Sommaire
- À quoi sert un PER d'entreprise pour le salarié ?
- PER collectif ou PER obligatoire : comment identifier son dispositif ?
- Comment fonctionne l'adhésion au PER d'entreprise ?
- Comment alimenter son PER d'entreprise ?
- Les 3 compartiments du PER : comment éviter les erreurs ?
- Gestion pilotée ou gestion libre : que choisit le salarié ?
- Quand peut-on récupérer l'épargne avant la retraite ?
- À la retraite : capital, rente ou mix ?
- Fiscalité du PER d'entreprise : quelles sont les règles clés à connaître ?
- Quels frais, règles de portabilité et transferts le salarié doit-il vérifier ?
- Mini-scénarios chiffrés pour décider plus vite
- Transmission en cas de décès : qu’est-ce qui change selon le support ?
- FAQ : PER d'entreprise, questions fréquentes des salariés
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Sommaire
- À quoi sert un PER d'entreprise pour le salarié ?
- PER collectif ou PER obligatoire : comment identifier son dispositif ?
- Comment fonctionne l'adhésion au PER d'entreprise ?
- Comment alimenter son PER d'entreprise ?
- Les 3 compartiments du PER : comment éviter les erreurs ?
- Gestion pilotée ou gestion libre : que choisit le salarié ?
- Quand peut-on récupérer l'épargne avant la retraite ?
- À la retraite : capital, rente ou mix ?
- Fiscalité du PER d'entreprise : quelles sont les règles clés à connaître ?
- Quels frais, règles de portabilité et transferts le salarié doit-il vérifier ?
- Mini-scénarios chiffrés pour décider plus vite
- Transmission en cas de décès : qu’est-ce qui change selon le support ?
- FAQ : PER d'entreprise, questions fréquentes des salariés
Temps de lecture estimé : 12min
💡 L'essentiel à retenir :
- Le PER d'entreprise regroupe deux dispositifs distincts : le PER collectif (PERECO/PERCOL), facultatif et ouvert à tous les salariés avec une ancienneté maximale de 3 mois, et le PER obligatoire (PERO), réservé à une catégorie de salariés définie par l'employeur et à adhésion contrainte.
- Le PER collectif peut prévoir une adhésion automatique : le salarié dispose alors de 15 jours pour la refuser ; passé ce délai, il est engagé.
- L'abondement de l'employeur sur le PER collectif est plafonné à 3 fois le versement du salarié et ne peut pas dépasser 7 690 € par an : c'est un levier de rendement immédiat à exploiter en priorité.
- L'achat de la résidence principale déclenche un déblocage anticipé pour les compartiments "versements volontaires" et "épargne salariale", mais les droits issus de versements obligatoires restent bloqués quoi qu'il arrive avant la retraite.
- Les sommes du compartiment obligatoire (PERO) ne peuvent sortir qu'en rente viagère, sauf si la rente mensuelle calculée est inférieure ou égale à 110 €, auquel cas une conversion en capital est possible.
- La fiscalité à la sortie dépend directement du choix à l'entrée : déduire ses versements volontaires procure un gain fiscal immédiat, mais génère une imposition plus lourde au moment de récupérer l'argent (IR au barème + PFU de 30 % jusqu'en 2025, puis 31,4 % à partir de 2026 selon les règles en vigueur, sur les gains).
Le PER d'entreprise est un dispositif d'épargne retraite mis en place par l'employeur, qui permet au salarié de constituer un complément de revenus pour sa retraite, tout en bénéficiant d'avantages fiscaux et d'un abondement potentiel. Deux formes coexistent : le PER collectif (ouvert à tous) et le PER obligatoire (réservé à certaines catégories).
Comprendre les règles d'adhésion, les sources d'alimentation, les conditions de déblocage et la fiscalité à la sortie est indispensable pour exploiter pleinement ce dispositif, et pour éviter les mauvaises surprises au moment de la retraite. Le recours à un cabinet deconseil retraite permet également d'orienter le salarié vers les options les plus adaptées à sa situation et à ses objectifs.
