CONSEIL D'EXPERT

Tableau de bord et pilotage d’entreprise : comment suivre les bons indicateurs ?

Quelle est la taille de votre entreprise ? * Vous devez sélectionner une réponse avant de valider

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Temps de lecture estimé : 12min
💡 L'essentiel à retenir :
  • Un tableau de bord dans une entreprise utile se limite à 8 à 15 indicateurs de performance par périmètre : au-delà, la prise de décision devient impossible lors des revues de pilotage.
  • Chaque indicateur porte un owner unique, responsable de sa mise à jour, de son interprétation et des actions correctives associées.
  • La chaîne causale structure le choix des KPI : un indicateur de moyen (ex : nombre d'appels commerciaux par semaine) précède et explique un indicateur de résultat (ex : chiffre d'affaires signé).
  • Les seuils se définissent en trois niveaux : cible à atteindre, seuil d'alerte déclenchant une révision, seuil critique imposant une escalade immédiate vers la direction.
  • La fréquence de suivi doit correspondre au rythme de décision : quotidien pour les opérations, hebdomadaire pour les ventes, mensuel pour la finance, trimestriel pour la stratégie.
  • La qualité de la donnée conditionne la crédibilité du tableau de bord : une source unique par indicateur, validée par un référent, évite les disputes de chiffres en réunion.
Un tableau de bord en entreprise n'est pas un outil de reporting. C'est un instrument de prise de décision et de pilotage d'entreprise : il doit permettre à un dirigeant ou un manager de PME/ETI de voir en 30 secondes si l'activité avance dans la bonne direction, d'identifier où agir et de mobiliser les bonnes personnes. La grande majorité des tableaux de bord échouent parce qu'ils accumulent des dizaines d'indicateurs de performance sans lien avec les objectifs, sans seuils, sans owner et sans rituel de pilotage. Cet article propose une méthode complète pour construire, alimenter et faire vivre un tableau de bord de management réellement actionnable.
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Pourquoi un tableau de bord en entreprise échoue quand il devient du reporting ?

Le reporting consolide des données passées pour rendre compte. Le tableau de bord de pilotage, lui, oriente des décisions futures. Confondre les deux produit des outils inutilisables : des fichiers Excel de 40 onglets que personne n'ouvre, des présentations mensuelles où l'on commente des chiffres sans jamais décider.
Les symptômes d'un tableau de bord dérivé vers le reporting pur sont reconnaissables :

  • Plus de 20 indicateurs sur un même périmètre, sans hiérarchie entre eux.
  • Des métriques sans seuil : on sait ce qui se passe, mais pas si c'est acceptable.
  • Aucun owner désigné : les chiffres flottent sans responsable.
  • Une fréquence de revue inadaptée : suivi mensuel d'un indicateur opérationnel qui bouge chaque jour.
  • Des indicateurs de résultat uniquement, sans aucun indicateur de moyen pour anticiper.
Une PME industrielle de 80 personnes qui suit simultanément son taux de marge, son taux de service, son nombre de réclamations, ses heures non productives, son taux d'absentéisme et 15 autres métriques sans les avoir reliées à un objectif stratégique précis, se retrouve noyée dans la donnée sans jamais savoir sur quoi arbitrer en priorité.
La règle du "moins mais mieux" s'impose : 8 à 15 indicateurs maximum par périmètre, chacun relié à un objectif clair, avec un seuil d'alerte et un owner nommé.
Reporting vs tableau de bord

Tableau de pilotage : Comment relier indicateurs et objectifs ?

