CONSEIL D'EXPERT

Quelles démarches administratives pour créer un élevage de poules pondeuses ?

Quel type de bâtiment avicole recherchez-vous ? * Vous devez sélectionner une réponse avant de valider

Trouver mon bâtiment avicole et recevoir une proposition personnalisée
100% gratuit Réponse sous 24h Sans engagement
Temps de lecture estimé : 17min
💡 L'essentiel à retenir :
  • Les démarches administratives pour créer un élevage de poules pondeuses en France reposent sur deux parcours : la micro-activité en vente directe avec moins de 250 poules pondeuses, et l'élevage commercial structuré avec 250 poules pondeuses ou plus.
  • Toute exploitation commerciale doit être déclarée auprès de la DDPP/DDETSPP (ou DAAF en outre-mer) avant la mise en place des volailles, pour obtenir l'INUAV (Identifiant National Unique d'un Atelier Volailles).
  • Chaque mouvement de bande (mise en place ou sortie) doit être déclaré dans les 7 jours, réduit à 48 heures en période de risque élevé d'influenza aviaire.
  • Au-delà de 250 volailles : désignation obligatoire d'un vétérinaire sanitaire, visite sanitaire aviaire tous les 2 ans et programme de dépistage salmonelles avec prélèvements à 4 semaines après mise en place puis toutes les 15 semaines.
  • Pour la vente d'œufs, un code producteur est attribué dès la vente directe avec moins de 250 poules, tandis qu'un passage par un centre d'emballage agréé s'impose à partir de 250 poules ou en cas de vente indirecte.
  • Le registre d'élevage est obligatoire dès que des produits sont cédés hors autoconsommation familiale, et doit être conservé 5 ans. Une vérification auprès de la DDPP locale est recommandée avant tout démarrage.
Créer un élevage de poules pondeuses en France implique de respecter un ensemble d'obligations administratives, sanitaires et commerciales dont l'ampleur varie selon la taille de l'atelier, les circuits de vente envisagés et les caractéristiques du bâtiment avicole prévu pour accueillir les animaux. Le porteur de projet doit distinguer clairement deux situations : la micro-activité en vente directe avec moins de 250 poules pondeuses, et l'élevage commercial structuré à partir de 250 animaux, seuil qui déclenche la majorité des contraintes réglementaires. Dans les deux cas, plusieurs formalités doivent être engagées avant l'arrivée des premières volailles. Les modalités pratiques (formulaires, plateformes, interlocuteurs) varient selon les départements et évoluent en fonction du contexte sanitaire, notamment en période de risque influenza aviaire. Il est systématiquement recommandé de contacter la DDPP ou DDETSPP locale pour valider les exigences applicables à la situation spécifique du projet.
demarche pour batiment avicole

Quel statut choisir entre micro-élevage et élevage commercial de poules pondeuses ?

Le seuil de 250 volailles est le pivot central reconnu par la réglementation française en matière de programme salmonelles, de vétérinaire sanitaire et de visite sanitaire aviaire. En dessous, certaines obligations s'allègent ou disparaissent. À partir de 250 poules pondeuses, elles s'appliquent en totalité. D'autres seuils existent en parallèle : les normes de bien-être animal pour les installations se déclenchent à partir de 350 poules pondeuses, et les critères d'alerte sanitaire renforcés concernent les élevages de plus de 1 000 oiseaux.

Pour déterminer le bon parcours, une lecture par cas concrets s'impose :
  • Si le projet vise moins de 250 poules pondeuses avec une vente directe au consommateur final sur le site de production ou sur un marché local dans un rayon de 80 km, le cadre s'allège : déclaration possible via Cerfa 15296 pour l'attribution d'un code producteur, registre d'élevage obligatoire, biosécurité à mettre en place, mais programme salmonelles non obligatoire.
  • Si le projet atteint ou dépasse 250 poules pondeuses, l'ensemble du dispositif s'applique : déclaration DDPP obligatoire, INUAV par bâtiment, vétérinaire sanitaire désigné, visite sanitaire aviaire tous les 2 ans, programme salmonelles avec calendrier de prélèvements, et, pour la commercialisation des œufs, recours quasi systématique à un centre d'emballage agréé en cas de vente via un intermédiaire.
  • Si le projet prévoit une vente indirecte des œufs (via un commerce, un revendeur, un restaurateur, une GMS), le recours à un centre d'emballage agréé s'impose quel que soit l'effectif.
Enfin, si l'activité est exclusivement à titre non commercial (basse-cour sans vente), la déclaration s'effectue en mairie, et le règlement sanitaire départemental s'applique. Ce cas ne correspond pas à un projet professionnel et n'est pas traité dans ce guide.
Comparatif obligations selon seuil 250 poules
Vous êtes fournisseur de bâtiment avicole ?
Recevez des demandes de devis qualifiées de pros en recherche active.
Des milliers de demandes chaque mois. Zéro prospection à froid.
Recevoir des leads

Quelles démarches prévoir avant de créer un élevage de poules pondeuses ?

