CONSEIL D'EXPERT

Comment choisir une presse de découpe selon la matière à transformer ?

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💡 L'essentiel à retenir :
  • Le choix d’une presse dépend de la matière, du tonnage, du format de table, de l’outillage et du niveau d’automatisation.
  • Les matières souples conviennent aux presses à bras oscillant ou pont mobile ; les matières rigides exigent souvent une presse hydraulique plus puissante.
  • Le tonnage doit être calculé selon le périmètre de coupe, l’épaisseur et la résistance de la matière, avec une marge de sécurité.
  • La cadence dépend de la technologie de presse, mais aussi du mode d’alimentation matière.
  • Les exigences de sécurité doivent être intégrées dès le cahier des charges fournisseur.
  • Des essais sur échantillons réels sont indispensables avant toute commande.
Le choix d'une presse de découpe industrielle dépend directement des caractéristiques de la matière à transformer, des contraintes de production et du niveau de précision attendu. Le dimensionnement de la machine influence la qualité de coupe, la stabilité du procédé, la durée de vie des outils et la sécurité des opérateurs. Une presse inadaptée peut entraîner des déformations, des marques sur la matière, une usure prématurée des équipements ou des arrêts de production. Les principaux critères à évaluer sont le type de matériau, son épaisseur, la force de découpe nécessaire, l’architecture de la presse, les exigences de sécurité et la rentabilité de l’investissement.
Devis pour une presse de découpe industrielle

Quelles données collecter pour choisir une presse de découpe ?

Données sur la matière

La nature structurale de la matière détermine le type d'effort à appliquer : une matière fibreuse compressible comme le textile ou la mousse absorbe l'énergie de coupe différemment d'un thermoplastique rigide ou d'un composite stratifié. Les paramètres à renseigner sont l'épaisseur nominale et sa tolérance, la dureté ou rigidité Shore/MPa, la présence d'un film de colle ou d'un revêtement, le comportement à la compression et la sensibilité au marquage.

Données sur la pièce et les contraintes process

Le périmètre total de coupe est la variable centrale du calcul de force. Il intègre le contour extérieur de la pièce et tous les ajourages intérieurs. Les tolérances dimensionnelles attendues (±0,1 mm ou ±0,5 mm) conditionnent le choix entre emporte-pièce simple et matrice guidée. La cadence cible, le format de la laize ou de la feuille et le taux de chute acceptable complètent ce dossier technique initial.

Quel type de presse de découpe industrielle choisir selon la matière à découper ?

Presse de découpe à bras oscillant

La presse à bras oscillant convient aux petites et moyennes séries sur matières souples ou semi-rigides : cuir, textile, mousse, caoutchouc, feutre, papier-carton fin. L'outil emporte-pièce est positionné manuellement sur la matière, ce qui permet d'optimiser le placement et de limiter les chutes. La table est fixe, le bras décrit un arc au-dessus de la zone de coupe. Cette architecture accepte des forces allant de 5 à 30 tonnes selon les modèles. Elle limite cependant la cadence à environ 200 à 400 cycles par heure en mode manuel et impose une qualification opérateur pour le placement des outils.
Presse à bras oscillant

Presse de découpe à pont mobile

La presse à pont mobile (ou presse à colonne traversante) dispose d'une tête qui se déplace sur toute la largeur de la table, permettant de couvrir des laizes larges sans déplacer la matière. Elle convient aux mousses de grande dimension, aux textiles non tissés, aux feuilles de caoutchouc et aux plaques de plastique semi-rigide. La force disponible atteint généralement 20 à 60 tonnes selon la longueur de la table. La productivité est supérieure à celle du bras oscillant grâce à la possibilité de placer plusieurs outils simultanément sur toute la surface. Elle est moins adaptée aux pièces de très petite surface requérant une précision inférieure à ±0,2 mm.
Presse à pont mobile

Presse de découpe à platine ou à tête fixe

La presse à platine applique la force uniformément sur toute la surface de la table via un plateau supérieur guidé verticalement. Elle garantit un parallélisme constant entre le plateau et la table de travail, ce qui la rend adaptée aux matrices multi-empreintes, aux composites, aux plastiques techniques et aux métaux fins (aluminium, laiton jusqu'à 1,5 mm). La précision dimensionnelle atteint ±0,1 mm en conditions stables. Elle est la référence pour les productions en grande série avec alimentation automatique.

