CONSEIL D'EXPERT

Quel flexible pour une zone ATEX ?

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💡 À retenir :
  • Un flexible ATEX adapté à une zone donnée exige de croiser quatre paramètres obligatoires : la zone (0/1/2 pour les gaz, 20/21/22 pour les poussières), la catégorie ou l'EPL correspondant, le groupe de substance (IIA/IIB/IIC ou IIIA/IIIB/IIIC) et la classe de température (T1 à T6 pour les gaz, température maximale de surface en °C pour les poussières).
  • Un flexible seul ne rend pas une installation conforme : l'assemblage complet (flexible + raccords + colliers + liaison équipotentielle + procédure d'installation et d'inspection) détermine le niveau de sécurité réel.
  • La continuité électrique de l'ensemble assemblé doit être mesurée et documentée ; la résistance de la boucle de dissipation vers la terre doit rester inférieure à 10 ohms selon les référentiels usuels.
  • En zone ATEX 21 avec poussières conductrices (groupe IIIC), un indice IP6X est requis sur l'enveloppe ; IP5X peut s'appliquer en zone 21 pour les groupes IIIA, mais l'indice IP n'est pas une certification ATEX.
  • Le marquage ATEX doit être cohérent avec le certificat (numéro, catégorie, groupe, classe T) ; en cas de projet international, une double certification ATEX + IECEx facilite l'acceptation hors Union européenne sans équivalence automatique.
  • Tout choix doit être validé par le responsable HSE ou ATEX du site, en cohérence avec le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE) établi par l'exploitant.
Choisir un tuyau flexible industriel antistatique adapté à une atmosphère potentiellement explosive engage la sécurité des personnes, la conformité réglementaire et la continuité opérationnelle du site. La directive 2014/34/UE (ATEX 114) encadre la conception et la mise sur le marché des équipements ; la directive 1999/92/CE (ATEX 153) impose à l'exploitant d'établir le zonage, d'évaluer les risques et de rédiger le DRPCE. Ces deux textes définissent des responsabilités distinctes : le fabricant fournit le marquage, la notice et les certificats ; l'exploitant choisit l'équipement compatible avec sa zone et ses substances, installe correctement et maintient la conformité dans le temps.
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Quels critères ATEX pour choisir un flexible ?

Gaz vs poussière sur flexible ATEX

Différences opérationnelles entre gaz-vapeurs et poussières

Un flexible destiné à une atmosphère gazeuse n'est pas automatiquement adapté à un environnement poussiéreux. La lettre G (Gas) ou D (Dust) dans le marquage établit cette frontière. Pour les gaz et vapeurs inflammables, le risque provient du mélange air-substance en phase gazeuse ; l'étanchéité du flexible doit empêcher toute fuite susceptible d'alimenter une atmosphère explosive.
Pour les poussières, le problème est double. D'abord, les dépôts et couches de poussières sur un flexible ou ses raccords peuvent former un nuage explosif si elles sont remises en suspension. Ensuite, les poussières conductrices (groupe IIIC) augmentent le risque de décharge électrostatique. Concrètement, cela implique :
  • Un indice IP plus exigeant pour limiter l'accumulation de poussières sur et dans le tuyau flexible.
  • Une température maximale de surface à calculer différemment selon le type de poussière présent.
  • Des inspections plus fréquentes pour contrôler les dépôts sur les interfaces de raccordement.
  • Un nettoyage régulier et maîtrisé pour éviter la formation de nuages lors des opérations d'entretien.
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Rôle des directives et responsabilités site-fabricant

La directive 2014/34/UE s'applique au fabricant du flexible et de l'assemblage : il lui incombe d'apporter le marquage CE, la déclaration UE de conformité, la notice et, selon la catégorie, un certificat d'un organisme notifié. La directive 1999/92/CE s'applique à l'exploitant : il établit le zonage, rédige le DRPCE et choisit les équipements dont la catégorie correspond aux zones identifiées.
> Point de vigilance : Un fournisseur peut aider à identifier un flexible techniquement adapté, mais il ne se substitue pas à l'analyse de risque du site. La conformité d'une installation ATEX résulte de l'ensemble flexible + raccords + mise à la terre + procédure d'installation et d'inspection, pas du seul composant flexible.
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Quelle catégorie de flexible selon la zone ATEX ?