Avant l'arrivée des premières volailles, le porteur de projet doit suivre plusieurs étapes administratives, notamment vérifier les autorisations nécessaires pour son bâtiment avicole. La première action consiste à déclarer l'activité auprès de la DDPP ou DDETSPP compétente et à obtenir l'INUAV. Vient ensuite la désignation du vétérinaire sanitaire, qui doit être notifiée à l'administration avant les premiers prélèvements ou mouvements. 

Le plan de biosécurité doit être rédigé, et la formation correspondante suivie par l'éleveur et le personnel permanent. Si la commercialisation d'œufs est prévue, les démarches pour le code producteur ou l'agrément du centre d'emballage doivent être lancées en parallèle, car les délais d'instruction peuvent atteindre 2 à 4 mois pour un agrément.

Il convient également d'anticiper les obligations liées à l'ICPE (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) si la taille de l'élevage dépasse les seuils réglementaires. Un élevage de moins de 5 000 animaux équivalents ne nécessite pas d'autorisation ICPE au titre de cette réglementation, mais entre 5 000 et 30 000 emplacements, une déclaration à la préfecture s'impose. Au-delà de 30 000 emplacements, l'enregistrement ou l'autorisation complète est requis.
Chronologie démarches élevage volailles

Déclarer l'activité auprès de la DDPP, DDETSPP ou DAAF

La déclaration d'activité est l'acte fondateur qui permet à l'administration d'identifier le site, d'assigner les obligations sanitaires et d'attribuer l'INUAV. Elle doit intervenir avant la mise en place des premières volailles.
L'interlocuteur est la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) ou la DDETSPP (Direction Départementale de l'Emploi, du Travail, des Services Sociaux et de la Protection des Populations) selon le département, et la DAAF (Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) dans les départements et régions d'outre-mer.

Les modalités varient selon les départements : certains proposent une téléprocédure sur un portail dédié, d'autres demandent l'envoi d'un formulaire papier, et certains acceptent une déclaration libre par courrier ou courriel. Le formulaire Cerfa 13989 est souvent cité pour les troupeaux de Gallus gallus et de dindes, mais son utilisation n'est pas universelle. Il convient de se renseigner directement auprès de la DDPP locale pour connaître la procédure en vigueur dans le département.

Les informations généralement demandées lors de la déclaration sont les suivantes : Nom, raison sociale et adresse de l'exploitation, numéro SIRET, coordonnées téléphoniques et email, coordonnées géographiques de chaque bâtiment ou enclos avec surface et capacité, espèces susceptibles d'être hébergées et effectifs prévus par espèce.
Un document complémentaire de précisions sur les caractéristiques de l'élevage peut être demandé, selon les pratiques locales.

Obtenir et comprendre l'INUAV

À la suite de la déclaration, l'administration attribue l'INUAV (Identifiant National Unique d'un Atelier Volailles) pour chaque bâtiment ou unité d'élevage. Cet identifiant est communiqué par courrier ou accusé de réception de la DDPP.
L'INUAV remplit cinq fonctions opérationnelles précises :
  • Il figure obligatoirement sur tous les documents d'accompagnement des prélèvements (DAP) transmis au laboratoire agréé dans le cadre du programme salmonelles.
  • Il est requis pour toutes les déclarations de mouvements de bandes (mise en place et sortie).
  • Il sert d'identifiant dans la BD Avicole ou l'ATM Avicole selon la filière.
  • Il permet à l'administration d'acheminer les alertes sanitaires vers les élevages concernés.
  • Il identifie l'unité lors des contrôles officiels et des visites sanitaires.
  • L'INUAV est à conserver dans le dossier administratif de l'exploitation et à transmettre à tout intervenant (vétérinaire, laboratoire, organisme filière) qui en fait la demande.

Quelles obligations de traçabilité respecter dans un élevage de poules pondeuses ?