Avant de sélectionner un seul KPI, il convient de poser la question suivante : quelle décision doit permettre de prendre cet indicateur ? La réponse structure l'ensemble de la démarche.
La chaîne de causalité se déploie en quatre niveaux logiques :
1. Objectif stratégique — ce que l'entreprise cherche à atteindre sur 12 à 36 mois, exprimé de façon précise. Exemple : augmenter la marge brute de 22 % à 27 % d'ici fin d'exercice.
2. Leviers identifiés — les axes d'action qui influencent cet objectif. Exemple : mix produit, politique tarifaire, réduction des coûts variables.
3. Actions opérationnelles — les initiatives concrètes à mettre en œuvre sur chaque levier. Exemple : référencer 3 nouvelles gammes à marge supérieure, renégocier 2 contrats fournisseurs.
4. Mesures associées — les indicateurs qui signalent si les actions produisent les effets attendus. Exemple : marge brute par famille de produit, taux de couverture des achats renégociés.
Pilotage d'entreprise
Ce cadre, inspiré du Balanced Scorecard (BSC) et compatible avec une logique OKR, garantit que chaque indicateur conserve sa raison d'être. Un KPI sans objectif associé est décoratif.
La distinction entre indicateurs de moyens (qui mesurent l'effort déployé) et indicateurs de résultats (qui mesurent l'effet obtenu) est structurante. Suivre uniquement les résultats sans les moyens revient à regarder dans le rétroviseur : les résultats signalent ce qui s'est passé, les indicateurs de moyens permettent d'anticiper et d'agir avant que le résultat se dégrade.

Tableau de bord de gestion d’entreprise : KPI, PI, KRI, comment les utiliser ?

Trois types d'indicateurs coexistent dans un tableau de bord de management. Les confondre dilue le pilotage ; les distinguer clarifie les responsabilités.
Type Usage Horizon Exemple
KPI (Key Performance Indicator) Mesurer la performance sur un objectif prioritaire Semaine à trimestre Taux de conversion leads qualifiés
PI (Performance Indicator) Suivre une activité importante sans en faire un enjeu stratégique Mois Nombre de devis émis
KRI (Key Risk Indicator) Signaler un risque avant qu'il se matérialise Mois à trimestre Taux de concentration client (top 3 clients > 60 % du CA)
Type : KPI (Key Performance Indicator)
Usage Mesurer la performance sur un objectif prioritaire
Horizon Semaine à trimestre
Exemple Taux de conversion leads qualifiés
Type : PI (Performance Indicator)
Usage Suivre une activité importante sans en faire un enjeu stratégique
Horizon Mois
Exemple Nombre de devis émis
Type : KRI (Key Risk Indicator)
Usage Signaler un risque avant qu'il se matérialise
Horizon Mois à trimestre
Exemple Taux de concentration client (top 3 clients > 60 % du CA)
Différence KPI, PI et KRI
En pratique, un tableau de bord de PME/ETI compte 3 à 5 KPI par fonction, complétés par quelques PI de suivi courant et 1 à 2 KRI sur les risques métier les plus exposés. La north star metric — l'indicateur unique qui cristallise la priorité absolue de l'entreprise sur une période — peut utilement structurer la lecture du tableau de bord et aligner les équipes sur ce qui compte le plus (par exemple : le taux de rétention client pour une activité SaaS, ou le taux de service pour un distributeur).

Comment sélectionner les bons indicateurs de performance ?

La sélection d'indicateurs suit une logique procédurale stricte. Voici les étapes à suivre pour chaque périmètre fonctionnel :

  1. Formaliser l'objectif prioritaire du périmètre sur les 3 à 12 prochains mois, en une phrase avec un chiffre cible daté.
  2. Identifier les 2 à 3 leviers qui influencent le plus cet objectif, en distinguant ce qui est actionnable par l'équipe de ce qui ne l'est pas.
  3. Lister les indicateurs candidats pour chaque levier, en distinguant moyens et résultats.
  4. Appliquer le filtre SMART : chaque indicateur retenu doit être mesurable avec les données disponibles, attribuable à un owner identifié, et calculable à la fréquence souhaitée sans délai excessif.
  5. Limiter la sélection finale à 8–15 indicateurs par périmètre, en éliminant tout indicateur qui ne génère pas de décision spécifique s'il dépasse un seuil.
  6. Définir les seuils pour chaque indicateur retenu : cible (valeur attendue), alerte (valeur qui déclenche une analyse), critique (valeur qui impose une escalade).
  7. Nommer un owner par indicateur : une seule personne responsable de la donnée, de son interprétation et de la proposition d'action corrective.
  8. Associer une action type à chaque franchissement de seuil d'alerte, pour éviter que la revue de pilotage se limite à constater.

Ces règles de design garantissent un tableau de bord pilotable : 1 owner, 1 action associée, 1 seuil par indicateur. Sans ces trois éléments, un KPI n'est pas pilotable.

Tableau de bord pour entreprise : quels indicateurs suivre par fonction ?