Correspondances zones gaz et catégories-EPL associées

Le zonage gaz distingue trois niveaux de probabilité de présence d'une atmosphère explosive. 
  • La zone 0 correspond à une présence permanente ou de longue durée ; elle exige des équipements de catégorie 1G avec un EPL Ga (très haut niveau de protection). 
  • La zone 1 admet une présence occasionnelle en fonctionnement normal : catégorie 2G, EPL Gb. 
  • La zone 2 correspond à une présence peu probable et de courte durée, avec des équipements de catégorie 3G, EPL Gc.
Un équipement certifié pour une zone plus contraignante peut être utilisé dans une zone moins exigeante (un 1G/Ga convient en zone 1 et zone 2), à condition que la notice du fabricant le permette explicitement.

Correspondances zones poussières et catégories-EPL associées

Le même principe s'applique aux poussières. 
  • La zone 20 (présence permanente) requiert la catégorie 1D, EPL Da. 
  • La zone 21 (présence occasionnelle) admet la catégorie 2D, EPL Db. 
  • La zone 22 (présence peu probable) correspond à la catégorie 3D, EPL Dc. 
Les couches et dépôts de poussières sur les équipements sont à considérer comme des sources potentielles d'atmosphère explosive : un flexible posé en zone 22 peut être exposé à des dépôts qui créent localement un risque de niveau zone 21.
Zones et catégorie du flexible ATEX
Zone Catégorie / EPL Exemples d'emplacements Points de vigilance
Zone 0 1G / Ga Intérieur de réservoirs, canalisations fermées, cuves de solvants Continuité électrique maximale, certification organisme notifié obligatoire
Zone 1 2G / Gb Proximité ouvertures de remplissage, évents, fosses et caniveaux Vérifier groupe gaz et classe T sur marquage, raccords certifiés
Zone 2 3G / Gc Zones autour des zones 0/1, brides, vannes, connexions Auto-certification fabricant possible (cat. 3), vérifier tout de même les documents
Zone 20 1D / Da Intérieur de silos, convoyeurs pneumatiques, sécheurs IP6X requis, température de surface à calculer selon nuage et couche
Zone 21 2D / Db Points de remplissage/vidange poudre, zones de dépôts actifs IP6X (IIIB/IIIC) ou IP5X (IIIA), gestion des dépôts sur raccords
Zone 22 3D / Dc Ateliers de broyage avec dépôts, voisinage d'équipements poussiéreux IP5X minimum (IIIA/IIIB), IP6X pour IIIC ; contrôles visuels réguliers
Zone : Zone 0
Catégorie / EPL 1G / Ga
Exemples d'emplacements Intérieur de réservoirs, canalisations fermées, cuves de solvants
Points de vigilance Continuité électrique maximale, certification organisme notifié obligatoire
Zone : Zone 1
Catégorie / EPL 2G / Gb
Exemples d'emplacements Proximité ouvertures de remplissage, évents, fosses et caniveaux
Points de vigilance Vérifier groupe gaz et classe T sur marquage, raccords certifiés
Zone : Zone 2
Catégorie / EPL 3G / Gc
Exemples d'emplacements Zones autour des zones 0/1, brides, vannes, connexions
Points de vigilance Auto-certification fabricant possible (cat. 3), vérifier tout de même les documents
Zone : Zone 20
Catégorie / EPL 1D / Da
Exemples d'emplacements Intérieur de silos, convoyeurs pneumatiques, sécheurs
Points de vigilance IP6X requis, température de surface à calculer selon nuage et couche
Zone : Zone 21
Catégorie / EPL 2D / Db
Exemples d'emplacements Points de remplissage/vidange poudre, zones de dépôts actifs
Points de vigilance IP6X (IIIB/IIIC) ou IP5X (IIIA), gestion des dépôts sur raccords
Zone : Zone 22
Catégorie / EPL 3D / Dc
Exemples d'emplacements Ateliers de broyage avec dépôts, voisinage d'équipements poussiéreux
Points de vigilance IP5X minimum (IIIA/IIIB), IP6X pour IIIC ; contrôles visuels réguliers

Quels groupes gaz et poussières vérifier en ATEX ?