La traçabilité de l'élevage repose sur deux documents centraux : le registre d'élevage et, selon la destination des animaux, les informations sur la chaîne alimentaire.
reglementation poules pondeuses

Tenir un registre d'élevage conforme et exploitable en contrôle

Le registre d'élevage est obligatoire dès lors que des produits (œufs ou viande) sont susceptibles d'être cédés hors autoconsommation familiale. Son support est libre (cahier, tableur, logiciel), mais son contenu est encadré par la réglementation. Il doit être conservé 5 ans et présenté à tout contrôle officiel.
Les rubriques à renseigner au fil de l'eau sont les suivantes :
  • Effectifs présents (entrées, sorties, mortalité quotidienne ou hebdomadaire), consommations d'eau et d'aliment par bande, traitements vétérinaires administrés avec dates, produits, doses et délais d'attente, résultats des prélèvements sanitaires (salmonelles notamment) avec dates et identifiant du laboratoire, opérations de nettoyage et de désinfection des bâtiments, interventions de tiers sur le site (technicien, inséminateur, équarrisseur, etc.), résultats des autocontrôles prévus dans le plan de biosécurité.
  • Une erreur fréquente consiste à renseigner le registre rétrospectivement lors d'un contrôle. Les données doivent être saisies au fil de l'eau, car un agent de contrôle peut vérifier la cohérence entre la mortalité consignée, les résultats de laboratoire et les déclarations de mouvements.

Préparer les ICA si vous envoyez des animaux à l'abattoir

Les Informations sur la Chaîne Alimentaire (ICA) constituent une obligation européenne à la charge du dernier détenteur avant l'abattage. Elles permettent à l'abattoir et aux services vétérinaires d'inspection d'anticiper les risques sanitaires liés au lot. Les informations typiquement transmises via ce document sont : l'identification du troupeau (INUAV, espèce, effectif, âge), l'historique sanitaire récent (résultats des dépistages salmonelles, traitements en cours ou terminés avec délais d'attente), la mortalité observée en fin de bande, et tout élément de nature à signaler un risque pour la santé publique.

Comment déclarer ses volailles et suivre les mouvements d’élevage ?

La déclaration des mouvements est une obligation pour tous les élevages commerciaux. Elle s'applique à chaque mise en place (entrée d'un lot) et à chaque sortie (abattage, reforme, transfert).
Le délai standard est de 7 jours après le mouvement, en référence à l'arrêté ministériel du 8 février 2016. En période de risque élevé d'influenza aviaire, ce délai est réduit à 48 heures, afin de permettre une gestion rapide des foyers potentiels.
Situation Délai de déclaration Canal recommandé
Situation sanitaire normale 7 jours après mouvement BD Avicole, ATM Avicole ou Cerfa 13990
Risque influenza aviaire élevé 48 heures après mouvement BD Avicole, ATM Avicole ou Cerfa 13990

Déclarer via BD Avicole ou ATM Avicole selon votre filière

Pour les poules pondeuses, palmipèdes et gibier à plume, la déclaration s'effectue via la plateforme BD Avicole (bdavicole.org). Pour les volailles de chair, la plateforme ATM Avicole est généralement utilisée. Ces plateformes nécessitent d'être enregistré préalablement avec l'INUAV de l'atelier. Les informations à saisir comprennent : numéro INUAV, espèce, effectif, date de mise en place ou de sortie, et origine ou destination du lot.

Utiliser un formulaire papier lorsque la déclaration en ligne n'est pas possible

Le Cerfa 13990 est souvent cité comme formulaire de déclaration de mouvements en version papier. Il est à adresser à la DDPP dans les délais impartis. Certains départements proposent d'autres modalités (courriel, formulaire local), ce qui implique de vérifier la procédure locale avant le premier mouvement.

Quelles règles de biosécurité appliquer dans un élevage avicole ?

La biosécurité est une obligation réglementaire pour tous les élevages commerciaux de volailles. Elle repose sur la rédaction et l'application d'un plan de biosécurité formalisé, et sur la réalisation d'une formation par l'éleveur et le personnel permanent. Cette formation dure généralement 7 heures (1 jour) et est éligible à un financement VIVEA pour les exploitants agricoles. Elle peut être obtenue pour un coût de 50 € (tarif ayant droit VIVEA) ou jusqu'à 250 € en plein tarif selon les organismes. Une évaluation annuelle de l'application du plan par un organisme tiers est attendue pour les opérateurs commerciaux depuis le 1er juillet 2022.

Les mesures concrètes à formaliser dans le plan incluent :
  • La délimitation des zones de l'exploitation (zone publique, zone professionnelle, zone de production) avec barrière physique matérialisée et non seulement un panneau de signalisation.
  • L'organisation en bande unique au sein de chaque unité de production, avec un écart d'âge maximal de 15 jours entre les animaux présents.
  • La gestion des flux entrants : personnes, véhicules, matériel, aliment, eau, litière, avec enregistrement systématique des intervenants.
  • L'utilisation d'un sas sanitaire avec changement de tenues, pédiluves renouvelés fréquemment, et désinfectant adapté à la matière organique.
  • L'alimentation en eau de réseau ou de forage plutôt qu'en eau de surface, plus exposée aux contaminations par ruissellement.
  • La gestion des animaux morts (évacuation via équarrissage, avec le camion maintenu à distance du bâtiment).
  • Le nettoyage et la désinfection des bâtiments entre deux bandes, avec vide sanitaire documenté.
  • La lutte contre les nuisibles (rongeurs, avifaune sauvage) avec contrat de dératisation et mesures de protection des parcours.
  • L'interdiction de basse-cours et d'animaux domestiques sur le site de production.