Quelle technologie de presse de découpe choisir selon la matière travaillée ?

Le choix de la technologie dépend surtout de la force de coupe nécessaire, de la cadence attendue et du type de matière à découper :
  • Presse de découpe hydraulique : offre la force la plus élevée, de 10 à plusieurs centaines de tonnes, avec un contrôle précis de la pression et de la position du plateau. Elle convient aux matières dures, épaisses ou stratifiées.
  • Presse de découpe mécanique : utilise un volant d’inertie pour délivrer une force importante avec des cadences élevées, de 60 à 120 coups/min. Elle convient aux séries longues sur matières homogènes.
  • Presse de découpe pneumatique : propose une force de 1 à 30 tonnes avec une cadence intermédiaire. Elle convient aux matières légères à mi-dures, comme la mousse, le papier ou le textile.
  • Presse de découpe électrique : utilise des servomoteurs pour piloter l’effort, la course et la vitesse avec précision. Elle convient aux applications nécessitant un réglage fin, une bonne répétabilité et une consommation énergétique maîtrisée, notamment sur des matières souples à semi-rigides.

Comment dimensionner une presse à découpe selon la force et le tonnage ?

Calcul pratique à partir du périmètre de coupe et de l'épaisseur

La formule générale de pré-dimensionnement est la suivante :Force (kN) = Périmètre de coupe (mm) × Épaisseur (mm) × Résistance au cisaillement (N/mm²)Le résultat obtenu en newtons se convertit en tonnes-force en divisant par 9 810. Le coefficient de résistance au cisaillement varie selon la matière :
Matière Résistance au cisaillement (N/mm²)
Mousse polyuréthane souple 0,05 à 0,3
Cuir pleine fleur (2 mm) 0,5 à 1,2
Textile non tissé 0,1 à 0,4
Papier/carton (300 g/m²) 0,3 à 0,8
Caoutchouc dur 2 à 6
Plastique semi-rigide PP/PE (2 mm) 10 à 20
Composite fibres de verre (1 mm) 40 à 80
Aluminium (1 mm) 70 à 110
Laiton (0,8 mm) 100 à 150
Ces valeurs sont indicatives et varient selon la formulation exacte, la température et l'état de l'outil. Elles servent uniquement au pré-dimensionnement.

Éléments augmentant la force de coupe

Plusieurs facteurs font monter la force au-delà du résultat théorique : la découpe multi-pli multiplie la force par le nombre de couches, en tenant compte de la compressibilité de l'empilement. Un outil émoussé augmente la force nécessaire de 30 à 50 % par rapport à un outil neuf. La présence d'un film de colle ou d'un revêtement dur ajoute une résistance supplémentaire non captée par le coefficient matière. La température ambiante influe sur les plastiques et élastomères dont la dureté augmente en dessous de 15 °C.

Marge de sécurité

Une marge de sécurité de 20 à 30 % s'applique systématiquement au résultat du calcul pour couvrir la variabilité du matériau d'un lot à l'autre, l'usure progressive de l'outillage et les tolérances de réglage de la presse. Sur des matières à forte variabilité naturelle (cuir, textiles recyclés), cette marge monte à 40 %. La presse retenue doit disposer d'une force nominale supérieure à la force calculée majorée.

Cas particuliers : refente, découpe à règles, poinçonnage

La refente (coupe longitudinale en bandes) fait appel à des lames circulaires ou des couteaux fixes. La force requise est plus faible mais la pression linéaire sur les lames est élevée. La découpe à règles (outil carton ou outil bois avec lames acier pliées) distribue l'effort sur un périmètre long, ce qui nécessite une presse à platine hydraulique avec une force de 20 à 60 tonnes pour des formats A2 à A0. Le poinçonnage d'un trou isolé concentre la force sur une très petite surface ; la pression spécifique sur la matrice doit être vérifiée pour éviter l'écrasement de la contreplaque.

Quels outillages choisir pour une presse à découpe industrielle ?