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À quoi sert un PER d'entreprise pour le salarié ?
Le PER d'entreprise sert à accumuler une épargne pendant la vie active, bloquée en principe jusqu'à la retraite, pour obtenir à terme un capital, une rente viagère, ou une combinaison des deux. Ce n'est pas un simple placement : c'est un outil structuré qui mobilise à la fois l'effort d'épargne du salarié, l'apport de l'employeur (via l'abondement ou les cotisations obligatoires) et, souvent, les primes d'épargne salariale de l'entreprise.
La différence fondamentale entre les deux formes est simple :
La différence fondamentale entre les deux formes est simple :
- Le PER collectif (PERECO ou PERCOL) est proposé à tous les salariés, sans distinction, et l'adhésion reste facultative.
- Le PER obligatoire (PERO) cible une catégorie de salariés définie dans l'accord de mise en place (par exemple les cadres), et l'adhésion est contrainte pour les personnes concernées. Ces deux plans peuvent coexister dans la même entreprise.
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PER collectif ou PER obligatoire : comment identifier son dispositif ?
Pour savoir quel plan vous avez, consultez votre livret d'épargne salariale, remis lors de l'embauche, ou demandez le règlement du plan à votre service RH.
Un PER collectif se reconnaît à ces caractéristiques :
Un PER collectif se reconnaît à ces caractéristiques :
- Il est ouvert à l'ensemble du personnel, sans distinction de statut ou de poste. Les versements du salarié sont facultatifs.
- L'abondement de l'employeur est possible, conditionné à vos propres versements.
- Le mot "collectif" ou la mention PERECO/PERCOL figure dans le règlement.
Un PER obligatoire se repère différemment : le règlement mentionne une catégorie objective de bénéficiaires (cadres, non-cadres, direction…), les cotisations employeur sont fixées et systématiques, et le salarié qui appartient à la catégorie définie n'a pas le choix d'y adhérer ou non.
Comment fonctionne l'adhésion au PER d'entreprise ?
Règles d’ancienneté et d’adhésion applicables au PER collectif
Pour le PER collectif, l'entreprise peut exiger une ancienneté avant d'accéder au dispositif, mais cette condition ne peut pas dépasser 3 mois. Passé ce délai, tout salarié est éligible.
Lorsque le règlement prévoit une adhésion automatique, le salarié reçoit une information nominative et dispose de 15 jours pour refuser. S'il ne fait rien, il est automatiquement inscrit. Ce mécanisme vise à encourager l'épargne sans démarche active, mais le salarié garde un droit de sortie clair dans ce délai.
Lorsque le règlement prévoit une adhésion automatique, le salarié reçoit une information nominative et dispose de 15 jours pour refuser. S'il ne fait rien, il est automatiquement inscrit. Ce mécanisme vise à encourager l'épargne sans démarche active, mais le salarié garde un droit de sortie clair dans ce délai.
Principe des « catégories objectives » dans un PER obligatoire
Dans un PERO, seuls les salariés appartenant à la catégorie définie dans l'accord sont concernés. Cette catégorie doit reposer sur des critères objectifs : niveau de classification, statut cadre ou non-cadre, coefficient, ancienneté dans l'entreprise, etc. Elle ne peut pas être construite pour cibler arbitrairement certaines personnes. Une fois que le salarié entre dans la catégorie, l'adhésion et les cotisations sont obligatoires, qu'il le souhaite ou non.
Comment alimenter son PER d'entreprise ?
Utilité des versements volontaires
Le salarié peut verser librement des sommes dans son PER, sans plafond de montant à verser. Ces versements volontaires vont dans le compartiment 1 du plan. Il a le choix, à chaque versement, de les déclarer en déduction de son revenu imposable ou non. L'avantage de la déduction est immédiat (moins d'IR à payer dans l'année), mais la contrepartie se paie à la sortie.