Finance : piloter la rentabilité et la trésorerie

La marge brute par famille de produit ou service (chiffre d'affaires HT moins coût direct de production, divisé par chiffre d'affaires HT) permet d'arbitrer le mix. Le délai moyen de paiement client (DSO, calculé en jours de chiffre d'affaires) et le DSP fournisseurs pilotent le besoin en fonds de roulement. La position de trésorerie glissante à 13 semaines anticipe les tensions de liquidité. Décision associée : si le DSO dépasse 55 jours, lancer une campagne de relances clients ciblées dans les 48 heures.

Ventes et marketing : mesurer l'efficacité commerciale

Le taux de conversion par étape de pipeline (leads qualifiés vers proposition, proposition vers signature) identifie le maillon faible du cycle. Le chiffre d'affaires par commercial et par segment détecte les déséquilibres. Le coût d'acquisition client rapproche les investissements marketing des résultats commerciaux. Décision associée : si le taux de conversion "proposition signée" chute sous 25 %, déclencher une revue des offres et des argumentaires avec l'équipe commerciale.

Opérations et production : garantir le service et maîtriser les coûts

Le taux de service (commandes livrées à l'heure et complètes sur total commandes) mesure la fiabilité perçue par le client. Le taux de rebut ou de non-conformité signale des dérives qualité en cours de production. Le rendement global des équipements (TRS) suit l'utilisation réelle des capacités. Décision associée : si le taux de service passe sous 95 %, identifier immédiatement les causes racines par ligne de production et prioriser le plan de correction.

Ressources humaines : anticiper les risques humains

Le taux d'absentéisme mensuel (heures d'absence sur heures théoriques) déclenche des entretiens de retour dès 5 % sur deux mois consécutifs. Le taux de turnover à 12 mois mesure la fidélisation. Le taux de postes ouverts depuis plus de 60 jours anticipe les risques de tension sur la production. Décision associée : si le taux de turnover dépasse 15 % sur 12 mois dans un département, déclencher une revue des conditions d'emploi et de l'onboarding.

Service client : piloter la satisfaction et la résolution

Le taux de résolution au premier contact mesure l'efficacité du support. Le délai moyen de traitement des réclamations suit la réactivité. Le Net Promoter Score (NPS) capte la fidélité globale. Décision associée : si le taux de résolution au premier contact chute sous 70 %, auditer les scripts de traitement et renforcer la formation des équipes dans les 15 jours.

Projets et IT : suivre l'avancement et les risques

Le taux de livraisons dans les délais et le budget mesure la maîtrise du portefeuille projets. Le taux de disponibilité des systèmes critiques (uptime) protège la continuité d'activité. Le nombre d'incidents de sécurité détectés par mois constitue un KRI à surveiller systématiquement. Décision associée : si le taux de livraison dans les délais passe sous 80 %, déclencher une revue du portefeuille et prioriser les projets à impact direct sur les objectifs stratégiques.

Comment définir fréquence de suivi, seuils et responsabilités ?

La fréquence de suivi doit être alignée sur le rythme de décision et la volatilité de l'indicateur, pas sur la disponibilité de la donnée.
Fréquence Exemples d'indicateurs Décision associée
Quotidienne Taux de service, position de trésorerie J, nombre d'incidents IT Ajustement opérationnel immédiat
Hebdomadaire Pipeline commercial, taux de conversion, tickets support en attente Arbitrage tactique en réunion d'équipe
Mensuelle Marge brute, DSO, taux d'absentéisme, NPS Revue de performance mensuelle avec les managers
Trimestrielle Turnover, TRS, progression OKR stratégiques Comité de direction, réorientation des priorités
Les seuils se définissent en trois niveaux pour chaque indicateur :
  • Cible : valeur attendue sur la période, issue de l'objectif stratégique.
  • Alerte : valeur qui déclenche une analyse et une proposition d'action dans les 5 jours ouvrés.
  • Critique : valeur qui impose une escalade immédiate vers la direction générale avec un plan de crise sous 48 heures.
L'owner porte trois responsabilités distinctes : produire la donnée à la bonne fréquence, l'interpréter en contexte lors de la revue de pilotage, et proposer une action correctrice dès le franchissement du seuil d'alerte.