Emporte-pièce, règles de découpe, matrices

L'emporte-pièce acier (aussi appelé flan ou couteau à contour) convient aux matières souples jusqu'à environ 20 mm d'épaisseur : cuir, mousse, textile, feutre, caoutchouc souple. Il se positionne directement sur la matière sans guidage. Sa durée de vie atteint plusieurs centaines de milliers de coups sur mousse et se réduit à quelques dizaines de milliers sur cuir épais ou caoutchouc chargé.
L'outil à règles de découpe (ou outil bois/carton) intègre des lames acier pliées dans un support. Il est utilisé pour le papier-carton, les films plastiques minces et les textiles. La précision dimensionnelle est de l'ordre de ±0,3 à ±0,5 mm.
La matrice guidée (poinçon et matrice avec jeu contrôlé) est réservée aux matières rigides et aux pièces à tolérances serrées : plastiques techniques, composites, métaux fins. Le jeu entre poinçon et matrice représente 5 à 10 % de l'épaisseur pour les métaux et 10 à 20 % pour les plastiques.

Plateau, tapis et contreplaque

Le tapis de découpe protège l'outil et la table. Sa dureté Shore A doit être adaptée à la matière : tapis souple (Shore A 40 à 60) pour les mousses et cuirs afin d'absorber les légères variations d'épaisseur, tapis dur (Shore A 70 à 90) pour les plastiques et composites afin de maintenir la précision. L'épaisseur courante est de 3 à 8 mm. Un tapis usé ou trop mou provoque une coupe incomplète sur les bords de l'emporte-pièce.La contreplaque placée sous le tapis homogénéise la pression sur toute la surface de la table et compense les légères déformations du plateau. Elle est généralement en polyéthylène haute densité (PEHD) pour les applications souples et en acier rectifié pour les matrices guidées.

Changements d'outils et temps de réglage

Le temps de changement d'outil entre deux formats représente une perte directe sur le Taux de Rendement Synthétique. Sur une presse à bras oscillant, le changement d'un emporte-pièce prend 2 à 5 minutes. Sur une presse à platine avec matrice guidée et plaque de serrage centralisée, ce temps monte à 15 à 40 minutes. Pour les productions multi-références à forte rotation, ce critère justifie l'investissement dans un système de changement rapide d'outils ou dans une presse dédiée par format.

Comment choisir la table, la course et la zone utile d’une presse de découpe industrielle ?

Dimension utile de travail

La surface utile de la table doit couvrir le format de la laize ou de la feuille avec un dégagement suffisant en périphérie (minimum 50 mm de chaque côté). Pour maximiser la productivité, le placement de plusieurs empreintes en parallèle réduit le nombre de cycles nécessaires par pièce. Un format de table de 600 × 400 mm accueille typiquement 2 à 6 empreintes selon la taille de la pièce.

Course et hauteur sous outil

La course utile désigne la distance que parcourt le plateau ou la tête entre la position haute et la position basse. Elle doit intégrer la hauteur de l'empilement matière, la hauteur fermée de l'outil et le dégagement pour le chargement/déchargement. Une course minimale de 80 mm est nécessaire pour les applications standard ; elle passe à 150 à 200 mm pour les mousses épaisses ou les empilements multi-pli.

Rigidité et parallélisme

Le parallélisme entre le plateau et la table conditionne directement la qualité de coupe sur les pièces proches des bords de l'outil. Une presse dont le bâti se déforme sous charge génère un écart de pression de 10 à 30 % entre le centre et la périphérie de la table. Cet écart produit des coupes incomplètes ou des bavures sur les contours les plus éloignés. La rigidité du bâti est un critère à exiger par écrit au fournisseur, exprimé en déflexion maximale sous charge nominale.

Quelle précision et cadence viser avec une presse de découpe industrielle ?

Tolérances et répétabilité

Les indicateurs de précision à exiger du fournisseur sont la répétabilité de positionnement (écart type sur 30 coups consécutifs), la dérive à chaud après 2 heures de production et la capabilité Cp/Cpk sur une cote critique. Pour les matières souples, une répétabilité de ±0,3 à ±0,5 mm est généralement suffisante. Pour les plastiques techniques et composites, elle doit atteindre ±0,1 mm.

