- La capacité d'un recycleur de solvant se calcule à partir du volume à traiter sur une période, du nombre de cycles possibles et d'un remplissage limité à environ 70 % de la cuve nominale pour prévenir moussage et surpression.
- Un cycle de distillation dure typiquement entre 4 et 5 heures selon le solvant et la machine ; ce paramètre détermine directement le nombre de cycles réalisables par jour ou par semaine.
- Le rendement de récupération se situe généralement entre 85 % et 95 % selon la nature des contaminants et les conditions opératoires ; les solvants chargés en résines ou en pigments réduisent ce taux.
- Pour les solvants dont le point d'ébullition dépasse environ 170 °C, l'option vide abaisse la température de travail d'environ 30 % selon les systèmes, ce qui réduit le risque thermique et améliore la productivité.
- Une marge de dimensionnement de +20 % à +30 % sur le besoin moyen est recommandée pour absorber les pics de production et les arrêts planifiés.
- Le choix final doit toujours être validé à partir des fiches techniques fabricant, d'une analyse de compatibilité chimique et d'une évaluation des contraintes sécurité (ATEX, ventilation, gestion des résidus).
Quelles données faut-il relever avant de choisir la capacité ?
Volume de solvant usagé produit
- Le volume brut collecté correspond à tout ce qui entre dans le bidon de collecte : solvant, eau résiduelle, solides en suspension.
- Le volume distillable est la fraction réellement vaporisable. Les mélanges eau-solvant, les solides non volatils et les boues réduisent ce volume utile ; dans certains ateliers de carrosserie ou d'imprimerie chargés en résidus, le volume distillable peut représenter 60 % à 80 % du volume brut collecté.
Nature et proportion des contaminants
- Les résines et peintures filmogènes génèrent une mousse abondante à l'ébullition, ce qui oblige à limiter davantage le remplissage et peut allonger la durée du cycle.
- Les huiles et graisses restent en fond de cuve sous forme liquide et augmentent le volume de résidus à évacuer.
- Les pigments et encres peuvent former des dépôts solides qui encrassent la cuve et détériorent la conduction thermique au fil des cycles.
Point d'ébullition du solvant
- En dessous de ce seuil, la distillation s'effectue à pression atmosphérique sans équipement supplémentaire.
- Au-delà, l'option vide permet d'abaisser la température de travail d'environ 30 % selon les systèmes, ce qui réduit le risque thermique, préserve le solvant et peut raccourcir la durée du cycle.
Organisation de la production
- Les horaires de travail : en 1x8 (8 h/jour), un seul cycle complet de 4 à 5 h est réalisable par jour, avec un temps de chargement et de refroidissement incompressible. En 2x8, deux cycles restent théoriquement possibles si la machine est disponible en continu.
- Qui opère la machine : un opérateur formé ou non, un responsable QHSE, un agent de maintenance. Plus l'opération est déléguée, plus l'automatisation du recycleur est un critère à prendre en compte.
- La logistique de collecte : les postes de travail sont-ils proches ou éloignés du recycleur ? Le solvant usagé est-il collecté quotidiennement ou en fin de semaine ? Un stock tampon (bidon de 30 à 60 L) peut être nécessaire pour alimenter le recycleur de façon régulière.
Quelle capacité choisir selon le volume à traiter ?
La capacité d’un recycleur de solvant dépend du volume total de liquide usagé à traiter et du nombre de cycles réalisables. Le calcul doit porter sur l’ensemble du mélange introduit dans la cuve : solvant, eau, peinture, encre, huile, résine, pigments et boues. Le volume distillable sert uniquement à estimer la quantité de solvant récupérée. La méthode repose sur quatre étapes :
- Mesurer le volume total collecté sur une semaine.
- Déterminer le nombre de cycles complets réalisables.
- Diviser le volume hebdomadaire par le nombre de cycles.
- Appliquer le taux de remplissage autorisé par le fabricant.
Exemple : un atelier collecte 100 litres par semaine et réalise cinq cycles.