Structurer un plan de biosécurité qui tient en exploitation

Le plan doit couvrir les chapitres suivants pour être exploitable lors d'un contrôle :
  • Plan de circulation des personnes et des véhicules sur le site, avec zones délimitées. 
  • Plan de gestion des flux entrants et sortants avec registre des entrées. 
  • Plan de nettoyage-désinfection avec fréquences, produits utilisés et vérification d'efficacité. Plan de lutte contre les nuisibles avec traçabilité des interventions. 
  • Plan de protection vis-à-vis de l'avifaune sauvage. 
  • Plan de formation du personnel à la biosécurité et à l'hygiène. 
  • Plan d'autocontrôles incluant les résultats salmonelles, mycoplasmes, et contrôles visuels de propreté. Traçabilité des bandes et des épandages.
Le contenu du plan est adapté à l'exploitation, et aucun modèle unique n'est imposé. La DDPP locale peut orienter vers des guides produits par l'ITAVI ou les GDS.

Quelles obligations sanitaires liées à la salmonelle respecter ?

Le programme national de lutte contre les salmonelles s'applique à tout élevage détenant plus de 250 volailles de l'espèce Gallus gallus ou Meleagris gallopavo. Les agents recherchés sont notamment Salmonella Typhimurium, S. Enteritidis, S. Kentucky, S. Infantis, S. Hadar et S. Virchow.

Pour les poules pondeuses, le calendrier de prélèvements suit la logique suivante : un prélèvement est réalisé 4 semaines après la mise en place du troupeau (au plus tard à 24 semaines d'âge), puis des prélèvements sont renouvelés à intervalles de 15 semaines maximum pendant toute la période de production, et un dernier prélèvement est programmé dans une fenêtre définie avant la réforme du troupeau. Ce calendrier doit être respecté rigoureusement : un retard dans les prélèvements ou une absence de dépistage constitue une non-conformité réglementaire.
Calendrier dépistage salmonelles poules

Organiser les prélèvements, le DAP et l'envoi au laboratoire agréé

La logistique des prélèvements suit un enchaînement précis :
  • Les prélèvements (chaussettes, chiffonnettes ou fientes selon les modalités définies par le vétérinaire sanitaire) sont réalisés par le vétérinaire sanitaire ou sous sa responsabilité.
  • Le Document d'Accompagnement des Prélèvements (DAP) est établi, avec mention de l'INUAV de l'unité concernée. Ce document est souvent fourni par le GDS (Groupement de Défense Sanitaire) départemental ou un organisme équivalent.
  • Les prélèvements sont transmis au laboratoire agréé dans les 24 heures suivant la collecte, avec une tolérance jusqu'à 72 heures en cas d'envoi sous réfrigération.
  • Le laboratoire rend ses résultats dans les 96 heures. En cas de résultat positif, le vétérinaire sanitaire et la DDPP sont informés immédiatement pour décider des mesures à prendre, pouvant aller jusqu'à l'abattage du troupeau.

Quand faire appel au vétérinaire sanitaire pour son élevage ?

Le vétérinaire sanitaire est un acteur central de la conformité de l'élevage. Sa désignation est obligatoire pour les élevages de plus de 250 volailles, et elle doit être notifiée à la DDPP. Les formulaires cités dans les textes réglementaires varient selon les sources consultées : le Cerfa 15983 est mentionné dans certains extraits, le Cerfa 15981 dans d'autres. Il convient de vérifier auprès de la DDPP locale quel formulaire est actuellement valide.

Les missions du vétérinaire sanitaire dans un élevage de poules pondeuses comprennent :
  • La supervision et la réalisation des prélèvements salmonelles selon le calendrier réglementaire. La déclaration à l'administration de toute situation anormale signalée par l'éleveur. L'encadrement de la prophylaxie et des protocoles de traitement. La réalisation de la visite sanitaire aviaire tous les 2 ans. La transmission des données de visite via la téléprocédure à la direction départementale. L'élaboration ou la validation de protocoles de soins dans le cadre du suivi sanitaire.
  • La visite sanitaire aviaire est obligatoire pour tout élevage de plus de 250 volailles, avec une fréquence biennale. Elle est financée par l'État et gratuite pour l'éleveur. Elle n'est pas un contrôle officiel, mais un dispositif de prévention et de sensibilisation portant sur les locaux, la biosécurité, les registres et le bien-être animal. À l'issue de la visite, un formulaire signé par le vétérinaire et l'éleveur doit être conservé au moins 5 ans.