Comment fiabiliser les données d’un tableau de bord en PME/ETI ?

Un tableau de bord ne vaut que ce que valent ses données. Les disputes de chiffres en réunion de direction paralysent la prise de décision et détruisent la crédibilité de l'outil. Quelques contrôles simples suffisent en PME/ETI :

  • Définir une source unique par indicateur : une seule extraction, un seul outil de référence, pour éviter deux versions du même chiffre.
  • Documenter la formule de calcul de chaque indicateur dans un glossaire partagé accessible à tous les managers.
  • Fixer une date de gel de la donnée mensuelle pour que tous les participants travaillent sur le même instantané lors des revues.
  • Vérifier la cohérence inter-indicateurs : si le chiffre d'affaires augmente mais que la marge brute baisse, la donnée mérite vérification avant publication.
  • Mettre en place un test de vraisemblance : tout indicateur en rupture de tendance de plus de 20 % entre deux périodes fait l'objet d'une validation manuelle avant affichage.
  • Désigner un référent data par fonction, chargé de valider les chiffres avant la revue mensuelle.
  • Archiver les données au format consolidé pendant au moins 24 mois pour permettre les analyses de tendance.
Le RACI minimal d'un tableau de bord en PME/ETI se résume ainsi : l'owner produit et valide la donnée ; le manager de département consomme et décide ; la direction générale arbitre sur les indicateurs stratégiques ; la DSI ou le contrôle de gestion garantit la fiabilité technique des extractions.

Comment rendre un tableau de bord lisible en 30 secondes ?

Un tableau de bord lisible en 30 secondes ne s'improvise pas. Les règles de mise en forme conditionnent directement l'utilité de l'outil.
À faire :

  • Utiliser des codes couleur standardisés : vert (cible atteinte), orange (alerte), rouge (critique) — et n'en changer jamais la signification.
  • Afficher les tendances (flèche haussière/baissière) à côté de la valeur courante pour donner le contexte immédiatement.
  • Choisir le graphique adapté au besoin : courbe pour une tendance dans le temps, histogramme pour une comparaison entre catégories, jauge ou bullet chart pour un écart à la cible.
  • Placer les indicateurs stratégiques en haut à gauche : c'est la zone de lecture naturelle.
  • Limiter chaque vue à une seule page ou un seul écran : si le décideur doit scroller pour trouver l'information, le tableau de bord est trop dense.
À éviter :

  • Les camemberts à plus de 4 segments : illisibles au-delà.
  • Les tableaux de nombres bruts sans mise en forme conditionnelle : impossible de repérer une anomalie en un coup d'œil.
  • Les axes de graphiques sans unité ou avec une échelle tronquée qui amplifie artificiellement une variation.
Règles visuelles du tableau de bord

Tableau de bord en entreprise : exemple de modèle efficace, comment le construire ?