Groupes gaz IIA, IIB, IIC et règle de couverture

Les groupes de gaz classent les substances selon leur énergie minimale d'inflammation et leur pression maximale d'explosion. Le groupe IIA rassemble les gaz les moins exigeants (propane, butane) ; IIB couvre notamment l'éthylène ; IIC englobe les substances les plus dangereuses comme l'hydrogène et l'acétylène.
La règle de couverture est simple : un flexible certifié IIC convient pour des atmosphères IIB et IIA, mais pas l'inverse. Lorsque la nature exacte du gaz présent sur le site est incertaine, ou lorsqu'un produit IIC peut être présent même occasionnellement, il convient d'exiger le groupe IIC sur le marquage. Cette exigence se formule clairement au fournisseur : « groupe de gaz IIC minimum, à préciser sur le certificat et le marquage ». Le marquage ATEX indique le groupe directement, comme dans l'exemple : II 2G Ex db IIC T4 Gb.

Groupes poussières IIIA, IIIB, IIIC et couverture

Pour les poussières, IIIA couvre les particules et fibres combustibles, IIIB les poussières non conductrices (farine, amidon), et IIIC les poussières conductrices comme la poudre d'aluminium ou le zinc. Un équipement certifié IIIC couvre les groupes IIIB et IIIA, mais l'inverse n'est pas valide.
Les poussières conductrices (IIIC) imposent une étanchéité plus stricte (IP6X dans la plupart des zones) et une attention accrue aux interfaces de raccordement, car elles peuvent créer des chemins de conduction non souhaités. Lors de la commande, indiquer précisément la nature de la poussière au fournisseur, y compris sa conductivité électrique.
tuyau flexible atex

Quelle température de surface pour un flexible ATEX ?

Classes de température T1 à T6 et valeurs


Les classes de température définissent la température maximale de surface que l'équipement peut atteindre, à comparer à la température d'auto-inflammation de la substance présente. Les valeurs sont :
  • T1 : 450 °C
  • T2 : 300 °C
  • T3 : 200 °C
  • T4 : 135 °C
  • T5 : 100 °C
  • T6 : 85 °C
La règle de sélection est la suivante : la température de surface de l'équipement doit rester inférieure à la température d'auto-inflammation de la substance atmosphérique présente. Un gaz dont la température d'auto-inflammation est de 200 °C impose au minimum une classe T3 sur l'équipement. Plus le chiffre après le T est élevé, plus la contrainte est sévère.

Règles usuelles de prudence pour poussières

Pour les zones poussières, la température maximale admissible de surface n'utilise pas les classes T mais une valeur exprimée directement en degrés Celsius. Deux approches courantes guident le calcul :
  • Pour un nuage de poussières : la température de surface doit rester inférieure aux deux tiers (2/3) de la température d'auto-inflammation du nuage.
  • Pour une couche de poussières de 5 mm : la limite est généralement fixée à la température d'inflammation de la couche diminuée de 75 °C.
Ces règles constituent des repères couramment utilisés, non une prescription universelle. Leur application doit être validée par le HSE ou l'ATEX coordinateur du site, en tenant compte des substances réelles, de leurs conditions de dépôt et des épaisseurs de couches observées.

