CONSEIL D'EXPERT

Comment mesurer la pureté de l’or ?

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Temps de lecture estimé : 8min
💡 L'essentiel à retenir :
  • Mesurer la pureté de l'or repose sur deux unités complémentaires : les carats (K), sur une échelle de 24, et le titre en millièmes, comme 750 pour de l'or 18K (75 % d'or).
  • Un poinçon gravé sur un bijou (750, 585, 999, 18K) reste le premier repère de tri, mais il peut être absent, usé ou falsifié, ce qui impose de croiser plusieurs méthodes.
  • Les tests maison (aimant, céramique, densité à l'eau) donnent des indices indicatifs, jamais une certification : un objet non magnétique n'est pas forcément en or, et un placage épais trompe la plupart de ces tests.
  • Le protocole de densité (Archimède) apporte plus d'information : la densité de l'or pur est de 19,32 g/cm³, contre 16,5 g/cm³ pour un alliage 18K ; mais le tungstène (densité 19,3 g/cm³) peut tromper ce test seul.
  • Le test à l'acide sur pierre de touche est semi-destructif et comporte des risques chimiques réels : gants et lunettes de protection sont obligatoires, et ce test est déconseillé sans expérience.
  • Pour toute transaction à enjeu financier, une confirmation par XRF (fluorescence X) ou essai au feu auprès d'un professionnel reste la seule approche fiable pour certifier la pureté.
Authentifier un bijou avant achat, estimer la valeur d’un lingot avant revente ou contrôler une livraison d’or de récupération nécessite de connaître la teneur réelle en métal précieux. La pureté de l’or détermine sa valeur matière et intervient dans le contrôle de sa conformité. Elle s’exprime en carats ou en millièmes et peut être vérifiée à l’aide de méthodes visuelles, de tests chimiques ou d’un analyseur de métaux et d’alliages. Le choix de la méthode d’ analyse de métaux dépend du type d’objet, du niveau de précision recherché et du caractère destructif ou non du contrôle. Cet article présente les unités de mesure de la pureté de l’or, les méthodes de tri et de vérification, leurs limites ainsi que les appareils utilisés pour obtenir une mesure instrumentale. Un test réalisé sans équipement de mesure ne constitue pas une certification : les objets présentant une valeur marchande élevée nécessitent une confirmation instrumentale.

Devis pour une analyseur de métaux et d'alliages
Méthode Destructif Profondeur d'analyse Précision relative Coût relatif Cas d'usage
Tests simples (aimant, visuel) Non Surface Très faible Nul Premier tri indicatif
Densité/Archimède Non Volume global Moyenne Faible Pièces et lingots massifs
Test à l'acide Partiellement Très superficielle Faible à moyenne Faible Tri rapide, bijoux courants
XRF (fluorescence X) Non 10 à 20 µm Élevée (0,1 %) Élevé Bijoux, pièces, audit comptoir
Conductivité Non Profondeur variable Moyenne (±1-2 K) Moyen Tri pièces et lingots
Ultrasons Non Volume total Bonne (détection noyaux) Moyen à élevé Grands lingots
Essai au feu Oui (total) Volume total Très élevée (0,01 %) Élevé Certification, raffinage
Méthode : Tests simples (aimant, visuel)
Destructif Non
Profondeur d'analyse Surface
Précision relative Très faible
Coût relatif Nul
Cas d'usage Premier tri indicatif
Méthode : Densité/Archimède
Destructif Non
Profondeur d'analyse Volume global
Précision relative Moyenne
Coût relatif Faible
Cas d'usage Pièces et lingots massifs
Méthode : Test à l'acide
Destructif Partiellement
Profondeur d'analyse Très superficielle
Précision relative Faible à moyenne
Coût relatif Faible
Cas d'usage Tri rapide, bijoux courants
Méthode : XRF (fluorescence X)
Destructif Non
Profondeur d'analyse 10 à 20 µm
Précision relative Élevée (0,1 %)
Coût relatif Élevé
Cas d'usage Bijoux, pièces, audit comptoir
Méthode : Conductivité
Destructif Non
Profondeur d'analyse Profondeur variable
Précision relative Moyenne (±1-2 K)
Coût relatif Moyen
Cas d'usage Tri pièces et lingots
Méthode : Ultrasons
Destructif Non
Profondeur d'analyse Volume total
Précision relative Bonne (détection noyaux)
Coût relatif Moyen à élevé
Cas d'usage Grands lingots
Méthode : Essai au feu
Destructif Oui (total)
Profondeur d'analyse Volume total
Précision relative Très élevée (0,01 %)
Coût relatif Élevé
Cas d'usage Certification, raffinage