Désigner un vétérinaire sanitaire sans bloquer le calendrier de démarrage

La désignation doit intervenir avant la mise en place du premier lot, afin que le vétérinaire puisse organiser le premier prélèvement salmonelles à 4 semaines. La démarche se déroule ainsi :
Choisir un vétérinaire titulaire de l'habilitation sanitaire pour l'espèce et la filière concernées. Remplir et transmettre le formulaire de désignation à la DDPP (Cerfa 15983 ou 15981 selon département). Conserver l'accusé de réception comme preuve de déclaration. Intégrer le vétérinaire au plan sanitaire de l'exploitation en lui communiquant le plan de biosécurité et le registre d'élevage.
Attention : les numéros de formulaire cités varient selon les sources et les années de mise à jour. La DDPP locale fournit la référence actuellement en vigueur.

Mettre en place un protocole de signalement des anomalies sanitaires

L'éleveur est tenu de signaler au vétérinaire sanitaire toute situation anormale dès son constat. Les signaux à surveiller sont :
  • Une mortalité quotidienne dépassant les niveaux habituels du troupeau. Une chute de ponte inexpliquée supérieure à 5 % sur 2 jours consécutifs. Une baisse significative de consommation d'eau ou d'aliment. Des symptômes respiratoires, nerveux ou digestifs sur plusieurs animaux simultanément.
  • Pour les élevages de plus de 1 000 oiseaux, des critères d'alerte spécifiques liés au risque influenza aviaire sont définis par arrêté, et le signalement peut conduire à une intervention de la DDPP dans des délais très courts.

Quelles règles respecter pour vendre des œufs en direct ou en circuit professionnel ?

Les obligations liées à la commercialisation des œufs diffèrent selon l'effectif du troupeau et le circuit de vente emprunté. Le seuil de 250 poules pondeuses constitue le pivot principal, mais le mode de vente (directe ou indirecte) peut modifier les obligations même en dessous de ce seuil.
Arbre de décision vente œufs
Situation Effectif Marquage des œufs Centre d'emballage agréé Démarche principale Interlocuteur
Vente directe sur site de production Moins de 250 poules Non obligatoire sur site Non requis Déclaration Cerfa 15296 DDPP / DDETSPP
Vente directe hors site (marché, colportage, AMAP) dans rayon 80 km Moins de 250 poules Obligatoire à l'encre alimentaire Non requis Déclaration Cerfa 15296 + code producteur DDPP / DDETSPP
Vente indirecte (commerce, restaurateur, GMS) Tout effectif Obligatoire Obligatoire Agrément centre d'emballage + code centre DDPP + EDE
Élevage de 250 poules ou plus avec vente indirecte 250 poules et plus Obligatoire Obligatoire Programme complet (INUAV, VS, salmonelles, agrément) DDPP + EDE + VS
Situation : Vente directe sur site de production
Effectif Moins de 250 poules
Marquage des œufs Non obligatoire sur site
Centre d'emballage agréé Non requis
Démarche principale Déclaration Cerfa 15296
Interlocuteur DDPP / DDETSPP
Situation : Vente directe hors site (marché, colportage, AMAP) dans rayon 80 km
Effectif Moins de 250 poules
Marquage des œufs Obligatoire à l'encre alimentaire
Centre d'emballage agréé Non requis
Démarche principale Déclaration Cerfa 15296 + code producteur
Interlocuteur DDPP / DDETSPP
Situation : Vente indirecte (commerce, restaurateur, GMS)
Effectif Tout effectif
Marquage des œufs Obligatoire
Centre d'emballage agréé Obligatoire
Démarche principale Agrément centre d'emballage + code centre
Interlocuteur DDPP + EDE
Situation : Élevage de 250 poules ou plus avec vente indirecte
Effectif 250 poules et plus
Marquage des œufs Obligatoire
Centre d'emballage agréé Obligatoire
Démarche principale Programme complet (INUAV, VS, salmonelles, agrément)
Interlocuteur DDPP + EDE + VS