Les versements volontaires sont particulièrement pertinents pour les salariés dont le taux marginal d'imposition est élevé (30 % ou 41 %), car l'économie fiscale à l'entrée est significative. Pour un salarié peu ou pas imposé, renoncer à la déduction peut s'avérer plus avantageux à la sortie.
Les versements volontaires sont particulièrement pertinents pour les salariés dont le taux marginal d'imposition est élevé (30 % ou 41 %), car l'économie fiscale à l'entrée est significative. Pour un salarié peu ou pas imposé, renoncer à la déduction peut s'avérer plus avantageux à la sortie.
Épargne salariale : intéressement, participation et PPV
Les primes d'intéressement et de participation non perçues directement peuvent être affectées au PER d'entreprise. Elles vont dans le compartiment 2 et sont exonérées d'impôt sur le revenu à l'entrée. La prime de partage de la valeur (PPV) peut également alimenter ce compartiment selon les termes de l'accord. C'est souvent la source d'alimentation la plus avantageuse fiscalement, car le salarié n'a rien à débourser de sa poche tout en constituant une épargne exonérée.
CET et jours de repos non pris
Si l'entreprise dispose d'un compte épargne-temps (CET), le salarié peut transférer des droits CET vers son PER. En l'absence de CET, il peut affecter des jours de repos non pris, dans la limite de 10 jours par an. Ces sommes rejoignent également le compartiment 2.
Maximisation de l’abondement employeur
L'abondement est un versement de l'employeur qui vient compléter les versements du salarié. Il est soumis à deux plafonds cumulatifs : il ne peut pas dépasser 3 fois le montant versé par le salarié, et son montant ne peut pas excéder 7 690 € par an.
Concrètement : un salarié qui verse 2 000 € peut bénéficier d'un abondement maximum de 6 000 € (3 × 2 000 €). S'il verse 3 000 €, le plafond de 7 690 € s'applique et l'employeur ne peut pas aller au-delà. L'abondement constitue un rendement immédiat garanti, à mobiliser avant tout autre versement.
Concrètement : un salarié qui verse 2 000 € peut bénéficier d'un abondement maximum de 6 000 € (3 × 2 000 €). S'il verse 3 000 €, le plafond de 7 690 € s'applique et l'employeur ne peut pas aller au-delà. L'abondement constitue un rendement immédiat garanti, à mobiliser avant tout autre versement.
Transferts entrants depuis d'anciens produits
Il est possible de transférer vers son PER d'entreprise des avoirs détenus sur d'autres PER, mais aussi sur des anciens produits d'épargne retraite comme le PERP, le contrat Madelin, le PERCO ou un contrat Article 83. Ce type de transfert permet de regrouper l'épargne retraite sur un seul plan et d'homogénéiser les conditions de gestion.
Les 3 compartiments du PER : comment éviter les erreurs ?
Chaque PER, qu'il soit collectif ou obligatoire, est organisé en trois compartiments selon l'origine des sommes versées. Cette architecture conditionne directement les règles de disponibilité et de fiscalité à la sortie.
| Compartiment | Sources d'alimentation | Disponibilité | Sortie possible |
|---|---|---|---|
| Compartiment 1 – Versements volontaires | Versements du salarié (déduits ou non) | Bloqué jusqu'à la retraite + déblocage anticipé légal (dont résidence principale) | Capital, rente ou mix |
| Compartiment 2 – Épargne salariale | Intéressement, participation, PPV, CET, jours de repos, abondement | Bloqué jusqu'à la retraite + déblocage anticipé légal (dont résidence principale) | Capital, rente ou mix |
| Compartiment 3 – Versements obligatoires | Cotisations obligatoires employeur et salarié (PERO) | Bloqué jusqu'à la retraite, résidence principale exclue | Rente uniquement (sauf petite rente ≤ 110 €/mois) |
| Compartiment : Compartiment 1 – Versements volontaires | |
|---|---|
| Sources d'alimentation | Versements du salarié (déduits ou non) |
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite + déblocage anticipé légal (dont résidence principale) |
| Sortie possible | Capital, rente ou mix |
| Compartiment : Compartiment 2 – Épargne salariale | |
|---|---|
| Sources d'alimentation | Intéressement, participation, PPV, CET, jours de repos, abondement |
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite + déblocage anticipé légal (dont résidence principale) |
| Sortie possible | Capital, rente ou mix |
| Compartiment : Compartiment 3 – Versements obligatoires | |
|---|---|
| Sources d'alimentation | Cotisations obligatoires employeur et salarié (PERO) |
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite, résidence principale exclue |
| Sortie possible | Rente uniquement (sauf petite rente ≤ 110 €/mois) |
La nuance la plus importante concerne le compartiment 3 : les sommes issues de cotisations obligatoires ne peuvent pas être débloquées pour acheter une résidence principale, et elles sortent obligatoirement en rente à la retraite.