Sources d'échauffement sur un flexible et raccords

Un tuyau flexible alimentaire ou un tuyau pharmaceutique en service génère ou concentre de la chaleur par plusieurs mécanismes qu'il faut anticiper lors de la sélection :
  • La friction interne du fluide (notamment à haute pression et haute vitesse d'écoulement).
  • L'échauffement transmis par la pompe ou le compresseur en amont.
  • Les flexions répétées qui sollicitent l'armature et le tube intérieur.
  • Les frottements externes contre des surfaces fixes (tuyauteries, structures métalliques).
  • La proximité de sources chaudes (vannes vapeur, échangeurs, tuyauteries haute température).
Pour réduire ces risques, il convient de respecter les rayons de courbure minimaux du fabricant, de placer des gaines de protection thermique lorsque des surfaces chaudes se trouvent à proximité, et d'assurer un routage qui évite tout contact frottant.
Sources chaleur d'un flexible ATEX

Pourquoi éviter l’électricité statique en zone ATEX ?

Charges électrostatiques lors de transferts et aspirations

Lors du transfert de liquides inflammables (solvants, hydrocarbures) ou d'aspirations de poudres combustibles, le mouvement du fluide ou des particules contre la paroi interne du flexible génère des charges électrostatiques par friction. La vitesse d'écoulement, la nature isolante de certains matériaux polymères et l'absence de chemin de dissipation concentrent ces charges jusqu'à ce qu'une décharge se produise sous forme d'étincelle. Dans une zone ATEX 1, zone ATEX 2, ou en zone 21/22 avec poussières, cette étincelle peut constituer une source d'inflammation suffisante pour déclencher une explosion. Ce risque est particulièrement élevé lors du chargement et du déchargement de camions-citernes, du remplissage de cuves et de la manutention de poudres en vrac.

Flexibles dissipatifs et continuité de l'assemblage complet

Un flexible dit « antistatique » ou « dissipatif » intègre dans sa structure des composants permettant de dissiper les charges électrostatiques vers un point de terre. Cette propriété peut résulter d'une âme en PTFE chargé carbone (noir), d'un renfort métallique conducteur (tresse ou spirale acier) ou d'un matériau composite conducteur. Cependant, la propriété du flexible seul ne suffit pas.
La continuité électrique doit être assurée sur l'ensemble de l'assemblage selon la logique suivante :
  • Le tube intérieur du flexible doit être dissipatif ou conducteur.
  • Le renfort (tresse ou spirale) assure la continuité sur toute la longueur.
  • Les raccords aux deux extrémités doivent être électriquement connectés à l'armature, sans rupture par joint isolant ou adaptateur non conducteur.
  • Les colliers de montage ou la connexion de raccordement doivent relier l'assemblage à la liaison équipotentielle du site.
Toute coupure dans cette chaîne, qu'elle soit due à un joint PTFE isolant, à un adaptateur plastique ou à un raccord mal serré, annule l'effet antistatique de l'ensemble.
Continuité électrique flexible ATEX

Données à demander et essais à réception

Lors de la commande et à la réception d'un flexible assemblé destiné à une zone ATEX, les éléments suivants doivent être obtenus et vérifiés :
  • La méthode d'essai utilisée pour mesurer la résistance électrique de l'assemblage (entre les deux extrémités).
  • La valeur de résistance mesurée et garantie, à comparer au seuil requis (inférieure à 10 ohms selon les référentiels usuels comme IEC 60079-32-1).
  • Une attestation ou un rapport d'essai de continuité par lot ou par assemblage, selon le niveau d'exigence du site.
  • La traçabilité du lot (matière première, date de fabrication, opérateur de montage).
  • La périodicité recommandée par le fabricant pour la re-mesure en service.
La mise à la terre du flexible assemblé doit être vérifiée après chaque montage et après toute intervention de maintenance affectant la connexion.

Quels critères techniques pour un flexible ATEX ?

