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💡 À retenir :
- En fluorimétrie, une source lumineuse excite les molécules d'un échantillon, qui réémettent ensuite de la lumière à une longueur d'onde plus grande : c'est le principe excitation–émission.
- Le décalage entre la longueur d'onde d'excitation et celle d'émission, appelé déplacement de Stokes, est propre à chaque fluorophore et permet d'identifier les composés analysés.
- La détection du signal se fait généralement à 90° par rapport au faisceau d'excitation, afin de réduire la lumière transmise et d'améliorer le rapport signal/bruit.
- L'intensité de fluorescence mesurée est proportionnelle à la concentration du fluorophore uniquement en solutions diluées ; au-delà d'un certain seuil, des phénomènes comme le quenching, l'effet de filtre interne ou la réabsorption faussent la mesure.
- Un fluorimètre utilise des filtres pour sélectionner les longueurs d'onde ; un spectrofluorimètre intègre des monochromateurs permettant de balayer le spectre et de produire des spectres d'excitation et d'émission complets.
- Les principales limites à surveiller en routine sont la diffusion Rayleigh, la diffusion Raman, la photodégradation et la lumière parasite instrumentale.
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La fluorimétrie, aussi appelée spectroscopie de fluorescence ou spectrofluorimétrie, exploite la capacité de certaines molécules à réémettre de la lumière après avoir absorbé un rayonnement d'excitation. Ce phénomène, caractéristique des composés fluorescents, permet de détecter et de quantifier des substances avec une grande sensibilité, y compris à des concentrations de l'ordre du microgramme par litre. En pratique, un fluorimètre ou un spectrofluorimètre projette un faisceau lumineux sur l'échantillon, puis recueille le signal d'émission à un angle précis. Le choix des longueurs d'onde d'excitation et d'émission conditionne directement la sélectivité de la mesure. La technique couvre des applications variées : analyse de la qualité de l'eau, dosage de biomarqueurs, contrôle de fluorescence chlorophyllienne en agronomie, ou encore analyses biochimiques en laboratoire.
En quoi consiste la fluorimétrie ?
Le principe de la fluorimétrie repose sur deux fondements :
- La spectroscopie d'absorption : la molécule absorbe un photon d'excitation et passe d'un état électronique fondamental à un état excité.
- La spectroscopie d'émission : après une relaxation vibrationnelle rapide, la molécule retourne à son état fondamental en émettant un photon de fluorescence.
Un rayon de lumière (UV ou laser) excite les électrons des molécules. Ces dernières réémettent ensuite un rayonnement lumineux à une longueur d'onde plus grande que celle du faisceau incident. Cette différence entre la longueur d'onde d'excitation et celle d'émission constitue le déplacement de Stokes, dont la valeur est propre à chaque fluorophore. La fluorimétrie consiste ainsi à mesurer l'intensité de ce photon de fluorescence avant que les molécules ne retrouvent leur état originel. Ce principe intervient notamment dans l’utilisation d'un fluorescence chlorophylienne pour l’analyse de l’activité photosynthétique et l’évaluation de l’état physiologique des végétaux.
Toutes les molécules ne sont pas fluorescentes. Les composés les plus actifs sont en général des molécules cycliques, rigides et conjuguées, riches en liaisons π aromatiques. En fluorimétrie, les différents niveaux de vibration des molécules influencent directement les fréquences de lumière fluorescente émises. Ces fréquences sont enregistrées et mesurées pour produire une analyse quantitative et qualitative précise de diverses substances.
La mesure peut prendre deux formes selon l'instrument utilisé : soit une intensité à longueur d'onde fixe (pour un dosage rapide), soit un balayage spectral produisant un spectre d'émission ou d'excitation complet. Le spectre d'émission s'obtient en fixant la longueur d'onde d'excitation et en balayant les longueurs d'onde d'émission. Le spectre d'excitation s'obtient à l'inverse, en fixant l'émission et en faisant varier l'excitation ; ce dernier est généralement similaire au spectre d'absorption de la molécule.
Quels éléments composent un fluorimètre ou un spectrofluorimètre ?
Un fluorimètre ou un spectrofluorimètre transforme un signal optique issu de l'échantillon en une valeur exploitable grâce à une chaîne de cinq blocs fonctionnels successifs. La connaissance de cette architecture aide à comprendre les réglages disponibles et les facteurs qui influencent la qualité de la mesure.
