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đź’ˇ Ce qu'il faut retenir :
- La réglementation sur les réserves d'eau incendie repose sur un cadre national (décret n°2015-235 du 27 février 2015 et arrêté du 15 décembre 2015) décliné localement par chaque département via un Règlement Départemental de DECI (RDDECI).
- Le volume minimal couramment exigé est de 30 m³, avec des paliers à 60 m³ et 120 m³ selon le risque et les prescriptions du SDIS ; ces seuils varient d'un département à l'autre.
- La réserve doit être accessible par une voie carrossable, dotée d'une aire de mise en station d'au moins 8 m × 4 m et d'une sortie d'aspiration DN 100 conforme.
- Les citernes souples (bâches, poches incendie) doivent respecter la norme NF S 62-250 pour leur installation, leur réception par le SDIS et leur maintenance annuelle.
- Un marquage permanent « CITERNE INCENDIE » et « EAU NON POTABLE » avec indication de la capacité utile est obligatoire et contrôlé à la réception.
- Un registre de maintenance à jour, présentable lors des contrôles, constitue la preuve de conformité continue attendue par les autorités.
Les réserves d'eau incendie constituent une source d'alimentation en eau pour les sapeurs-pompiers lorsque le réseau public est absent ou insuffisant pour couvrir le risque à défendre. Leur mise en place relève du cadre de la Défense Extérieure Contre l'Incendie (DECI), qui fixe les conditions d'accessibilité, de volume, d'aspiration et de signalisation que chaque installation doit respecter pour être reconnue comme Point d'Eau Incendie (PEI). Les réglementations applicables combinent des textes nationaux et un règlement départemental (RDDECI) adapté aux risques locaux. Le SDIS valide les installations lors d'une réception technique avant reconnaissance opérationnelle. Les exigences portent sur le volume utile, les dispositifs d'aspiration, l'accessibilité des engins, le marquage et la maintenance documentée. Les réserves d'eau incendie incluent les réservoirs souples, enterrés, aériens et ouverts ; leur volume se détermine en fonction du risque identifié et des prescriptions locales. Elles doivent être accessibles toute l'année par les services de secours et équipées de dispositifs d'aspiration pour les pompes des pompiers.
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Quelles réglementations encadrent les réserves d'eau incendie en DECI ?
Textes nationaux DECI et rĂ´le du RDDECI
Le décret n°2015-235 du 27 février 2015 et l'arrêté du 15 décembre 2015 constituent le socle national de la DECI en France. Ils fixent les principes généraux : identification des points d'eau incendie, conditions de disponibilité permanente, obligations de contrôle et de traçabilité. Ces textes s'inscrivent dans le Code général des collectivités territoriales et définissent les responsabilités de chaque acteur.
Chaque département traduit ces principes dans un Règlement Départemental de DECI (RDDECI), document opérationnel qui adapte les exigences aux risques et aux contraintes locales. Les volumes requis, les distances admissibles, les modalités de contrôle et les configurations d'aspiration diffèrent donc d'un département à l'autre. Une exigence lue dans un RDDECI ne se transpose pas automatiquement à un projet situé dans un autre département.
La répartition des responsabilités s'organise ainsi :
- Le maire ou le président d'EPCI compétent exerce la police spéciale DECI et supervise les contrôles techniques des PEI publics.
- Le SDIS apporte son expertise technique, réalise les reconnaissances opérationnelles et valide les installations lors des réceptions.
- Le propriétaire ou l'exploitant privé finance et maintient les équipements prescrits pour son site, selon les conditions définies par le RDDECI.
Circulaire interministérielle du 10 décembre 1951
La circulaire du 10 décembre 1951 constitue un repère historique du cadre incendie français. Elle évoquait un seuil de référence de 120 m³ utilisable en deux heures, mais elle ne fixe plus, à elle seule, les obligations actuelles applicables à chaque bâtiment. Depuis la réforme DECI de 2015, les volumes exigés découlent des prescriptions du RDDECI et de l'analyse du risque propre à chaque projet. Les seuils varient selon la nature du bâtiment, son activité, sa localisation et les capacités du réseau existant. Toute obligation précise se confirme auprès du SDIS compétent.
Norme NF S 62-250 : citerne souple, réception et maintenance
La norme NF S 62-250 de novembre 2017 encadre l'installation, la réception technique et la maintenance des citernes souples utilisées dans le cadre de la DECI. Elle s'applique aux bâches incendie, poches incendie et réservoirs souples autoportants en PVC armé destinés à être reconnus comme PEI. Le non-respect de ses exigences conduit fréquemment à un refus lors de la réception SDIS.
La norme prévoit deux configurations d'aspiration principales :
- Aspiration hors sol : un raccord AR DN 100 est accessible sur le flanc de la citerne, positionné entre 500 mm et 800 mm du sol, protégé par un capuchon étanche.
- Piquage par le fond : une canalisation non aplatissable relie un piquage bas de la citerne à un dispositif extérieur d'aspiration ; elle doit supporter une dépression minimale de 0,8 bar, présenter une pente de 1 % pour garantir la vidange complète et être associée à une vanne de sectionnement accessible depuis l'extérieur.