Gestion pilotée ou gestion libre : que choisit le salarié ?
Gestion pilotée à horizon : fonctionnement et profil par défaut
Par défaut, en l'absence de choix contraire du salarié, le PER d'entreprise est géré en gestion pilotée à horizon retraite. Cette approche ajuste automatiquement l'allocation des actifs en fonction du temps restant avant la retraite : lorsque l'horizon est lointain, la part d'actifs potentiellement plus risqués (actions) est plus élevée ; à l'approche de la retraite, le portefeuille se sécurise progressivement vers des supports moins volatils.
Le profil attribué par défaut est généralement le profil "équilibré horizon retraite". Selon les contrats, d'autres profils sont disponibles : prudent, dynamique, voire offensif. Le salarié peut demander à changer de profil à tout moment.
Le profil attribué par défaut est généralement le profil "équilibré horizon retraite". Selon les contrats, d'autres profils sont disponibles : prudent, dynamique, voire offensif. Le salarié peut demander à changer de profil à tout moment.
Gestion libre
La gestion libre donne au salarié le contrôle total de son allocation. Il choisit et modifie ses supports d'investissement (FCPE) sans contrainte d'horizon. Elle convient aux salariés qui ont des connaissances financières, le temps de suivre leurs investissements et une vision claire de leur stratégie. Pour les autres, la gestion pilotée reste un choix pertinent par son caractère automatique et progressif.
Supports disponibles et fonds solidaires
Le PER d'entreprise collectif doit proposer au minimum trois supports avec des profils de risque différents, et obligatoirement au moins un fonds solidaire. Ce fonds solidaire investit entre 5 % et 10 % de ses actifs dans des entreprises solidaires agréées. Il répond à une logique d'investissement responsable, sans renoncer à un rendement potentiel.
⚠️ Point de vigilance : la gestion pilotée réduit le risque à l'approche de la retraite, mais ne garantit pas le capital. Même un profil prudent peut enregistrer des moins-values en période de forte volatilité. En gestion libre, l'allocation par défaut peut être inadaptée si elle n'est jamais révisée.
⚠️ Point de vigilance : la gestion pilotée réduit le risque à l'approche de la retraite, mais ne garantit pas le capital. Même un profil prudent peut enregistrer des moins-values en période de forte volatilité. En gestion libre, l'allocation par défaut peut être inadaptée si elle n'est jamais révisée.
Quand peut-on récupérer l'épargne avant la retraite ?
L'épargne est en principe bloquée jusqu'à la date de liquidation de la pension de retraite. Toutefois, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé, qui permettent de récupérer tout ou partie de l'épargne sans attendre :
- Le décès du conjoint ou du partenaire de PACS ouvre le droit au déblocage.
- L'invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants (2e ou 3e catégorie) constitue également un motif légal.
- Une affection grave ou un handicap d'une particulière gravité touchant un enfant à charge est également éligible.
- La situation de surendettement, reconnue par la commission compétente, permet aussi un déblocage.
- L'expiration des droits à l'assurance chômage ouvre ce droit.
- La cessation d'activité non salariée consécutive à une liquidation judiciaire constitue un autre cas légal.