Compatibilité chimique fluide-matière et perméation

La résistance chimique du tube intérieur conditionne l'intégrité d'un tuyau d'aspiration ou autre flexible sur le long terme. Un flexible nitrile convient bien aux hydrocarbures aliphatiques et aux huiles minérales, mais résiste mal aux solvants aromatiques et aux esters. Un flexible PTFE offre une inertie chimique très élevée (acides, solvants, bases) mais son assemblage doit intégrer une version chargée carbone pour assurer la propriété antistatique. Les risques à anticiper sont :
  • Le gonflement du tube intérieur, qui réduit le diamètre utile et peut décoller l'âme du renfort.
  • La fissuration ou la fragilisation provoquée par des solvants agressifs, invisible de l'extérieur.
  • La perméation de substances inflammables à travers la paroi, qui peut alimenter une atmosphère explosive autour du flexible.
  • La contamination du fluide transféré par migration de plastifiants ou d'additifs du polymère.

Pression, température et renforts mécaniques adaptés

Le flexible doit être dimensionné pour la pression maximale de service, y compris les pics de pression et les coups de bélier. Un coefficient de sécurité de 4 entre la pression de service et la pression d'éclatement est habituel ; il peut descendre à 3,15 en l'absence d'à-coups confirmée. Pour les applications en dépression (aspiration), une spirale métallique interne maintient la section ouverte. Les points de décision à couvrir sont :
  • La pression nominale et la pression maximale admissible du flexible assemblé.
  • La plage de température de service, en sachant qu'une utilisation simultanée à la pression maximale et à la température maximale réduit significativement la durée de vie.
  • Le type de renfort : tresse acier pour les pressions modérées avec bonne flexibilité, spirale acier pour les hautes pressions et la tenue en dépression.
  • La compatibilité du renfort métallique avec la fonction antistatique (un renfort acier conducteur contribue à la continuité électrique).

Abrasion, rayon de courbure et contraintes d'installation

Les contraintes mécaniques déterminent la durée de vie réelle du flexible en zone ATEX. Un rayon de courbure inférieur au minimum recommandé par le fabricant provoque des microcraquelures de l'armature et du tube intérieur, qui peuvent créer des fuites ou rompre la continuité électrique. Les erreurs techniques à éviter absolument en installation sont d'utiliser le flexible sous torsion (qui dégrade rapidement l'armature), de le laisser traîner sur des surfaces abrasives sans gaine de protection, de l'écraser sous un passage de véhicule, ou de tirer dessus dans un axe désaxé par rapport aux raccords.

Choix des raccords compatibles et continuité assurée


Les raccords font partie intégrante de l'équipement et leur conformité ATEX doit être vérifiée au même titre que celle du flexible. Les points à contrôler lors de la sélection et du montage incluent :
  • La compatibilité chimique du matériau du raccord (acier inoxydable, laiton, aluminium selon la substance).
  • L'étanchéité au niveau de la connexion pour éviter toute fuite pouvant alimenter l'atmosphère explosive.
  • La continuité électrique entre le raccord et l'armature du flexible, sans coupure par des adaptateurs isolants.
  • Le sertissage correct, qui conditionne à la fois l'étanchéité et le contact électrique.
L'assemblage complet (flexible + raccords) compte autant que le tuyau flexible seul dans l'évaluation de la conformité.

Quel marquage vérifier sur un flexible ATEX ?

Lecture du marquage zone, groupe, température, IP

Le marquage ATEX d'un flexible ou d'un assemblage se lit en séquence, en vérifiant chaque champ :
  • Le marquage CE et, le cas échéant, le numéro de l'organisme notifié (obligatoire pour les catégories 1 et 2).
  • Le groupe d'équipement (II pour les industries de surface).
  • La catégorie (1, 2 ou 3) suivie de G (gaz) ou D (poussières).
  • Le sigle Ex et le mode de protection.
  • Le groupe de gaz (IIA, IIB ou IIC) ou de poussières (IIIA, IIIB ou IIIC).
  • La classe de température T1 à T6 (gaz) ou la température maximale de surface en °C (poussières).
  • L'EPL (Ga, Gb, Gc, Da, Db ou Dc).
  • Le numéro de certificat, cohérent avec les documents fournis.