En zones exposées au gel, la configuration enterrée avec canalisation hors-gel et dispositif de purge automatique au poteau d'aspiration constitue la solution recommandée. Le marquage de la citerne doit comporter, de façon permanente et lisible depuis l'extérieur, les mentions « CITERNE INCENDIE » et « EAU NON POTABLE », la capacité utile en m³ et la hauteur de remplissage correspondante, avec des caractères d'au moins 30 mm résistants aux UV.
La réception par le SDIS comprend un contrôle visuel de la citerne et de la plateforme, un essai d'aspiration, la vérification du marquage et la remise d'un rapport de réception conforme à l'annexe prévue par la norme.
RDDECI : volumes, accessibilité et reconnaissance PEI
Le RDDECI fixe les prescriptions locales déterminant la reconnaissance d'une réserve comme point d'eau incendie. Le dimensionnement repose sur une logique débit × durée : un volume de 30 m³ correspond fréquemment à un débit de 30 m³/h pendant 1 heure pour les risques faibles ; un volume de 60 m³ couvre un débit de 30 m³/h pendant 2 heures ; un volume de 120 m³ répond à un débit de 60 m³/h pendant 2 heures pour un risque courant. Ces repères restent indicatifs et varient selon les prescriptions du SDIS compétent.
Les volumes des réserves doivent être des multiples de 30 m³ jusqu'à 120 m³, puis des multiples de 60 m³ au-delà . La capacité minimale couramment retenue est de 30 m³. Les quatre types de réserves reconnus sont :
- Réserve souple (citernes autoportantes en tissu technique, de 30 à 600 m³).
- Réserve enterrée (cuves en béton ou en acier, pouvant dépasser 1 250 m³ pour les grands sites).
- Réserve aérienne (réservoirs en hauteur, de 60 à 500 m³, souvent en forme de silos).
- Réserve ouverte (bassins à l'air libre, utilisés notamment pour les grandes capacités sur sites industriels ou agricoles).
Chaque réserve doit disposer d'un système permettant de visualiser en permanence le volume disponible. Lorsque la réserve est réalimentée automatiquement, le RDDECI peut autoriser un ajustement du volume requis en fonction du débit horaire d'appoint garanti. Si la réserve est prescrite lors d'un permis de construire, sa conformité conditionne la délivrance de l'autorisation d'urbanisme.
Dispositifs hydrauliques et aspiration des engins pompes
Le RDDECI et les prescriptions du SDIS définissent le nombre et le type de prises d'aspiration requises selon la capacité de la réserve. La sortie standard retenue est le raccord DN 100 (100 mm), compatible avec les engins pompes des sapeurs-pompiers. Les configurations couramment exigées sont les suivantes :
- 1 sortie de 100 mm pour les volumes inférieurs ou égaux à 120 m³.
- 2 sorties pour les volumes compris entre 120 et 240 mÂł.
- 2 sorties par tranche de 240 mÂł au-delĂ de 240 mÂł.
La prise d'aspiration doit rester accessible à tout moment, dégagée de tout obstacle et orientée de façon cohérente avec l'aire de stationnement des engins. Un dispositif anti-vortex est recommandé pour les réserves dont le débit d'aspiration dépasse 60 m³/h afin d'éviter tout risque de désamorçage ou de dommage à la pompe.
Maintenance, signalisation et preuves Ă conserver
Une maintenance régulière est obligatoire pour garantir la disponibilité opérationnelle de la réserve. Un contrôle visuel mensuel permet de détecter toute anomalie apparente : baisse inexpliquée du niveau, fuite, déformation de la toile, obstruction du raccord d'aspiration, dégradation de la plateforme ou de la signalisation. Un contrôle technique annuel réalisé par un professionnel qualifié complète ce suivi : il porte sur l'intégrité structurelle, les vannes, les raccords, l'étanchéité et le marquage. Des tests hydrauliques sont généralement attendus tous les 3 ans, selon les prescriptions du RDDECI.
Le nettoyage intérieur intervient dès que des dépôts de sédiments, d'algues ou de boues sont constatés, et au minimum lors du contrôle annuel. Pour les cuves enterrées, un pompage des boues tous les 2 à 3 ans permet de restaurer la capacité utile. Des techniques d'inspection et de nettoyage sans vidange complète (aspiration et filtration en charge) sont disponibles pour limiter l'interruption de service.
La signalisation doit indiquer clairement la présence de la réserve, sa destination et sa capacité. Un dispositif de condamnation accessible aux sapeurs-pompiers est obligatoire si la réserve est clôturée. Les éléments à produire et à archiver pour tout contrôle SDIS sont :
- Le rapport de réception initial délivré par le SDIS.
- Le registre de maintenance Ă jour, consignant chaque intervention, contrĂ´le et nettoyage avec leur date.
- Les rapports d'intervention des prestataires, notamment pour les inspections techniques annuelles.
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Quelles conditions d'implantation pour une réserve incendie conforme ?