- L'acquisition ou la construction de la résidence principale permet un déblocage anticipé.
Nuance fondamentale sur la résidence principale : ce dernier cas de déblocage ne s'applique qu'aux sommes logées dans les compartiments 1 et 2. Les droits issus de versements obligatoires (compartiment 3) restent bloqués jusqu'à la retraite, quelle que soit la situation.
À la retraite : capital, rente ou mix ?
Ce qui peut sortir en capital
Pour les sommes issues des compartiments 1 (versements volontaires) et 2 (épargne salariale), le salarié choisit librement sa modalité de sortie : capital en une fois, capital fractionné sur plusieurs années, rente viagère, ou une combinaison des deux. Cette flexibilité est l'un des grands avantages du PER par rapport aux anciens produits d'épargne retraite.
Ce qui doit sortir en rente : les versements obligatoires
Les sommes accumulées dans le compartiment 3 via les cotisations obligatoires (employeur et, le cas échéant, salarié dans un PERO) ne peuvent sortir qu'en rente viagère. Ce principe est absolu et ne dépend pas du choix du salarié.
Petite rente et conversion en capital
Une exception existe : si le montant de la rente mensuelle calculée est inférieur ou égal à 110 €, le salarié et l'organisme gestionnaire peuvent convenir d'une conversion en capital. Ce seuil est exprimé à 1 320 € par an dans certains textes, ce qui correspond au même équivalent mensuel. Il convient de vérifier ce seuil dans le règlement du plan ou auprès du gestionnaire, car il peut varier selon les contrats.
Mini-scénario : un salarié liquide son PERO et la rente calculée sur son compartiment obligatoire s'élève à 80 €/mois. Comme ce montant est inférieur à 110 €, il peut demander une conversion en capital. En revanche, si la rente calculée est de 150 €/mois, la sortie en rente est imposée sans exception.
Mini-scénario : un salarié liquide son PERO et la rente calculée sur son compartiment obligatoire s'élève à 80 €/mois. Comme ce montant est inférieur à 110 €, il peut demander une conversion en capital. En revanche, si la rente calculée est de 150 €/mois, la sortie en rente est imposée sans exception.
Fiscalité du PER d'entreprise : quelles sont les règles clés à connaître ?
À l'entrée : déduction et exonérations
Les versements volontaires déduits diminuent le revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel. Pour les revenus 2025 (applicable pour les versements de 2026), ce plafond correspond à 10 % des revenus professionnels nets, avec un maximum de 37 680 € ou un plancher de 4 710 € si ce montant est plus favorable. Ces plafonds évoluent chaque année en lien avec le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).
Les sommes issues de l'épargne salariale (intéressement, participation, PPV, abondement employeur) sont exonérées d'impôt sur le revenu à l'entrée, quel que soit le mode de sortie choisi ensuite.
Les sommes issues de l'épargne salariale (intéressement, participation, PPV, abondement employeur) sont exonérées d'impôt sur le revenu à l'entrée, quel que soit le mode de sortie choisi ensuite.
À la sortie : déduit ou non déduit, la différence est déterminante
Pour les versements volontaires déduits, la sortie en capital soumet la part correspondant aux versements au barème de l'IR (sans abattement de 10 %), et les gains au PFU (prélèvement forfaitaire unique). Ce taux global s'élève à 30 % jusqu'au 31 décembre 2025 (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), puis à 31,4 % à partir du 1er janvier 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), selon les règles en vigueur.
Pour les versements volontaires non déduits, la part correspondant aux versements est exonérée d'IR et de prélèvements sociaux à la sortie. Seuls les gains restent soumis au PFU selon les mêmes taux.
Mini-scénario : un salarié ayant déduit 10 000 € de versements volontaires récupère 14 000 € à la retraite (10 000 € de versements + 4 000 € de gains). Les 10 000 € sont imposés au barème de l'IR (comme une pension), les 4 000 € de gains sont soumis au PFU de 31,4 %. S'il n'avait pas déduit ses versements, seuls les 4 000 € de gains seraient taxés.