Le tableau ci-dessous illustre comment cadrer chaque indicateur de façon opérationnelle. Il couvre plusieurs fonctions pour montrer la cohérence d'ensemble. Chaque ligne est directement réutilisable en remplaçant les valeurs par celles du contexte de l'entreprise.
Nom Définition Formule Source Fréquence Cible Alerte Critique Owner Action associée
Marge brute Part du CA conservée après coûts directs (CA HT - Coûts directs) / CA HT ERP / comptabilité Mensuelle 27 % 24 % 21 % DAF Revue du mix produit et des coûts variables
DSO Délai moyen de paiement client Créances clients / CA HT × 30 ERP facturation Mensuelle 45 j 55 j 65 j RAF Relances ciblées clients en dépassement
Taux de conversion proposition-signature Efficacité de closing commercial Propositions signées / Propositions émises CRM Hebdomadaire 30 % 22 % 15 % Dir. commercial Revue des offres et formation closing
Taux de service Fiabilité de livraison perçue client Commandes livrées conformes / Total commandes WMS / ERP Hebdomadaire 97 % 94 % 90 % Dir. opérations Analyse causes racines par ligne
Taux d'absentéisme Poids des absences sur capacité théorique Heures absence / Heures théoriques SIRH Mensuelle 3,5 % 5 % 7 % DRH Entretiens de retour systématiques
Taux de résolution 1er contact Efficacité du support client Tickets résolus sans renvoi / Total tickets Outil CRM/support Hebdomadaire 75 % 68 % 60 % Resp. service client Audit des scripts et formation équipe
Uptime systèmes critiques Disponibilité des applications métier Temps de disponibilité / Temps total × 100 Outil supervision IT Quotidienne 99,5 % 98 % 95 % DSI Incident management et post-mortem
Nom : Marge brute
Définition Part du CA conservée après coûts directs
Formule (CA HT - Coûts directs) / CA HT
Source ERP / comptabilité
Fréquence Mensuelle
Cible 27 %
Alerte 24 %
Critique 21 %
Owner DAF
Action associée Revue du mix produit et des coûts variables
Nom : DSO
Définition Délai moyen de paiement client
Formule Créances clients / CA HT × 30
Source ERP facturation
Fréquence Mensuelle
Cible 45 j
Alerte 55 j
Critique 65 j
Owner RAF
Action associée Relances ciblées clients en dépassement
Nom : Taux de conversion proposition-signature
Définition Efficacité de closing commercial
Formule Propositions signées / Propositions émises
Source CRM
Fréquence Hebdomadaire
Cible 30 %
Alerte 22 %
Critique 15 %
Owner Dir. commercial
Action associée Revue des offres et formation closing
Nom : Taux de service
Définition Fiabilité de livraison perçue client
Formule Commandes livrées conformes / Total commandes
Source WMS / ERP
Fréquence Hebdomadaire
Cible 97 %
Alerte 94 %
Critique 90 %
Owner Dir. opérations
Action associée Analyse causes racines par ligne
Nom : Taux d'absentéisme
Définition Poids des absences sur capacité théorique
Formule Heures absence / Heures théoriques
Source SIRH
Fréquence Mensuelle
Cible 3,5 %
Alerte 5 %
Critique 7 %
Owner DRH
Action associée Entretiens de retour systématiques
Nom : Taux de résolution 1er contact
Définition Efficacité du support client
Formule Tickets résolus sans renvoi / Total tickets
Source Outil CRM/support
Fréquence Hebdomadaire
Cible 75 %
Alerte 68 %
Critique 60 %
Owner Resp. service client
Action associée Audit des scripts et formation équipe
Nom : Uptime systèmes critiques
Définition Disponibilité des applications métier
Formule Temps de disponibilité / Temps total × 100
Source Outil supervision IT
Fréquence Quotidienne
Cible 99,5 %
Alerte 98 %
Critique 95 %
Owner DSI
Action associée Incident management et post-mortem
Ce modèle est directement adaptable : ajouter ou retirer des lignes selon le périmètre, ajuster les seuils aux valeurs historiques de l'entreprise, et documenter les formules dans le glossaire interne avant la première revue.

Outils en pilotage d'entreprise : comment démarrer simple puis automatiser sans sur-équiper ?

Le choix d'un outil dépend du volume de données, du niveau d'automatisation attendu et de la maturité analytique de l'équipe.
  • Niveau 1 —Faible besoin d'automatisation (moins de 5 sources de données, équipe réduite) : Excel ou Google Sheets suffisent pour construire un tableau de bord de pilotage fiable. Les tableaux croisés dynamiques, la mise en forme conditionnelle et les graphiques natifs couvrent 80 % des besoins d'une PME de moins de 50 personnes. La limite : la mise à jour reste manuelle et chronophage dès que les sources se multiplient.
  • Niveau 2 — Besoin d'automatisation partielle (3 à 10 sources, ETI ou PME en croissance) : Looker Studio (gratuit, connecté à Google Analytics, Google Sheets, bases SQL) ou Power BI permettent d'automatiser les extractions et de rafraîchir les données sans intervention manuelle. Ces outils conviennent à une équipe qui dispose d'un minimum de compétences en modélisation de données.
  • Niveau 3 — Fort besoin d'automatisation et de gouvernance (nombreuses sources, besoin de sécurité et de droits d'accès) : Power BI en mode entreprise ou Tableau offrent des fonctionnalités avancées de gouvernance, de partage et de calcul. Ils supposent un investissement en licence et en compétences internes ou en accompagnement externe.
  • La règle principale : démarrer avec l'outil le plus simple qui permet d'afficher les bons indicateurs de performance au bon rythme, puis migrer vers un outil BI uniquement quand le volume de données ou le nombre d'utilisateurs le justifie réellement.