Vigilance contrefaçon et incohérences fréquentes

Plusieurs signaux d'alerte indiquent un problème de conformité documentaire des tuyaux flexibles ATEX :
  • Le marquage est absent, incomplet ou illisible sur le flexible ou l'assemblage.
  • Le numéro de certificat ne correspond pas au produit décrit dans la déclaration de conformité.
  • La déclaration de conformité n'est pas signée ou porte une date antérieure à la révision du produit.
  • Le mode de protection indiqué dans le marquage est incohérent avec la catégorie annoncée.
  • Les documents sont fournis en langue étrangère sans traduction, ou sur un support non professionnel.
  • Le certificat provient d'un organisme non référencé dans la base officielle de la Commission européenne (NANDO).

Différences ATEX et IECEx dans un projet

La certification ATEX est obligatoire pour la mise sur le marché dans l'Espace économique européen. La certification IECEx est un schéma international volontaire, reconnu notamment en Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour et Inde, entre autres. Les deux systèmes partagent la même base technique normative (famille IEC/EN 60079) depuis 2005, et un rapport d'essai IECEx peut servir de base pour obtenir une certification ATEX, mais l'inverse n'est pas symétrique. Pour un projet multi-pays, une double certification ATEX + IECEx simplifie les démarches d'homologation locale sans constituer une garantie universelle automatique.

Quel indice IP choisir en zone ATEX ?

Différence entre indice IP et conformité ATEX

L'indice IP, défini par la norme IEC/EN 60529, caractérise le niveau de protection de l'enveloppe contre l'intrusion de corps solides et de liquides. Un flexible ou un raccord peut afficher IP67 et ne pas être certifié ATEX : IP n'est pas une certification ATEX et ne s'y substitue pas. L'erreur fréquente consiste à sélectionner un équipement sur la base de son indice IP en supposant qu'il convient à une zone poussiéreuse ATEX. Un équipement étanche aux poussières peut tout à fait accumuler des charges électrostatiques dangereuses, ne pas correspondre à la catégorie requise ou ne pas avoir été certifié pour la zone concernée.
Zone poussières Groupe de poussières Indice IP requis
Zone 20 IIIA, IIIB, IIIC IP6X
Zone 21 IIIB et IIIC IP6X
Zone 21 IIIA IP5X
Zone 22 IIIC IP6X
Zone 22 IIIA et IIIB IP5X
Ces repères sont cohérents avec les exigences issues de la famille de normes IEC/EN 60079 appliquées aux équipements de protection par enveloppe (mode Ex t). Ils doivent être confirmés par la notice du fabricant et le certificat du produit sélectionné.

Impacts IP sur le choix et la maintenance du flexible

L'indice IP a des conséquences directes sur les opérations de maintenance :
  • Un flexible ou ses accessoires affichant IP5X tolèrent une pénétration limitée de poussières : les interfaces de raccordement doivent être inspectées régulièrement pour s'assurer qu'aucun dépôt conducteur ne s'est accumulé.
  • Un indice IP6X garantit l'étanchéité totale aux poussières, mais cette étanchéité se dégrade avec le vieillissement des joints et des interfaces : les contrôles visuels portent aussi sur l'état des joints de raccordement.
  • Le nettoyage doit utiliser des méthodes compatibles avec le niveau IP (jet d'eau, nettoyage haute pression) sans dépasser les conditions d'essai pour lesquelles l'indice a été établi.

Comment installer un flexible en zone ATEX ?

Routage, protection mécanique et respect du rayon minimal

L'installation d'un tuyau flexible antistatique en zone ATEX conditionne directement son efficacité et sa durée de vie. Les actions à mettre en Å“uvre sur chantier sont :
  • Respecter strictement le rayon de courbure minimal indiqué par le fabricant, mesuré à l'axe du flexible.
  • Éviter toute torsion lors du montage en positionnant correctement les raccords dans leur axe.
  • Positionner le flexible loin de surfaces chaudes (tuyauteries vapeur, vannes, échangeurs) ou placer une gaine de protection thermique.
  • Fixer des colliers de maintien régulièrement espacés pour éviter les déplacements sous vibrations et les contacts frottants.
  • Placer des gaines de protection mécanique dans les zones de passage exposées aux chocs ou au trafic.
  • Éviter les longueurs libres excessives qui créent des flexions répétées sous l'effet des vibrations ou des mouvements de process.