Obtenir le code producteur et organiser le marquage des œufs

Le code producteur est attribué par la DDPP ou DDETSPP, et sa structure est normalisée : le premier chiffre indique le mode d'élevage (0 = biologique, 1 = plein air, 2 = au sol, 3 = en cage), suivi du code pays (FR), puis d'un identifiant attribué à l'éleveur.
Pour les producteurs en vente directe avec moins de 250 poules, la déclaration s'effectue via le Cerfa 15296 (télédéclaration ou papier selon département). Pour les élevages de 250 poules ou plus avec vente via un centre d'emballage, le code est obtenu auprès de l'EDE (Établissement Départemental de l'Élevage) en lien avec la DDPP.
Les informations à préparer pour cette demande comprennent : l'INUAV, le mode d'élevage pratiqué (plein air, au sol, bio, cage enrichie), l'effectif du troupeau, les coordonnées de l'exploitation et le SIRET.
Le marquage s'effectue à l'encre alimentaire sur la coquille de chaque œuf. Il doit être lisible et indélébile. En vente directe sur le site de production uniquement, le marquage n'est pas obligatoire, mais l'affichage de la date de ponte et du mode d'élevage doit être visible pour le consommateur.

Variation selon département : certains départements attribuent le code via la DDETSPP directement, d'autres via l'EDE ou un organisme délégué. Il convient de vérifier la procédure locale.

Savoir quand un centre d'emballage devient nécessaire et quelles démarches suivre

Un centre d'emballage agréé est requis dès que les œufs transitent par un intermédiaire avant d'atteindre le consommateur final, ou dès que l'élevage atteint 250 poules pondeuses et commercialise en dehors de la vente directe. Le centre peut être exploité par l'éleveur lui-même, une coopérative ou un groupement.
La demande d'agrément suit les étapes suivantes :
  • Prise de contact avec la DDPP pour connaître les attentes locales et obtenir le dossier de demande. 
  • Conception d'un local conforme (zones séparées réception/mirage/calibrage/emballage/stockage, matériaux lavables, lave-mains, marche en avant des flux). 
  • Élaboration d'un Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS) intégrant une logique HACCP, avec procédures de nettoyage-désinfection, traçabilité et autocontrôles. 
  • Dépôt du dossier comprenant les plans du local, les procédures, la description de l'activité et le formulaire Cerfa prévu pour les établissements agroalimentaires. Inspection préalable par les services vétérinaires avant l'attribution du code centre.
Le délai d'instruction est de 2 à 4 mois en moyenne selon les départements. Il est conseillé de lancer cette démarche bien avant l'ouverture commerciale de l'atelier.

Quels organismes contacter pour les démarches d’un élevage de poules pondeuses ?