100 litres ÷ 5 cycles = 20 litres par cycle
Avec un taux de remplissage de 70 %, la capacité nominale minimale atteint : 20 litres ÷ 0,70 = 28,6 litres
Une cuve de 30 litres peut donc traiter ce volume. Cette capacité laisse toutefois peu de marge en cas de hausse de la production ou d’arrêt de la machine. Un produit contenant des peintures, des résines ou des tensioactifs peut générer de la mousse. Le fabricant peut alors limiter le remplissage à 50 ou 60 % de la cuve.
Pour traiter 20 litres par cycle :
- à 60 % de remplissage : 33,3 litres de capacité minimale ;
- à 50 % de remplissage : 40 litres de capacité minimale.
Le choix final doit aussi prendre en compte les pics de production, les arrêts de maintenance, la durée complète du cycle et l’évolution prévue de l’activité.
Le tableau suivant utilise un taux de remplissage de 70 % comme hypothèse de calcul. Les valeurs doivent être adaptées aux consignes du fabricant.
| Capacité nominale | Volume chargé par cycle | Volume traité avec 5 cycles par semaine | Volume traité avec 10 cycles par semaine |
|---|---|---|---|
| 15 L | 10,5 L | 52,5 L | 105 L |
| 30 L | 21 L | 105 L | 210 L |
| 70 L | 49 L | 245 L | 490 L |
| 120 L | 84 L | 420 L | 840 L |
| 200 L | 140 L | 700 L | 1 400 L |
| Capacité nominale : 15 L | |
|---|---|
| Volume chargé par cycle | 10,5 L |
| Volume traité avec 5 cycles par semaine | 52,5 L |
| Volume traité avec 10 cycles par semaine | 105 L |
| Capacité nominale : 30 L | |
|---|---|
| Volume chargé par cycle | 21 L |
| Volume traité avec 5 cycles par semaine | 105 L |
| Volume traité avec 10 cycles par semaine | 210 L |
| Capacité nominale : 70 L | |
|---|---|
| Volume chargé par cycle | 49 L |
| Volume traité avec 5 cycles par semaine | 245 L |
| Volume traité avec 10 cycles par semaine | 490 L |
| Capacité nominale : 120 L | |
|---|---|
| Volume chargé par cycle | 84 L |
| Volume traité avec 5 cycles par semaine | 420 L |
| Volume traité avec 10 cycles par semaine | 840 L |
| Capacité nominale : 200 L | |
|---|---|
| Volume chargé par cycle | 140 L |
| Volume traité avec 5 cycles par semaine | 700 L |
| Volume traité avec 10 cycles par semaine | 1 400 L |
Comment calculer le nombre de cycles nécessaires ?
Formule de calcul
Le nombre de cycles dépend du volume total de liquide usagé à traiter et du volume chargé dans la cuve à chaque cycle. Nombre de cycles = volume total à traiter ÷ volume chargé par cycle
Le volume chargé reste inférieur à la capacité nominale du recycleur. Il dépend du taux de remplissage autorisé par le fabricant.
Pour une cuve de 30 litres :
- à 70 % de remplissage, le volume chargé atteint 21 litres ;
- à 50 % de remplissage, le volume chargé atteint 15 litres.
Cas d’un atelier de carrosserie
Un atelier produit 40 litres de liquide usagé par semaine. Il peut réaliser cinq cycles par semaine. 40 litres ÷ 5 cycles = 8 litres par cycle
Avec un taux de remplissage de 70 % : 8 litres ÷ 0,70 = 11,4 litres
Une cuve de 15 litres peut traiter ce volume. Sa charge utile atteint 10,5 litres avec un remplissage à 70 %.
Cas d’un atelier d’imprimerie
Un atelier produit 150 litres par semaine, avec un pic de 220 litres. Il peut réaliser dix cycles par semaine. Le calcul doit prendre en compte le volume de pointe : 220 litres ÷ 10 cycles = 22 litres par cycle
Avec un taux de remplissage de 70 % : 22 litres ÷ 0,70 = 31,4 litres
La capacité retenue doit dépasser 31,4 litres. Dans une gamme composée de cuves de 15, 30, 70, 120 et 200 litres, le modèle de 70 litres doit être étudié.