Quels repères donnent carats et millièmes sur la pureté ?

Carats (K) Titre en millièmes Teneur en or
24K 999 99,9 %
22K 916-917 91,6 %
18K 750 75 %
14K 585 58,5 %
10K 417 41,7 %
9K 375 37,5 %
Deux systèmes coexistent pour exprimer la teneur en or d'un alliage. Le carat (K) divise la composition en 24 parts : un objet en 18K contient 18 parts d'or pour 24 parts d'alliage total, soit 75 % d'or. Le titre en millièmes (ou finesse) exprime cette proportion sur 1 000 : le même objet porte le marquage 750. Ces deux systèmes sont strictement équivalents ; le millième est plus précis pour les produits d'investissement, tandis que le carat reste l'usage courant en bijouterie grand public.Le tableau suivant récapitule les équivalences de référence à connaître pour lire tout marquage :
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Comment lire les poinçons et marquages sur l'or ?

Poinçons numériques et symboliques courants

Le poinçon est la première source d'information sur la pureté d'un objet. Il s'agit d'une empreinte gravée, généralement visible à l'intérieur des bagues, sous les fermoirs de colliers ou au dos des pendentifs. En France, les poinçons sont réglementés et contrôlés par les bureaux de garantie. Les marquages numériques les plus courants sur l'or sont 999, 916, 750, 585 et 375. Certains objets portent également le marquage en carats : 18K, 14K, 9K. En France, des poinçons symboliques complètent l'information : la tête d'aigle est associée à l'or 18K, la coquille Saint-Jacques à l'or 14K, le trèfle à l'or 9K. Ces symboles varient selon les pays : aux États-Unis, le marquage se limite généralement au caratage en lettres (14K), tandis que l'Italie utilise trois poinçons distincts combinant titre, fabricant et organisme de contrôle.

Marquages de placage et leurs implications

Les marquages GP (gold plated), GF (gold filled), GE (gold electroplated) et RGP (rolled gold plate) signalent une couche d'or sur un métal de base, et non de l'or massif. En France, l'appellation légale "plaqué or" requiert une épaisseur minimale de 3 microns de dépôt. Un objet portant ces marquages n'est pas évalué de la même façon qu'un alliage massif : sa valeur métal est quasi nulle par rapport à son poids total.

Limites des poinçons

Un poinçon peut être absent sur des objets anciens ou de fabrication étrangère. Il peut être usé sur les zones de frottement, voire falsifié sur des contrefaçons élaborées. Un poinçon lisible donne un repère fort, mais ne suffit pas seul à certifier la pureté : il constitue la première étape du tri, pas la conclusion.

Quels tests simples donnent un premier indice ?

Test à l'aimant, visuel et céramique

Le test à l'aimant consiste à approcher un aimant puissant (néodyme) de l'objet. L'or n'étant pas magnétique, une attraction forte suggère la présence de métaux ferromagnétiques. Cependant, l'absence d'attraction ne prouve pas la présence d'or : le cuivre, le laiton, l'argent ou l'aluminium sont également non magnétiques.
L'inspection visuelle cible les zones d'usure : intérieur d'une bague, fermoir, arêtes. Sur un objet plaqué, le métal de base (souvent cuivre ou laiton) apparaît aux points de frottement sous forme de décoloration verdâtre ou brunâtre. Une teinte homogène sur l'ensemble de l'objet est un bon signe, sans être une preuve.Le test sur céramique non émaillée consiste à frotter l'objet sur une surface céramique mate et d'observer la trace laissée. Une trace jaune dorée est associée à l'or ; une trace noire ou brunâtre oriente vers la pyrite ou un alliage non précieux. Ce test peut rayer légèrement l'objet et reste ambigu, car certains alliages laissent aussi des traces dorées. 
Le vinaigre (acide acétique dilué) peut être posé sur une zone discrète de l'objet : l'or massif ne réagit pas, tandis qu'un métal de base peut se ternir légèrement. Il s'agit d'un indice très partiel qui ne distingue pas les carats et peut endommager certains alliages ou plaquages.