Les composants de la chaîne optique sont les suivants :
- La source lumineuse produit le rayonnement d'excitation. La lampe à arc xénon, dont le spectre couvre environ 250 nm jusqu'à l'infrarouge, constitue la source la plus répandue sur les spectrofluorimètres de laboratoire. Les LED et les lasers sont utilisés sur certains instruments de terrain ou pour des applications d'ultratraces nécessitant une haute intensité à longueur d'onde fixe.
- La sélection spectrale d'excitation isole la longueur d'onde souhaitée avant l'illumination de l'échantillon. Un fluorimètre à filtres utilise des filtres passe-bande fixes ; un spectrofluorimètre intègre un monochromateur à réseau de diffraction qui permet un balayage continu des longueurs d'onde.
- Le compartiment échantillon accueille la cuve contenant la solution à analyser. Les cuves en quartz transparent sur les quatre faces sont recommandées pour les mesures dans l'UV, car le verre absorbe les rayonnements inférieurs à environ 320 nm.
- La sélection spectrale d'émission fonctionne selon le même principe que côté excitation : filtre ou monochromateur selon le type d'instrument. Des fentes à largeur réglable, placées à l'entrée et à la sortie des monochromateurs, permettent d'ajuster la résolution spectrale et le niveau de signal reçu par le détecteur.
- Le détecteur convertit les photons émis en signal électrique. Le photomultiplicateur (PMT) est le détecteur de référence pour les faibles intensités lumineuses ; la photodiode est utilisée sur les instruments plus compacts ou pour des signaux plus intenses. Certains systèmes multi-canaux permettent d'enregistrer simultanément plusieurs longueurs d'onde d'émission.
La distinction entre fluorimètre et spectrofluorimètre tient donc essentiellement au mode de sélection spectrale. Un fluorimètre à filtres mesure l'intensité à des longueurs d'onde fixes, ce qui convient aux dosages de routine sur des analytes connus. Un spectrofluorimètre à monochromateurs balaie le spectre et produit des données bidimensionnelles, ce qui s'avère nécessaire pour caractériser un nouveau composé, développer une méthode ou analyser des mélanges complexes.
Quels sont les avantages de la fluorimétrie ?
Comme la microscopie, la fluorimètrie permet l’analyse et l’observation de différents types d’échantillons. Toutefois, si la microscopie présente des limites, la fluorimétrie, elle, propose différents instruments de mesure permettant de réaliser une spectroscopie atomique ou moléculaire. Chaque élément reste facilement identifiable, ce qui facilite par la même occasion la détection des structures d’intérêts. De même, la réalisation du processus devient plus simple quand la collecte des données récoltées peut se faire instantanément et avec précision.
En plus de la performance de l’analyse, la fluorimètrie se distingue par sa rapidité d’action, et ce, que la technique implique l’utilisation d’un rayon UV ou d’un rayon X. Par ailleurs, la plupart des fluorimètres existants peuvent se connecter à un ordinateur pour simplifier la lecture et l’interprétation des résultats collectés. Ces fonctionnalités jouent un rôle important dans le choix d’un fluorimètre de chlorophylle, notamment pour les applications en recherche végétale, agronomie ou contrôle environnemental.
Comment se passe la mesure de l’intensité de fluorescence ?
Un fluorimètre se décline en 3 variantes distinctes, dont :
- Le fluorimètre portable, qui, en raison de sa version compacte, est adapté à une utilisation sur le terrain. Il est surtout sollicité pour le test chlorophyllien.
- Le fluorimètre de terrain, un instrument de mesure particulièrement utile pour l'analyse de la turbidité de l'eau.
- Le fluorimètre de laboratoire, un appareil complet apprécié pour sa polyvalence. Il permet de mesurer l'intensité de fluorescence de différents types de molécules.