Chaque démarche dispose d'un interlocuteur précis. Un mauvais aiguillage peut retarder l'obtention d'un INUAV, d'un code producteur ou d'un agrément.
  • La DDPP ou DDETSPP est l'interlocuteur central : déclaration d'activité, attribution INUAV, désignation vétérinaire sanitaire, agrément centre d'emballage, code producteur en vente directe, signalement sanitaire. À contacter en premier dès la conception du projet.
  • La DAAF remplace la DDPP dans les départements et régions d'outre-mer pour les mêmes fonctions.
  • La préfecture est compétente pour les déclarations ICPE (installations classées) à partir de 5 000 animaux équivalents. À contacter dès lors que l'élevage atteint les seuils concernés.
  • La mairie est compétente pour la déclaration des détenteurs non commerciaux (basse-cour). Pour les projets professionnels, elle peut aussi être consultée pour le règlement sanitaire départemental (RSD) applicable aux distances des bâtiments par rapport aux habitations.
  • Le vétérinaire sanitaire est à désigner avant le premier lot. Il réalise les prélèvements salmonelles, les visites sanitaires aviaires et signale toute anomalie à la DDPP. À contacter pour définir le protocole de suivi sanitaire avant la mise en place.
  • Le laboratoire agréé reçoit les prélèvements salmonelles avec le DAP. La liste des laboratoires agréés est disponible auprès de la DDPP ou du GDS départemental. À contacter pour organiser la logistique (délais d'acheminement, matériel de prélèvement).
  • L'EDE (Établissement Départemental de l'Élevage) intervient pour l'attribution du code producteur dans certains cas, notamment pour les élevages de 250 poules ou plus avec vente via centre d'emballage. À contacter en lien avec la DDPP.
  • Le GDS (Groupement de Défense Sanitaire) ou FRGDS accompagne l'éleveur dans l'organisation des dépistages salmonelles, la fourniture des DAP et les démarches liées à la charte sanitaire volailles. À contacter pour organiser le premier calendrier de prélèvements.
  • Le centre d'emballage agréé est l'interlocuteur commercial pour la mise en marché des œufs via des circuits indirects. Si l'éleveur ne dispose pas de son propre centre, il peut contracter avec un centre existant.
Démarche Qui contacter Quand Documents à préparer Délai clé Variation locale possible
Déclaration d'activité et INUAV DDPP / DDETSPP / DAAF Avant mise en place Cerfa 13989 ou déclaration libre, SIRET, coordonnées bâtiments Avant tout mouvement Cerfa ou déclaration libre selon département
Déclaration ICPE si applicable Préfecture Avant construction ou ouverture Dossier ICPE selon seuil (déclaration, enregistrement ou autorisation) Selon seuil (5 000 à 40 000 emplacements) Seuils et procédures précisés en préfecture
Désignation vétérinaire sanitaire DDPP Avant premier lot Cerfa 15983 ou 15981 selon département Avant premier prélèvement salmonelles Référence Cerfa variable
Formation biosécurité Organisme de formation agréé (avec VIVEA) Avant ouverture de l'atelier Attestation de formation 7 heures de formation à prévoir Tarif 50 € VIVEA ou 250 € plein tarif
Rédaction plan de biosécurité Interne, avec appui GDS / ITAVI Avant mise en place Plan formalisé, registre des entrées, plan ND Évaluation annuelle par organisme tiers Guides départementaux variables
Demande code producteur (vente directe) DDPP / DDETSPP ou EDE Avant première vente Cerfa 15296, INUAV, mode d'élevage À faire avant ouverture commerciale Attribution par DDPP ou EDE selon département
Agrément centre d'emballage DDPP Avant vente indirecte Plans, PMS/HACCP, Cerfa établissement agroalimentaire 2 à 4 mois d'instruction Exigences locales à valider
Déclaration de mouvement (mise en place) BD Avicole, ATM ou DDPP À chaque mise en place INUAV, effectif, date, origine 7 jours (48 h en crise IA) Canal selon filière et département
Premier prélèvement salmonelles Vétérinaire sanitaire + labo agréé 4 semaines après mise en place DAP, matériel de prélèvement, INUAV Transmission labo sous 24 h (72 h max réfrigéré) DAP fourni par GDS selon département
Prélèvements salmonelles suivants Vétérinaire sanitaire + labo agréé Toutes les 15 semaines DAP, INUAV Résultats sous 96 h Calendrier à valider avec VS
Visite sanitaire aviaire Vétérinaire sanitaire Tous les 2 ans Registre d'élevage, plan biosécurité Gratuite, financée par l'État Thème de visite peut varier selon campagne nationale
Tenue du registre d'élevage Éleveur En continu Registre (support libre) Conservation 5 ans Pas de modèle imposé
Démarche : Déclaration d'activité et INUAV
Qui contacter DDPP / DDETSPP / DAAF
Quand Avant mise en place
Documents à préparer Cerfa 13989 ou déclaration libre, SIRET, coordonnées bâtiments
Délai clé Avant tout mouvement
Variation locale possible Cerfa ou déclaration libre selon département
Démarche : Déclaration ICPE si applicable
Qui contacter Préfecture
Quand Avant construction ou ouverture
Documents à préparer Dossier ICPE selon seuil (déclaration, enregistrement ou autorisation)
Délai clé Selon seuil (5 000 à 40 000 emplacements)
Variation locale possible Seuils et procédures précisés en préfecture
Démarche : Désignation vétérinaire sanitaire
Qui contacter DDPP
Quand Avant premier lot
Documents à préparer Cerfa 15983 ou 15981 selon département
Délai clé Avant premier prélèvement salmonelles
Variation locale possible Référence Cerfa variable
Démarche : Formation biosécurité
Qui contacter Organisme de formation agréé (avec VIVEA)
Quand Avant ouverture de l'atelier
Documents à préparer Attestation de formation
Délai clé 7 heures de formation à prévoir
Variation locale possible Tarif 50 € VIVEA ou 250 € plein tarif
Démarche : Rédaction plan de biosécurité
Qui contacter Interne, avec appui GDS / ITAVI
Quand Avant mise en place
Documents à préparer Plan formalisé, registre des entrées, plan ND
Délai clé Évaluation annuelle par organisme tiers
Variation locale possible Guides départementaux variables
Démarche : Demande code producteur (vente directe)
Qui contacter DDPP / DDETSPP ou EDE
Quand Avant première vente
Documents à préparer Cerfa 15296, INUAV, mode d'élevage
Délai clé À faire avant ouverture commerciale
Variation locale possible Attribution par DDPP ou EDE selon département
Démarche : Agrément centre d'emballage
Qui contacter DDPP
Quand Avant vente indirecte
Documents à préparer Plans, PMS/HACCP, Cerfa établissement agroalimentaire
Délai clé 2 à 4 mois d'instruction
Variation locale possible Exigences locales à valider
Démarche : Déclaration de mouvement (mise en place)
Qui contacter BD Avicole, ATM ou DDPP
Quand À chaque mise en place
Documents à préparer INUAV, effectif, date, origine
Délai clé 7 jours (48 h en crise IA)
Variation locale possible Canal selon filière et département
Démarche : Premier prélèvement salmonelles
Qui contacter Vétérinaire sanitaire + labo agréé
Quand 4 semaines après mise en place
Documents à préparer DAP, matériel de prélèvement, INUAV
Délai clé Transmission labo sous 24 h (72 h max réfrigéré)
Variation locale possible DAP fourni par GDS selon département
Démarche : Prélèvements salmonelles suivants
Qui contacter Vétérinaire sanitaire + labo agréé
Quand Toutes les 15 semaines
Documents à préparer DAP, INUAV
Délai clé Résultats sous 96 h
Variation locale possible Calendrier à valider avec VS
Démarche : Visite sanitaire aviaire
Qui contacter Vétérinaire sanitaire
Quand Tous les 2 ans
Documents à préparer Registre d'élevage, plan biosécurité
Délai clé Gratuite, financée par l'État
Variation locale possible Thème de visite peut varier selon campagne nationale
Démarche : Tenue du registre d'élevage
Qui contacter Éleveur
Quand En continu
Documents à préparer Registre (support libre)
Délai clé Conservation 5 ans
Variation locale possible Pas de modèle imposé