Cadence de production

La cadence théorique de la presse est rarement le facteur limitant. Le vrai goulot réside dans l'alimentation et l'évacuation de la matière. En mode manuel, un opérateur positionne entre 150 et 400 pièces par heure selon la taille. En mode semi-automatique avec avance indexée, la cadence monte à 400 à 800 pièces par heure. En mode automatique avec alimentation bobine et évacuation convoyeur, les presses à platine atteignent 1 000 à 3 000 pièces par heure selon le format.

Qualité de coupe

L'écrasement de la matière en périphérie de coupe est le défaut le plus fréquent sur les mousses et élastomères. Il se réduit en augmentant la vitesse de descente du plateau et en utilisant un outil à lame très affûtée. La bavure sur les plastiques semi-rigides signale un jeu excessif entre poinçon et matrice ou une vitesse de coupe trop faible. La délamination des composites lors de la coupe indique une pression insuffisante ou un outil inadapté (une matrice de coupe à haute pression avec platine de serrage réduit ce phénomène).

Quelles automatisations choisir pour une presse de découpe industrielle ?

Alimentation par bobine

L'alimentation en continu depuis bobine s'applique aux matières livrées en rouleau : film plastique, textile non tissé, papier, caoutchouc en bande. Le dérouleur régule la tension de la bande pour éviter le froncage ou l'allongement. Un système de guidage latéral maintient le centrage avec une précision de ±1 à ±2 mm. L'avance pas à pas (indexage) synchronise le déplacement de la matière avec le cycle de la presse.

Alimentation par feuille ou plaque

Pour les matières livrées en plaques ou en feuilles découpées, un magasin d'alimentation empilé alimente la presse par le dessous ou par le côté. Un système pick-and-place par ventouses dépose chaque feuille sur la table avec une précision de ±0,5 mm. Ce mode convient aux plastiques rigides, aux composites en plaques et aux feuilles de cuir reconstituées.

Évacuation et tri des pièces

L'évacuation des pièces finies par convoyeur à bande ou à rouleaux limite les interruptions de cycle. Les chutes résiduelles sont aspirées ou soufflées vers une benne latérale. Pour les petites pièces légères (empreintes de textile ou mousse), une aspiration centralisée évite l'accumulation sous l'outil qui fausserait les cycles suivants.

Pilotage et traçabilité

Un pupitre de commande numérique stockant des recettes paramétrées par référence réduit les erreurs de réglage lors des changements de série. Les capteurs de présence matière déclenchent un arrêt automatique en cas d'absence ou de double alimentation. La traçabilité par compteur de coups par outil permet de déclencher les maintenances préventives au bon moment.

Quelles exigences de sécurité pour une presse de découpe industrielle ?

Dispositifs de sécurité

La commande bi-manuelle oblige l'opérateur à maintenir les deux mains sur les boutons de déclenchement pendant tout le cycle, rendant physiquement impossible l'introduction d'une main dans la zone de danger. Les barrières immatérielles (rideaux lumineux) détectent la présence d'un membre dans la zone de coupe et arrêtent le cycle immédiatement. Ces deux dispositifs ne sont pas interchangeables : la commande bi-manuelle s'applique aux presses à cycle court et aux zones accessibles par un seul opérateur, les barrières aux presses plus larges ou en mode automatique.

Conformité et analyse des risques

Le fournisseur doit fournir le dossier technique de conformité incluant l'évaluation des risques selon la Directive Machines (2006/42/CE, remplacée par le Règlement Machines 2023/1230 lors de sa mise en application complète), le niveau de performance requis (PLr) pour chaque fonction de sécurité selon la norme EN ISO 13849-1, et la liste des normes harmonisées appliquées. Pour les presses à découpe, la norme EN ISO 16092 (parties 1 à 4 selon la technologie) constitue la référence sectorielle à vérifier et à exiger dans le cahier des charges.

Marquage CE et documentation

Le marquage CE atteste de la conformité aux exigences essentielles de la Directive Machines. Il doit être accompagné de la déclaration de conformité, du manuel d'utilisation en français, du schéma hydraulique ou pneumatique et du plan de maintenance préventive. La formation initiale des opérateurs et du personnel de maintenance sur les consignes de sécurité spécifiques à la machine doit être prévue dans le contrat de livraison.

Quel budget prévoir pour une presse de découpe industrielle ?