Réduction du nombre de cycles
Pour limiter le rythme à un cycle par jour, l’atelier réalise cinq cycles par semaine : 220 litres ÷ 5 cycles = 44 litres par cycle
Avec un taux de remplissage de 70 % : 44 litres ÷ 0,70 = 62,9 litres
Une cuve de 70 litres accepte 49 litres par cycle avec cette hypothèse de remplissage. Elle peut donc couvrir le volume calculé, sous réserve de validation par le fabricant. Le calcul du nombre de cycles doit intégrer le chargement, la montée en température, la distillation, le refroidissement, l’évacuation des résidus et le nettoyage de la cuve. Le temps de distillation ne suffit donc pas à définir le planning de fonctionnement de l’appareil.
Quel modèle choisir selon l'organisation de l'atelier ?
Recycleur pour un poste de travail
Recycleur pour plusieurs postes
- L'étiquetage des bidons de collecte : chaque poste doit identifier clairement le solvant collecté pour éviter les mélanges incompatibles, notamment entre solvants halogénés et solvants standards, qui peuvent générer des réactions indésirables en cuve.
- La planification des cycles : à qui revient la responsabilité du chargement et de la surveillance ? Un planning hebdomadaire évite les oublis et les surremplissages en fin de semaine.
- La taille de la cuve doit intégrer le volume cumulé des postes, avec la marge de dimensionnement recommandée.
Recycleur pour un traitement centralisé
Quels critères compléter après le choix de la capacité ?
- Compatibilité chimique : vérifier que la cuve et les joints sont compatibles avec le solvant et ses contaminants. Les solvants halogénés exigent souvent des matériaux spécifiques. Se référer aux tableaux de compatibilité du fabricant.
- Température de travail et option vide : pour les solvants à point d'ébullition supérieur à environ 170 °C, l'option vide abaisse la température de distillation et peut élargir la compatibilité avec des solvants sensibles à la chaleur.
- Sécurité ATEX : si l'analyse de risque identifie une zone explosive (solvants inflammables, ventilation insuffisante), choisir un recycleur certifiée ATEX par un organisme tiers. Ne pas supposer qu'une machine standard est adaptée sans vérification.
- Gestion de la surpression : s'assurer que la machine intègre des sondes de température sur l'huile et en entrée/sortie du condenseur, ainsi qu'un dispositif de sécurité sur le couvercle.
- Condensation : les condenseurs refroidis à l'air conviennent dans des locaux dont la température ambiante reste inférieure à 30–35 °C. Au-delà, ou pour des volumes importants, un refroidissement à eau améliore les performances.
- Automatisation : les machines automatiques gèrent l'arrêt de fin de cycle et les alarmes sans surveillance continue. Les machines semi-automatiques conviennent à des opérateurs formés et disponibles.
- Sacs de distillation : les sacs thermorésistants placés à l'intérieur de la cuve collectent les résidus et suppriment le nettoyage manuel, ce qui réduit l'exposition des opérateurs et le temps d'entretien entre deux cycles.
- Alimentation électrique : les petites cuves (15–30 L) fonctionnent généralement en 230 V monophasé. Les grandes capacités (60 L et plus) nécessitent du 400 V triphasé. Vérifier la disponibilité à l'emplacement prévu.
- Qualité du distillat et rendement : le rendement de récupération se situe typiquement entre 85 % et 95 % selon le solvant et le niveau de contamination. Un test sur un échantillon de solvant réel reste la meilleure méthode de validation avant achat.
- Coût total et retour sur investissement : additionner l'investissement initial, les consommables (sacs, huile diathermique), les coûts d'énergie et les frais d'évacuation des résidus. Le ROI constaté dans les ateliers industriels se situe fréquemment entre quelques mois et 18 mois selon les volumes traités et le coût du solvant neuf.
- Maintenance et SAV : vérifier la disponibilité des pièces d'usure (joints, sacs, résistances), la proximité du service après-vente et les conditions de formation des opérateurs.
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