Pour les versements volontaires non déduits, la part correspondant aux versements est exonérée d'IR et de prélèvements sociaux à la sortie. Seuls les gains restent soumis au PFU selon les mêmes taux.
Mini-scénario : un salarié ayant déduit 10 000 € de versements volontaires récupère 14 000 € à la retraite (10 000 € de versements + 4 000 € de gains). Les 10 000 € sont imposés au barème de l'IR (comme une pension), les 4 000 € de gains sont soumis au PFU de 31,4 %. S'il n'avait pas déduit ses versements, seuls les 4 000 € de gains seraient taxés.
Déblocage anticipé : traitement différent selon le motif
En cas de déblocage pour accident de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement…), le capital récupéré est exonéré d'IR ; seuls les gains sont soumis aux prélèvements sociaux. En cas de déblocage pour achat de la résidence principale, la fiscalité applicable dépend du caractère déduit ou non des versements, selon les règles décrites ci-dessus.
⚠️ Point de vigilance : déduire ses versements volontaires à l'entrée est avantageux si votre taux marginal d'imposition actuel est supérieur à celui que vous anticipez à la retraite. Dans le cas contraire, renoncer à la déduction peut s'avérer plus rentable sur l'ensemble de la durée du plan.
Quels frais, règles de portabilité et transferts le salarié doit-il vérifier ?
Frais pendant la vie du contrat
Tant que le salarié est dans l'entreprise, les frais de gestion du PER collectif sont pris en charge par l'employeur. Cela représente un avantage non négligeable par rapport à un PER individuel souscrit à titre personnel. En cas de départ de l'entreprise, ces frais peuvent basculer sur le titulaire du plan selon les conditions du gestionnaire.
Transfert après départ de l'entreprise
À la suite d'un départ (démission, licenciement, retraite…), le salarié peut transférer son PER d'entreprise vers tout autre PER, à tout moment et sans contrainte de délai. Les règles de frais s'appliquent :
- Si le plan est détenu depuis moins de 5 ans, des frais de transfert peuvent être prélevés, dans la limite de 1 % de l'encours.
- Si le plan est détenu depuis 5 ans ou plus, le transfert est gratuit. Le délai de réalisation du transfert est encadré : il est généralement de 3 mois, avec possibilité de médiation en cas de retard.
Tant que le salarié est encore dans l'entreprise, un transfert vers un autre PER reste possible, mais dans la limite d'un seul transfert tous les 3 ans.
Mini-scénarios chiffrés pour décider plus vite
Scénario 1 – Abondement : Sophie verse 2 500 € dans son PER collectif. Son employeur abonde à hauteur de 200 % du versement. Elle perçoit donc 5 000 € d'abondement, pour un total de 7 500 € épargné. L'abondement est exonéré d'IR à l'entrée. Ce rendement immédiat de 200 % sur la mise initiale est difficile à trouver sur un autre produit d'épargne.
Scénario 2 – Versement déduit vs non déduit : Marc est dans la tranche à 30 % d'IR. Il verse 5 000 € sur son PER. S'il choisit la déduction, il économise 1 500 € d'IR dans l'année (5 000 × 30 %). À la retraite, si son taux marginal est de 11 %, il paiera bien moins d'IR à la sortie qu'il n'a économisé à l'entrée : l'arbitrage est favorable. Si son taux à la retraite remonte à 30 %, l'avantage disparaît et la non-déduction aurait été plus pertinente.
Scénario 3 – Capital ou rente : Lucie, au moment de partir à la retraite, a 80 000 € dans le compartiment 2 (épargne salariale). Elle peut choisir de récupérer 50 000 € en capital immédiatement pour financer des travaux, et convertir les 30 000 € restants en rente pour percevoir un complément mensuel régulier à vie. Ce mixte lui offre à la fois de la liquidité et de la sécurité sur le long terme.