Tableau de bord en entreprise : quand recourir à un expert en pilotage d’entreprise ?

Recourir à un expert en pilotage d’entreprise devient pertinent lorsque le tableau de bord ne permet plus de décider clairement :

  • trop d’indicateurs suivis, sans hiérarchie ni lien direct avec les objectifs ;
  • données peu fiables ou contestées en réunion ;
  • absence de seuils d’alerte ou de seuils critiques ;
  • responsabilités mal définies sur la mise à jour et l’interprétation des KPI ;
  • revues de pilotage inefficaces, centrées sur le constat plutôt que sur l’action ;
  • difficulté à relier les indicateurs opérationnels aux priorités stratégiques.
L’expert aide à clarifier les objectifs prioritaires, sélectionner les bons KPI, structurer les seuils d’alerte, fiabiliser les sources de données et mettre en place un rituel de pilotage adapté au rythme de décision de l’entreprise. L’objectif n’est pas de complexifier l’outil, mais de construire un tableau de bord simple, lisible et réellement actionnable par les dirigeants et les managers.

FAQ

Combien d'indicateurs de performance dans un tableau de bord de management ?

La règle opérationnelle est de 8 à 15 KPI par périmètre fonctionnel. Au-delà de 15 indicateurs sur une même vue, la lecture devient impossible et la réunion de pilotage se transforme en commentaire de rapport. Un tableau de bord de direction générale en PME/ETI tient souvent sur 10 à 12 indicateurs transverses.

Quelle est la différence entre un KPI et un indicateur de performance ordinaire ?

Un KPI (Key Performance Indicator) mesure directement un objectif prioritaire et déclenche une décision s'il franchit un seuil. Un PI (Performance Indicator) suit une activité utile mais non critique : son dépassement de seuil génère une analyse, pas nécessairement une escalade. La distinction repose sur le niveau d'impact stratégique et l'urgence de la réaction associée.

À quelle fréquence mettre à jour les indicateurs d'un tableau de bord ?

La fréquence de mise à jour doit correspondre au rythme de décision, pas à la disponibilité de la donnée. Les indicateurs opérationnels (taux de service, trésorerie) se mettent à jour quotidiennement ou hebdomadairement. Les indicateurs financiers et RH, mensuellement. Les indicateurs stratégiques, trimestriellement. Mettre à jour un indicateur à une fréquence plus rapide que la capacité d'action de l'équipe génère du bruit sans valeur.

Qui décide des indicateurs à retenir dans le tableau de bord ?

Le dirigeant ou le manager de périmètre valide la liste finale des indicateurs, mais la sélection se construit avec les owners opérationnels. Les indicateurs imposés sans consultation des équipes sont rarement alimentés avec rigueur. La règle : l'owner d'un indicateur doit comprendre pourquoi il le mesure et ce qu'il doit faire quand le seuil est franchi.

Comment éviter que le tableau de bord soit abandonné après quelques semaines ?

Trois leviers maintiennent l'utilisation dans le temps : un rituel de revue fixe et incontournable (réunion hebdomadaire de 30 minutes, revue mensuelle de 90 minutes), un format stable qui ne change pas à chaque itération, et des décisions tracées à chaque revue. Si une réunion de pilotage se termine sans décision consignée, le tableau de bord perd sa légitimité progressivement.

Comment gérer les disputes de chiffres lors des revues de pilotage ?

La source de la plupart des disputes est l'absence de définition partagée : deux personnes calculent le même indicateur différemment. La solution est un glossaire des indicateurs, accessible à tous, qui documente la formule, la source de données, la date de gel et le périmètre inclus. Ce glossaire se complète avant la première revue et s'actualise à chaque modification d'un indicateur.

Un tableau de bord Google Sheets suffit-il pour une PME ?

Pour une PME de moins de 50 personnes avec moins de 5 sources de données, Google Sheets ou Excel répondent à 80 % des besoins de pilotage. La migration vers un outil BI se justifie quand la mise à jour manuelle dépasse 2 heures par semaine par personne, quand plusieurs départements partagent des données en temps réel, ou quand les droits d'accès différenciés deviennent une contrainte de sécurité.
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