Raccordement, mise à la terre et continuité vérifiée

Après le montage, la mise à la terre de l'assemblage doit être établie et contrôlée avant la mise en service. Les étapes de contrôle de continuité post-montage d'un parc de flexibles sont :
  • Mesurer la résistance électrique entre les deux extrémités de l'assemblage (flexible + raccords).
  • Vérifier la continuité entre l'assemblage et le point de terre du site (résistance inférieure à 10 ohms).
  • Consigner les valeurs mesurées dans le registre de maintenance avec la date et l'identité de l'intervenant.
  • Recontrôler après toute intervention touchant un raccord, un collier ou la connexion de mise à la terre.
Test continuité d'un flexible ATEX

Compétences requises et procédures site ATEX

L'installation et l'inspection des équipements en zone ATEX relèvent de la famille de normes IEC/EN 60079 dédiées à l'installation et à l'inspection (parties installation et inspection en vigueur). Les intervenants doivent avoir reçu une formation adaptée aux risques d'atmosphères explosives et travailler en suivant les procédures internes du site (permis de travail, plan de prévention pour les entreprises extérieures). Aucune intervention sur un flexible ou ses raccords en zone ATEX ne doit être réalisée sans autorisation formelle et sans vérification préalable de l'absence d'atmosphère explosive.

Comment entretenir un flexible ATEX ?

Contrôles périodiques adaptés au service réel


La fréquence des contrôles dépend des conditions de service (pression, température, nature du fluide, vibrations, exposition chimique) et ne peut pas être fixée universellement. Le site ATEX doit définir un programme d'inspection sur la base d'une analyse de risque. Les contrôles à intégrer dans ce programme incluent :
  • L'inspection visuelle externe : rechercher les craquelures, boursouflures, traces de suintement, usures locales et déformations.
  • Le contrôle des raccords : vérifier l'absence de corrosion, de desserrage, de déformation des embouts et d'usure des joints.
  • La re-mesure de la continuité électrique selon la périodicité définie par le fabricant ou le responsable ATEX.
  • Le contrôle de la liaison équipotentielle et de l'état des câbles et colliers de mise à la terre.

Critères de rebut et remplacement maîtrisé

Un flexible en zone ATEX doit être remplacé dès que l'un des critères suivants est constaté :
  • Fissures ou craquelures visibles sur la gaine extérieure ou le tube intérieur.
  • Boursouflures ou déformations locales indiquant une dégradation interne.
  • Armature visible (renfort acier ou textile apparent) suite à une abrasion externe.
  • Traces de fuite ou de suintement sur le corps du flexible ou au niveau des raccords.
  • Glissement ou déformation d'un raccord sertissé.
  • Continuité électrique non conforme lors de la re-mesure.
  • Marquage devenu illisible, empêchant l'identification du produit et de sa catégorie ATEX.
  • Dépassement de la durée de vie recommandée par le fabricant (généralement 6 ans pour les flexibles élastomères en service).

Traçabilité documentaire et registre d'intervention

Le registre de maintenance des flexibles ATEX doit conserver les informations suivantes pour chaque assemblage :
  • La référence et le numéro de lot du flexible et des raccords.
  • Le numéro de certificat ATEX et la catégorie.
  • La date de montage et l'identité de l'installateur.
  • Les résultats de mesure de continuité électrique à l'installation et lors des contrôles périodiques.
  • Les dates et motifs de remplacement ou d'intervention.
  • La localisation de l'assemblage dans l'installation (zone, ligne, numéro de repère).

FAQ sur le choix d'un flexible ATEX

Un flexible certifié pour la zone 1 peut-il être utilisé en zone 2 ?