Postes de coût à intégrer dans le budget global

Le coût d'acquisition d'une presse de découpe varie sur une plage large selon la technologie et le niveau d'automatisation :
Type de presse Fourchette indicative (équipement seul)
Presse à bras oscillant pneumatique (5 à 15 t) 8 000 à 25 000 €
Presse à pont mobile hydraulique (30 à 60 t) 25 000 à 80 000 €
Presse à platine hydraulique semi-auto (30 à 100 t) 40 000 à 150 000 €
Presse à platine hydraulique automatisée avec alimentation bobine 100 000 à 400 000 €
À ce coût s'ajoutent l'outillage initial (500 à 5 000 € par emporte-pièce ou matrice selon la complexité), l'installation et la mise en service (5 à 15 % du prix machine), les adaptations HSE et les formations opérateur.

Approche ROI : cadence, rebuts, matière et main-d'œuvre

Le gain sur la cadence se calcule en comparant le nombre de pièces produites par heure avant et après investissement, multiplié par la marge brute par pièce. La réduction des rebuts liée à une meilleure précision de coupe représente souvent 2 à 8 % du coût matière sur les matières nobles comme le cuir ou les composites. L'économie de matière par optimisation du placement (taux de chute réduit de 5 à 15 % grâce à un pont mobile sur grande table) s'intègre directement dans le calcul du retour sur investissement.

Quel choix de presse selon le papier, le cuir, la mousse, le plastique ou le métal fin ?

Le tableau suivant indique la compatibilité de chaque architecture de presse avec les principales familles de matières. La lecture se fait par matière en ligne : B indique une compatibilité bonne, A une adéquation optimale, et L une adéquation limitée qui nécessite des adaptations spécifiques.
Matière Bras oscillant Pont mobile Platine hydraulique Platine méca. Pneumatique
Papier / carton B B A B B
Textile non tissé A A B L B
Cuir pleine fleur A B B L B
Mousse souple A A B L A
Caoutchouc dur B B A B L
Plastique semi-rigide (PP, PE, PVC) L B A A L
Composite fibres de verre/carbone L L A B L
Aluminium fino (0,5 à 1,5 mm) L L A A L
Laiton / cuivre (< 1 mm) L L A A L
Matière : Papier / carton
Bras oscillant B
Pont mobile B
Platine hydraulique A
Platine méca. B
Pneumatique B
Matière : Textile non tissé
Bras oscillant A
Pont mobile A
Platine hydraulique B
Platine méca. L
Pneumatique B
Matière : Cuir pleine fleur
Bras oscillant A
Pont mobile B
Platine hydraulique B
Platine méca. L
Pneumatique B
Matière : Mousse souple
Bras oscillant A
Pont mobile A
Platine hydraulique B
Platine méca. L
Pneumatique A
Matière : Caoutchouc dur
Bras oscillant B
Pont mobile B
Platine hydraulique A
Platine méca. B
Pneumatique L
Matière : Plastique semi-rigide (PP, PE, PVC)
Bras oscillant L
Pont mobile B
Platine hydraulique A
Platine méca. A
Pneumatique L
Matière : Composite fibres de verre/carbone
Bras oscillant L
Pont mobile L
Platine hydraulique A
Platine méca. B
Pneumatique L
Matière : Aluminium fino (0,5 à 1,5 mm)
Bras oscillant L
Pont mobile L
Platine hydraulique A
Platine méca. A
Pneumatique L
Matière : Laiton / cuivre (< 1 mm)
Bras oscillant L
Pont mobile L
Platine hydraulique A
Platine méca. A
Pneumatique L

Papier et carton

Le papier et le carton jusqu'à 3 mm d'épaisseur se découpent sur presse à platine hydraulique de 20 à 60 tonnes avec outil à règles de découpe sur support bois. Pour les petites séries ou les prototypes, une presse à bras oscillant de 10 à 20 tonnes avec emporte-pièce acier suffit. L'alimentation par feuilles en magasin ou par bobine convient aux deux cas. Le tapis de découpe souple (Shore A 50) protège les règles et évite l'écrasement de la coupe.

Cuir et textiles

Le cuir naturel et les textiles épais requièrent une presse à bras oscillant de 15 à 25 tonnes pour les petites et moyennes séries à placement optimisé, ou une presse à pont mobile de 30 à 50 tonnes dès que la laize dépasse 800 mm. L'emporte-pièce acier inoxydable traité est l'outillage de référence. La sensibilité du cuir au marquage impose un tapis de découpe souple et l'absence de contact entre l'outil et les surfaces nobles.