FAQ

À partir de combien de poules les obligations sanitaires s'appliquent-elles ?

Le seuil de 250 poules pondeuses déclenche les obligations principales : programme salmonelles avec prélèvements tous les 15 semaines, désignation obligatoire d'un vétérinaire sanitaire et visite sanitaire aviaire tous les 2 ans. En dessous de ce seuil, les obligations allègent mais ne disparaissent pas : déclaration d'activité à la DDPP si la vente est commerciale, registre d'élevage et biosécurité restent obligatoires.

Comment obtenir le code producteur pour marquer les œufs ?

Pour une vente directe avec moins de 250 poules, le code producteur est attribué par la DDPP ou DDETSPP après dépôt du Cerfa 15296. Pour un élevage de 250 poules ou plus avec vente via un centre d'emballage, le code est obtenu en lien avec l'EDE. La procédure exacte varie selon le département et il est recommandé de contacter la DDPP locale en premier.

Est-il obligatoire de désigner un vétérinaire sanitaire pour un petit élevage ?

La désignation d'un vétérinaire sanitaire est obligatoire pour les élevages de plus de 250 volailles. En dessous de ce seuil, cette désignation n'est pas imposée réglementairement dans la plupart des cas, mais il reste conseillé d'en avoir un pour organiser le suivi sanitaire de l'atelier et gérer les situations anormales.

Quel est le calendrier des prélèvements salmonelles pour les poules pondeuses ?

Le premier prélèvement est réalisé 4 semaines après la mise en place du troupeau (et au plus tard à 24 semaines d'âge). Les prélèvements suivants interviennent toutes les 15 semaines maximum pendant toute la production. Un dernier prélèvement est planifié avant la réforme du troupeau. Les analyses sont réalisées par un laboratoire agréé, avec envoi des prélèvements sous 24 heures (72 heures si réfrigérés).

Quel délai pour déclarer une mise en place ou une sortie de bande ?

Le délai standard est de 7 jours après le mouvement. En période de risque élevé d'influenza aviaire déclaré par les autorités, ce délai est réduit à 48 heures. La déclaration s'effectue via BD Avicole pour les pondeuses, ou via Cerfa 13990 en version papier si la télédéclaration n'est pas possible.

La visite sanitaire aviaire coûte-t-elle quelque chose à l'éleveur ?

La visite sanitaire aviaire est financée par l'État et est gratuite pour l'éleveur. Elle est réalisée par le vétérinaire sanitaire de l'élevage tous les 2 ans pour les élevages de plus de 250 volailles. Le vétérinaire est indemnisé par l'administration selon un tarif fixé en AMV (actes médicaux vétérinaires).

Les règles sont-elles identiques dans tous les départements ?

Non. Les modalités de déclaration (Cerfa ou déclaration libre), les canaux de télédéclaration, les procédures d'attribution du code producteur et les contacts locaux varient selon les DDPP et DDETSPP. Les seuils réglementaires nationaux sont uniformes, mais leur mise en œuvre pratique peut différer. Il est systématiquement recommandé de contacter la DDPP du département concerné pour valider les procédures applicables avant d'engager les démarches.
Demandez conseil à nos vendeurs.
1 minute pour décrire votre besoin. 24h pour obtenir des devis compétitifs.
Faire une demande groupée (1min)
Sélectionnez votre structure si elle s’affiche :
Ma structure n’est pas dans la liste