Oui, un flexible de catégorie 2G (zone 1) peut être utilisé en zone 2, car il offre un niveau de protection supérieur à celui requis pour une zone 2. La règle de compatibilité descendante s'applique : un équipement certifié pour une zone plus contraignante convient dans une zone moins exigeante, sous réserve que la notice du fabricant ne l'exclue pas et que le groupe de gaz et la classe de température restent compatibles avec la substance présente.

Un flexible antistatique suffit-il à sécuriser l'installation ?

Non. Un tuyau flexible antistatique réduit le risque d'accumulation de charges électrostatiques dans le tube intérieur, mais la sécurité de l'installation dépend de la continuité électrique de l'ensemble assemblé jusqu'au point de terre. Si les raccords sont isolants, si la connexion équipotentielle est absente ou mal réalisée, ou si le marquage ATEX ne couvre pas la zone concernée, le flexible antistatique ne suffit pas à garantir la sécurité. La mise à la terre et la continuité de l'assemblage complet sont indissociables de la propriété antistatique du flexible.

Comment vérifier la continuité électrique d'un assemblage flexible ?

La continuité électrique se mesure à l'aide d'un ohmmètre entre les deux extrémités de l'assemblage (raccord à raccord). La valeur mesurée doit être inférieure à la limite spécifiée dans la documentation du fabricant et dans les référentiels applicables au site (le seuil de 10 ohms est couramment utilisé en référence à IEC 60079-32-1). La mesure doit être réalisée après montage, consignée dans le registre, et répétée après toute intervention touchant les raccords ou la connexion à la terre.

Quelle est la différence entre l'indice IP et la certification ATEX ?

L'indice IP caractérise l'étanchéité de l'enveloppe contre les corps solides et les liquides selon IEC/EN 60529. La certification ATEX atteste que l'équipement répond aux exigences essentielles de la directive 2014/34/UE pour une utilisation dans une atmosphère explosive donnée (zone, groupe, température). Un flexible IP67 peut être parfaitement étanche aux poussières et à l'eau, mais ne pas être certifié ATEX : il ne doit pas être utilisé dans une zone ATEX sans marquage et certificat adaptés. L'indice IP est une information complémentaire, pas un substitut à la certification ATEX.

Quelle est la différence entre ATEX et IECEx et quand choisir les deux ?

ATEX est obligatoire pour la mise sur le marché dans l'Union européenne et l'Espace économique européen. IECEx est un schéma international volontaire, reconnu dans plusieurs pays hors UE (Australie, Singapour, Inde, entre autres). Les deux systèmes reposent sur les mêmes normes techniques IEC/EN 60079 depuis 2005, mais ils restent distincts : un certificat ATEX seul ne garantit pas l'acceptation sur un marché IECEx et inversement. Une double certification ATEX + IECEx est utile pour les projets multi-pays ou les exportations vers des marchés exigeant IECEx, sans constituer une équivalence réglementaire automatique.

Comment lire la catégorie 2G ou 2D sur un flexible ?

La catégorie 2G signifie que l'équipement est conçu pour les industries de surface (groupe II), classé en catégorie 2 (niveau de protection élevé), pour une atmosphère gazeuse (G). Il convient en zone 1 et, par compatibilité descendante, en zone 2, mais pas en zone 0. La catégorie 2D indique la même logique pour les poussières (D) : zone 21 et zone 22, mais pas zone 20. L'EPL associé (Gb pour 2G, Db pour 2D) figure également dans le marquage complet.

Quels critères déclenchent le remplacement immédiat d'un flexible en zone ATEX ?

Un remplacement immédiat s'impose si l'un des critères suivants est constaté : fissures ou craquelures sur la gaine extérieure, armature visible suite à une abrasion, trace de fuite ou de suintement sur le corps ou les raccords, continuité électrique non conforme lors de la mesure, marquage ATEX illisible, ou durée de vie recommandée par le fabricant dépassée. Dans tous ces cas, le flexible doit être retiré du service avant toute reprise de l'installation et remplacé par un assemblage conforme dont la continuité a été mesurée et enregistrée.
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