Scénario 2 – Versement déduit vs non déduit : Marc est dans la tranche à 30 % d'IR. Il verse 5 000 € sur son PER. S'il choisit la déduction, il économise 1 500 € d'IR dans l'année (5 000 × 30 %). À la retraite, si son taux marginal est de 11 %, il paiera bien moins d'IR à la sortie qu'il n'a économisé à l'entrée : l'arbitrage est favorable. Si son taux à la retraite remonte à 30 %, l'avantage disparaît et la non-déduction aurait été plus pertinente.
Scénario 3 – Capital ou rente : Lucie, au moment de partir à la retraite, a 80 000 € dans le compartiment 2 (épargne salariale). Elle peut choisir de récupérer 50 000 € en capital immédiatement pour financer des travaux, et convertir les 30 000 € restants en rente pour percevoir un complément mensuel régulier à vie. Ce mixte lui offre à la fois de la liquidité et de la sécurité sur le long terme.
Transmission en cas de décès : qu’est-ce qui change selon le support ?
Le traitement du PER au décès du titulaire dépend de la nature juridique du plan.
- Un PER sous forme de compte-titres (PER bancaire) est intégré à l'actif successoral. Les sommes reviennent aux héritiers légaux et sont soumises aux droits de succession classiques, sans abattement spécifique lié au PER.
- Un PER sous forme de contrat d'assurance de groupe (PER assurantiel) fonctionne selon des règles proches de l'assurance-vie. Le titulaire peut désigner des bénéficiaires dans une clause bénéficiaire : les sommes leur sont versées directement, hors succession.
- En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €.
- En cas de décès après 70 ans, l'abattement est global, fixé à 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires.
Deux points concrets à vérifier pour tout salarié détenteur d'un PER assurantiel : la clause bénéficiaire est-elle rédigée et à jour ? Les bénéficiaires désignés sont-ils clairement identifiés ? Une clause vague ou non mise à jour après un changement de situation familiale peut neutraliser l'avantage de ce régime.
FAQ : PER d'entreprise, questions fréquentes des salariés
Puis-je refuser le PER collectif proposé par mon entreprise ?
Oui, si le règlement prévoit une adhésion automatique, vous avez 15 jours après réception de l'information pour la refuser par écrit. Passé ce délai, vous êtes considéré comme adhérent. Si le règlement ne prévoit pas d'adhésion automatique, l'adhésion reste totalement facultative et vous n'avez aucune démarche à faire pour ne pas y adhérer.
Que se passe-t-il si je quitte mon entreprise ?
Votre épargne reste acquise et continue à être investie. Vous pouvez la laisser sur le plan jusqu'à la retraite ou la transférer vers un autre PER à tout moment, sans condition de délai. Les frais de transfert s'appliquent selon la durée de détention : gratuit après 5 ans, plafonné à 1 % en dessous de ce seuil. Vous n'avez plus accès à l'abondement de votre ancien employeur, mais votre épargne reste disponible pour les cas de déblocage légaux.
Puis-je débloquer mon PER pour acheter ma résidence principale ?
Oui, l'achat de la résidence principale est un motif légal de déblocage anticipé, mais uniquement pour les sommes des compartiments 1 et 2 (versements volontaires et épargne salariale). Les droits issus des versements obligatoires (compartiment 3, présent dans le PERO) ne peuvent pas être débloqués pour ce motif et restent bloqués jusqu'à la retraite.
Capital ou rente : comment trancher ?
Le capital offre de la liberté et de la liquidité immédiate, mais expose au risque de mauvaise gestion ou d'épuisement prématuré des fonds. La rente viagère garantit un revenu à vie, sans risque de "tout dépenser", mais supprime toute flexibilité et peut s'avérer moins avantageuse en cas de décès prématuré. Un mixte capital + rente représente souvent le meilleur équilibre : récupérer une partie en capital pour des projets immédiats, et convertir le reste en rente pour sécuriser un revenu régulier. Le compartiment obligatoire tranche la question : il ne sortira qu'en rente, quel que soit votre souhait.
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