Protocole de densité selon Archimède

La mesure de densité reste le test indicatif le plus informatif réalisable sans équipement professionnel. La formule est la suivante : Densité = poids à sec / (poids à sec – poids immergé). La procédure consiste à peser l'objet avec une balance de précision (résolution 0,01 g minimum), puis à le peser à nouveau immergé dans de l'eau en le suspendant avec un fil fin. La différence des deux pesées donne la poussée d'Archimède, qui permet de calculer la densité.La densité de référence de l'or pur est de 19,32 g/cm³. Un alliage 18K affiche environ 16,5 g/cm³, et un alliage 14K environ 14,0 g/cm³. Un résultat très éloigné de ces valeurs oriente vers un métal différent ou un objet creux. Les sources d'erreur sont nombreuses : bulles d'air sur l'objet immergé (à éliminer), influence du fil ou du porte-objet, bijoux avec pierres incrustées (la densité mesurée est celle de l'ensemble, pas du métal seul), objets creux. Par ailleurs, le tungstène présente une densité de 19,3 g/cm³, très proche de l'or pur. Un lingot truqué avec un noyau en tungstène donnera une densité conforme : ce test ne suffit donc pas seul pour les objets à forte valeur.

Ce que les tests maison ne détectent pas

Un encadré s'impose ici pour cadrer les limites réelles de l'ensemble de ces méthodes indicatives :
  • Un placage épais (supérieur à 10 microns) trompe les tests visuels, le test céramique et peut fausser la densité sur un objet creux.
  • Un noyau de métal dense (tungstène, plomb) dans un lingot ou une pièce donnera une densité proche de l'or pur malgré une teneur faible.
  • Les alliages non magnétiques (laiton, cuivre, aluminium) passent le test à l'aimant sans être de l'or.
  • Les objets composites (pierres serties, cavités, soudures) faussent toute mesure de densité globale.
  • Aucun test maison ne détermine le caratage exact ni ne certifie la composition élémentaire de l'alliage.

Comment fonctionne un test à l'acide sur pierre ?

Le test à l'acide sur pierre de touche est le test chimique accessible le plus répandu. Il fonctionne sur le principe que l'or résiste aux acides courants (acide nitrique, acide chlorhydrique), contrairement aux métaux communs comme le cuivre ou le nickel.La procédure générale se déroule en trois temps. On frotte l'objet sur la pierre de touche jusqu'à déposer une trace nette et visible. On applique ensuite une goutte d'acide correspondant au titre supposé (acide 18 carats, acide 14 carats, etc.). L'observation de la réaction permet d'orienter le résultat : si la trace reste inchangée, l'objet est compatible avec le titre de l'acide utilisé ; si elle rougit, le titre est probablement inférieur ; si elle disparaît, l'objet est vraisemblablement plaqué.

Précautions de sécurité pour manipuler des acides

Les acides des kits de test de l'or sont corrosifs et potentiellement dangereux. Les règles de sécurité à respecter strictement sont les suivantes :
  • Porter des gants résistants aux acides et des lunettes de protection à chaque manipulation.
  • Travailler dans un espace bien ventilé ou sous hotte : les acides nitrique et chlorhydrique dégagent des vapeurs nocives.
  • Ne jamais verser d'eau dans l'acide ; en cas de projection cutanée, rincer abondamment à l'eau courante pendant 15 minutes minimum.
  • Neutraliser les déchets acides selon les règles locales de traitement des déchets chimiques avant élimination.
  • En cas de doute sur la procédure ou l'interprétation des résultats, confier le test à un professionnel équipé.
Ce test est déconseillé à toute personne sans expérience préalable de la manipulation de produits chimiques.