La mesure de l'intensité de fluorescence suit une procédure précise. L'échantillon est placé dans une cuve en direction de laquelle un rayon d'excitation se projette. Une partie de la lumière est absorbée par la molécule, tandis qu'une autre est transmise. Cette absorption donne lieu à l'émission d'une lumière fluorescente, recueillie à un angle de 90° par rapport au faisceau d'excitation incident. La fluorescence chlorophyllienne peut être spécifiquement analysée grâce à des fluorimètres adaptés, en suivant cette même géométrie. La détection à 90° n'est pas arbitraire. À cet angle, le détecteur ne reçoit pas directement le faisceau d'excitation transmis, ce qui réduit fortement la lumière parasite et améliore le rapport signal/bruit. Pour les échantillons troubles ou fortement absorbants, comme certaines suspensions biologiques ou des eaux chargées, une géométrie de mesure dite "de face" (front-face) peut être privilégiée pour limiter les effets d'atténuation du signal en profondeur de cuve.
La mesure produit deux types de résultats selon la configuration de l'instrument. Une intensité à longueur d'onde d'émission fixe suffit pour un dosage de routine lorsque le fluorophore est connu. Un balayage spectral fournit un spectre d'émission complet, obtenu en fixant la longueur d'onde d'excitation et en faisant varier celle d'émission, ou un spectre d'excitation, obtenu à l'inverse. L'intensité mesurée suit la concentration du fluorophore de façon linéaire uniquement en solutions diluées, où l'absorbance reste faible (typiquement inférieure à 0,05). Au-delà de ce seuil, plusieurs phénomènes perturbent la proportionnalité :
- Le quenching (extinction) : des collisions moléculaires ou la présence de certains composés dissipent l'énergie de façon non radiative et réduisent le signal de fluorescence.
- L'effet de filtre interne et la réabsorption : à forte concentration, le faisceau d'excitation est absorbé avant d'atteindre le centre de la cuve, et une partie de l'émission peut être réabsorbée par d'autres molécules.
- La diffusion Rayleigh : le solvant ou les particules en suspension diffusent la lumière à la même longueur d'onde que l'excitation, créant un signal parasite à proximité des bandes d'excitation.
- La diffusion Raman : le solvant génère une émission décalée vers de plus grandes longueurs d'onde, susceptible de se superposer à un signal de fluorescence faible.
- La photodégradation : une exposition prolongée à un faisceau intense dégrade progressivement le fluorophore, entraînant une baisse de l'intensité au cours du temps.
FAQ : fluorimétrie et réglages de mesure en laboratoire
Pourquoi mesure-t-on souvent la fluorescence à 90° ?
La détection à 90° par rapport au faisceau d'excitation permet d'éviter que le détecteur ne reçoive directement la lumière transmise ou diffusée par le faisceau incident. Cette configuration réduit fortement la lumière parasite et améliore le rapport signal/bruit, ce qui rend possible la détection de signaux de fluorescence très faibles. Pour les échantillons troubles ou à forte absorbance, une mesure de face (front-face) constitue l'alternative recommandée pour préserver la qualité du signal.
Quelle différence entre fluorimètre et spectrofluorimètre ?
Un fluorimètre utilise des filtres passe-bande pour sélectionner les longueurs d'onde d'excitation et d'émission. La mesure se fait à des longueurs d'onde fixes, ce qui convient au dosage de routine d'analytes connus. Un spectrofluorimètre intègre deux monochromateurs à réseau de diffraction qui permettent de balayer librement le spectre. Il produit des spectres d'excitation et d'émission complets, nécessaires pour caractériser un nouveau composé, développer une méthode analytique ou analyser des mélanges. Le spectrofluorimètre offre donc une flexibilité spectrale que le fluorimètre à filtres ne peut pas atteindre, au prix d'un coût et d'une complexité plus élevés.
Pourquoi l'intensité n'est-elle pas toujours proportionnelle à la concentration ?
La proportionnalité entre intensité de fluorescence et concentration du fluorophore (If = K · I₀ · c) n'est valide qu'en solutions diluées, typiquement pour des absorbances inférieures à 0,05. À plus forte concentration, plusieurs phénomènes brisent cette linéarité. L'effet de filtre interne se produit lorsque le faisceau d'excitation est absorbé avant d'atteindre le centre de la cuve, si bien que seules les molécules proches de la face d'entrée sont réellement excitées. La réabsorption survient lorsque les bandes d'émission et d'absorption se recouvrent, conduisant une partie des photons émis à être réabsorbée par d'autres molécules. Le quenching collisionnel réduit le signal lorsque des collisions moléculaires dissipent l'énergie de façon non radiative avant l'émission du photon. Pour garantir la validité des dosages, il convient de vérifier la linéarité de la courbe d'étalonnage sur la gamme de concentration utilisée.
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