L'implantation d'une réserve d'eau incendie conditionne directement sa reconnaissance comme PEI. Plusieurs critères vérifiables lors de la réception définissent la conformité terrain. L'accès doit être assuré par une voie carrossable permanente, praticable en toute saison par les engins de secours. La réserve doit se situer à une distance opérationnelle du bâtiment à protéger compatible avec les prescriptions du RDDECI, généralement entre 200 m et 400 m selon les départements.
Les exigences d'implantation portent notamment sur :
- Une aire de mise en station d'au moins 8 m × 4 m (surface plane, stable, praticable par les engins pompes) à proximité immédiate du point d'aspiration.
- Une portance de la plateforme d'au moins 15 tonnes pour permettre le stationnement des engins lourds.
- Une longueur de tuyaux d'aspiration inférieure ou égale à 14 m entre le point d'aspiration et l'engin pompe.
- Un dégagement périphérique d'au moins 0,5 m tout autour de la citerne, sur un sol propre, plan et sans éléments perforants.
- L'orientation du raccord d'aspiration vers l'aire de stationnement, sans obstacle bloquant l'accès aux pompiers.
La plateforme de pose doit dépasser la citerne d'au moins 50 cm de chaque côté. Pour une citerne souple de 120 m³ aux dimensions courantes de 12 m × 8 m, la plateforme traitée atteint environ 13 m × 9 m. Le réseau hydraulique d'alimentation, les eaux pluviales récupérées ou un forage peuvent assurer le remplissage de la réserve, sous réserve de garantir un volume utile maintenu en permanence.
La gestion du gel fait l'objet d'exigences spécifiques dans les zones exposées. Pour une aspiration directe, un manchon d'isolation thermique sur la vanne d'aspiration est requis. Pour une aspiration déportée, la canalisation enterrée sous la ligne de gel et le dispositif de purge automatique au poteau constituent la configuration adaptée. Ces dispositions sont à valider avec le SDIS lors du dépôt du dossier technique, avant tout terrassement ou commande de matériel.
FAQ : réglementation des réserves d'eau incendie (DECI)
Une réserve d'eau incendie est-elle obligatoire pour un bâtiment ?
L'obligation dépend de la couverture DECI existante et des prescriptions locales. Une réserve est exigée lorsque le réseau public ne peut pas fournir le débit et le volume nécessaires au risque identifié. Cette exigence peut apparaître comme condition dans l'instruction d'un permis de construire si aucun PEI public conforme n'est disponible dans le rayon défini par le RDDECI. Le SDIS compétent valide le besoin et les conditions d'installation avant reconnaissance du PEI.
Quelles règles pour une réserve incendie sur terrain privé ?
Un PEI peut être installé sur terrain privé pour couvrir le risque propre au site. Le propriétaire ou l'exploitant est responsable du financement, de la maintenance et de la disponibilité permanente de l'équipement. L'accès des sapeurs-pompiers doit être garanti en permanence, de jour comme de nuit. Un registre de maintenance à jour reste le document de référence à produire lors de tout contrôle. Si la réserve participe à la couverture d'un risque public, une convention avec la commune ou l'EPCI peut être requise.
Bâche/poche incendie : quelle réglementation et quelle norme ?
Les bâches incendie et poches incendie (réservoirs souples) sont soumises au cadre DECI fixé par le RDDECI et les prescriptions du SDIS. La norme NF S 62-250 encadre spécifiquement leur installation, leur réception et leur maintenance. Elle impose un raccord d'aspiration DN 100, un marquage permanent « EAU NON POTABLE » et « CITERNE INCENDIE », ainsi qu'une réception formelle par le SDIS avec remise d'un rapport. Les éléments fréquemment contrôlés à la réception incluent l'état de la toile, la configuration d'aspiration, le marquage et l'accessibilité de la plateforme.
Quel volume, 30, 60 ou 120 m³, est généralement demandé ?
Ces trois volumes correspondent à des combinaisons courantes de débit × durée retenues dans de nombreux RDDECI : 30 m³ pour un débit de 30 m³/h pendant 1 heure, 60 m³ pour 30 m³/h pendant 2 heures, 120 m³ pour 60 m³/h pendant 2 heures. Ces repères ne constituent pas une règle nationale unique. Le volume réellement exigé dépend du risque évalué, du type de bâtiment et du RDDECI applicable. Le SDIS confirme la capacité requise lors de l'instruction du dossier.
Quelle maintenance et quel nettoyage pour rester conforme ?
Un contrôle visuel mensuel permet de détecter les anomalies courantes : niveau d'eau insuffisant, fuite, obstruction du raccord ou dégradation de la signalisation. Un contrôle technique annuel réalisé par un professionnel qualifié couvre l'intégrité de la structure, les vannes, les raccords et le marquage. Le nettoyage intérieur intervient lors de la détection de dépôts, d'algues ou de sédiments, et au minimum lors du contrôle annuel. L'ensemble des interventions doit être consigné dans un registre de maintenance tenu à disposition lors des contrôles SDIS.