Quels appareils professionnels mesurent la pureté de l'or ?

La spectrométrie à fluorescence X (XRF) analyse la composition élémentaire de l'objet en quelques secondes. Un faisceau de rayons X excite les atomes de l'échantillon, qui émettent en retour un rayonnement secondaire caractéristique de chaque élément. Le résultat donne les pourcentages d'or, d'argent, de cuivre, et de tous les autres éléments présents. La XRF est non destructive, rapide (5 à 15 secondes), et précise à environ 0,1 %. Sa limite principale est sa profondeur d'analyse : elle ne pénètre que les 10 à 20 premiers micromètres. Un lingot plaqué avec une couche d'or d'épaisseur suffisante peut donc tromper une XRF standard. Pour les objets à risque, la XRF doit être couplée à un test de densité hydrostatique.L'essai au feu (coupellation) est la méthode de référence en laboratoire. L'échantillon est fondu, fluxé, puis coupellé pour séparer les métaux précieux des autres éléments. La précision atteint 0,01 %, soit 1 part sur 10 000. Ce procédé est destructif, lent (plusieurs heures), et réservé aux raffineries, aux certifications officielles et aux cas où la précision prime sur la conservation de l'objet.Les testeurs de conductivité mesurent les propriétés électriques de l'objet. Ils permettent un tri rapide en quelques secondes, mais leur précision reste limitée : les écarts peuvent atteindre ±1 à 2 carats selon les conditions. Ils sont utiles pour les pièces et lingots, moins fiables sur les bijoux plaqués.Les ultrasons sont utilisés principalement pour les grands lingots afin de détecter des inclusions ou des noyaux internes différents du métal de surface, sans destruction. 
La LIBS (Laser Induced Breakdown Spectroscopy) consiste à focaliser une impulsion laser sur la surface de l'objet, créant un plasma dont le spectre d'émission renseigne sur la composition élémentaire. C'est une méthode professionnelle, légèrement micro-destructive (point d'ablation infime), mais très précise.

Quelle méthode choisir selon bijou, pièce ou lingot ?

Le choix de la méthode dépend du type d'objet, de la valeur en jeu et de l'objectif (simple tri ou certification formelle). Une logique en deux temps s'impose systématiquement : screening d'abord, confirmation ensuite si nécessaire.Pour un bijou, la démarche commence par l'inspection du poinçon (750, 585, 375, GP, GF) et un contrôle visuel des zones d'usure. Un test à l'acide peut compléter le tri si l'objet ne porte pas de marquage fiable. Pour tout bijou à valeur significative ou dont le poinçon est absent, une analyse XRF chez un professionnel est recommandée.Pour une pièce de monnaie, la vérification des caractéristiques dimensionnelles (poids et diamètre conformes aux standards de la pièce) constitue un premier contrôle solide. Un calcul de densité par pesée hydrostatique précise l'orientation. En cas de doute ou de valeur élevée, un test de conductivité ou une XRF complète le diagnostic.Pour un lingot, la densité hydrostatique reste incontournable, couplée à une XRF pour l'analyse de surface. Pour les lingots de grande taille ou présentant un risque de noyau substitué, les ultrasons permettent une détection volumétrique fiable. L'essai au feu s'impose pour toute certification officielle ou transaction de raffinage. Pour un objet plaqué (GP, GF), la XRF confirmera la nature superficielle du dépôt et le métal sous-jacent. Le test à l'acide peut orienter rapidement si le placage est peu épais. La règle générale reste la suivante : plus la valeur de l'objet est élevée, plus la confirmation par une méthode professionnelle instrumentée est justifiée. Un bijou de quelques grammes en 9K mérite un contrôle simple ; un lingot de 100 grammes ou une pièce rare nécessitent une confirmation XRF ou essai au feu.
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