procès-verbal de réception usine.

2. Commissionnement (Cx) : vérification systématique que l'ensemble des systèmes installés fonctionnent conformément au cahier des charges. Il couvre la CVC (mise au point, équilibrage TAB), les fluides, l'électricité, la GTB et les interfaces. Le rapport de commissionnement constitue une preuve avant la réception du laboratoire.

3. SAT (Site Acceptance Test) : essais sur site après installation, incluant les tests de performance spécifiques à chaque équipement (sorbonnes, PSM, autoclaves, enceintes climatiques).

4. IQ / OQ / PQ :
  • L'IQ (Installation Qualification) vĂ©rifie que l'Ă©quipement est installĂ© conformĂ©ment aux spĂ©cifications du fabricant et aux exigences du site.
  • L'OQ (Operational Qualification) vĂ©rifie que l'Ă©quipement fonctionne dans les plages de paramètres opĂ©rationnels dĂ©finies.
  • La PQ (Performance Qualification) dĂ©montre que l'Ă©quipement dĂ©livre des rĂ©sultats conformes dans les conditions rĂ©elles d'utilisation.

5. Cartographies : température (enceintes, zones de stockage), pression différentielle (locaux à atmosphère contrôlée), propreté particulaire (salles propres ISO 14644).

6. Tests alarmes : simuler chaque alarme (dépassement de température, panne CVC, intrusion, incendie) et vérifier la remontée dans la GTB, la notification des astreintes et les procédures de réponse documentées.
Frise essais qualification labo

Quel tableau utiliser pour piloter les réserves de réception d'un réception neuf ?

Le tableau de réception centralise l'ensemble des points contrôlés avec leur statut et les engagements de correction. Il constitue la pièce maîtresse du PV de réception.
Chaque ligne du tableau comprend les colonnes suivantes : 
  • lot technique
  • point contrĂ´lĂ©
  • mĂ©thode de vĂ©rification
  • critère d'acceptation
  • valeur mesurĂ©e ou constatĂ©e
  • statut (conforme / rĂ©serve mineure / rĂ©serve majeure)
  • responsable de levĂ©e
  • dĂ©lai de levĂ©e contractuel
Les réserves majeures (non-conformité réglementaire, équipement non fonctionnel, manque de document contractuel) bloquent la signature du PV. Les réserves mineures (finition, étiquetage incomplet, document manquant non critique) sont acceptées sous réserve de levée dans un délai convenu, généralement 30 à 60 jours.

Quels éléments vérifier avant de signer le PV de réception ?

La signature du PV de réception d'un laboratoire neuf transfère la garde de l'ouvrage au maître d'ouvrage et fait courir les délais de garantie (garantie de parfait achèvement d'un an, garantie biennale et décennale selon le droit français).
Avant de signer, les points suivants doivent être validés :
  • Toutes les rĂ©serves majeures sont levĂ©es ou font l'objet d'un engagement Ă©crit et datĂ©.
  • Le DOE/DIUO complet est remis et vĂ©rifiĂ© (indexĂ©, lisible, complet).
  • Les contrats de maintenance prĂ©ventive sont signĂ©s pour les Ă©quipements critiques (CVC, UPS, groupe Ă©lectrogène, congĂ©lateurs –80 °C).
  • Les formations utilisateurs sur les Ă©quipements critiques (sorbonnes, autoclaves, GTB) sont planifiĂ©es ou rĂ©alisĂ©es.
  • Le registre de sĂ©curitĂ© est ouvert et signĂ© par les organismes de contrĂ´le.
  • Les habilitations rĂ©glementaires (ICPE, biosĂ©curitĂ©, ATEX) sont obtenues ou en cours avec un calendrier formalisĂ©.
La période de parfait achèvement (12 mois après réception) couvre les désordres apparents et ceux qui se révèlent après la mise en service. Consigner tout défaut constaté dans ce délai par lettre recommandée à l'entreprise concernée.
conception laboratoire

FAQ

Qui signe le PV de réception d'un laboratoire neuf ?

Le PV de réception est signé par le maître d'ouvrage ou son représentant mandaté, assisté du maître d'œuvre et, si applicable, du bureau de contrôle technique. Les entreprises intervenantes peuvent signer pour attester la remise de leurs ouvrages, mais la décision d'accepter ou de refuser appartient au MOA.

Peut-on refuser la réception si le DOE n'est pas remis ?

Oui. L'absence du DOE constitue un manquement contractuel qui justifie le refus de réception, ou la signature avec réserve majeure assortie d'un délai de remise. Sans DOE, l'exploitant ne dispose pas des informations nécessaires pour faire intervenir un prestataire sur les installations.

Quelle est la différence entre la réception et le commissionnement ?

Le commissionnement (Cx) est un processus de vérification et de mise au point des systèmes, conduit avant la réception. La réception est l'acte juridique par lequel le MOA accepte l'ouvrage. Le commissionnement produit des preuves documentées qui alimentent le PV de réception.

Les essais IQ/OQ/PQ sont-ils obligatoires pour tous les laboratoires ?

Les qualifications IQ/OQ/PQ sont imposées par les BPF/GMP (laboratoires pharmaceutiques), les référentiels ISO 17025 et ISO 15189 (laboratoires d'analyses accrédités) et les exigences biosécurité L2/L3. Pour un laboratoire R&D non soumis à ces référentiels, elles restent fortement recommandées pour les équipements critiques (autoclaves, enceintes climatiques, balances).

Quel taux de renouvellement d'air prévoir dans un laboratoire de chimie ?

L'INRS recommande un minimum de 6 à 10 vol/h dans les laboratoires standard, et de 12 vol/h ou plus dans les zones chimiques à risque ou biologiques confinées. Ces valeurs sont des minimaux à adapter selon l'inventaire des produits et les résultats de l'évaluation des risques.

Que couvre le test fumée d'une sorbonne ?

Le test fumée selon EN 14175-3 vérifie le confinement de la sorbonne en simulant une source de contaminant interne. Il contrôle l'absence de fuite au niveau du plan de travail, des parois latérales et du vitrage. Il se réalise avec la sorbonne en fonctionnement normal, à hauteur de vantail réglementaire, et doit être consigné dans un rapport daté et signé.

Comment vérifier qu'un autoclave est conforme avant mise en service ?

La qualification IQ vérifie l'installation (raccordements vapeur, eau, condensats, ventilation). L'OQ comprend les tests de pénétration de vapeur (Bowie-Dick), les cartographies de température et de pression dans les cycles de stérilisation. La PQ valide les performances sur les charges réelles d'utilisation. En France, les autoclaves de stérilisation sont soumis à la réglementation sur les appareils à pression (DESP 2014/68/UE) et nécessitent un suivi métrologique.

Quelles normes s'appliquent Ă  une salle propre de laboratoire ?

La norme ISO 14644 définit les classes de propreté (de ISO 1 à ISO 9) et les méthodes de comptage particulaire. L'ISO 14644-1 précise les critères de classification, l'ISO 14644-3 les méthodes d'essai et l'ISO 14644-4 la conception et la construction. La vérification d'intégrité des filtres HEPA/ULPA suit l'ISO 14644-3 (test DOP/PAO).
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