Mousses

Les mousses souples de 5 à 80 mm se découpent sur presse à bras oscillant ou pont mobile selon le format. Un outil emporte-pièce à lame biseau unique suffit pour les épaisseurs jusqu'à 30 mm. Au-delà, une lame ondulée réduit l'effort de coupe de 20 à 30 %. La vitesse de descente doit être élevée pour éviter l'écrasement ; les presses pneumatiques ou hydrauliques rapides (temps de cycle inférieur à 0,5 seconde) sont privilégiées.

Plastiques rigides et composites

Les plastiques semi-rigides (PP, PE, PVC, ABS de 1 à 4 mm) et les composites (stratifiés verre/époxy, carbone/époxy de 0,5 à 2 mm) nécessitent une presse à platine hydraulique de 40 à 120 tonnes selon le périmètre de coupe, avec matrice guidée à jeu contrôlé. La vitesse de coupe élevée réduit la délamination sur les stratifiés. Une platine de serrage maintenant la pièce avant la coupe limite le retrait élastique du matériau.

Métaux fins

L'aluminium, le laiton et le cuivre de 0,3 à 1,5 mm d'épaisseur sont découpés sur presse à platine hydraulique ou mécanique de 50 à 200 tonnes selon le périmètre. La matrice guidée en acier outil traité thermiquement avec un jeu de 5 à 8 % de l'épaisseur assure une découpe nette sans bavure. La lubrification de l'outil et de la matière réduit l'usure et améliore la qualité de coupe. Une presse mécanique à volant convient aux séries longues en grande cadence.

FAQ

Quelle presse de découpe choisir pour la mousse de 50 mm d'épaisseur ?

Une presse à bras oscillant ou pont mobile hydraulique de 20 à 30 tonnes avec emporte-pièce à lame biseau et tapis de découpe souple Shore A 45 convient. La vitesse de frappe doit être réglée au maximum pour limiter l'écrasement de la mousse avant la coupe.

Quelle est la différence entre une presse à bras oscillant et une presse à pont mobile ?

La presse à bras oscillant a une tête pivotante au-dessus d'une table fixe et convient aux petits formats avec placement manuel de l'outil. La presse à pont mobile déplace sa tête sur toute la largeur de la table, ce qui permet de couvrir de grandes laizes sans déplacer la matière et d'utiliser plusieurs outils simultanément.

Comment calculer le tonnage d'une presse de découpe pour le cuir ?

Pour du cuir pleine fleur de 2 mm avec un périmètre de coupe de 600 mm, le calcul donne : 600 × 2 × 0,8 (N/mm²) = 960 N, soit environ 0,1 tonne. En pratique, les pertes de parallélisme, l'usure de l'outil et la variabilité du cuir imposent de retenir une presse d'au moins 5 à 10 tonnes pour ce type d'application, afin de garantir une marge suffisante.

Une presse pneumatique convient-elle pour découper du plastique rigide de 2 mm ?

Non, pour un plastique semi-rigide de 2 mm en PP ou PE avec un périmètre de coupe supérieur à 300 mm, la force requise dépasse généralement la capacité des presses pneumatiques standards. Une presse hydraulique à platine de 30 à 60 tonnes est préconisée pour ce type de matière.

Quelle est la sécurité minimale exigée sur une presse de découpe industrielle ?

Toute presse de découpe mise en service dans l'Union européenne doit porter le marquage CE, être accompagnée d'une déclaration de conformité à la Directive Machines et intégrer au minimum un dispositif de protection de la zone de coupe. En mode cycle unique manuel, la commande bi-manuelle est le dispositif de référence. En mode automatique, des barrières immatérielles ou des protecteurs fixes sont requis selon la configuration.

À quelle fréquence faut-il affûter un emporte-pièce ?

Sur mousse souple, un emporte-pièce acier standard doit être réaffûté tous les 100 000 à 300 000 coups selon la dureté de la mousse et la qualité de l'acier. Sur cuir ou caoutchouc, cet intervalle descend à 20 000 à 80 000 coups. Un contrôle visuel de l'état du tranchant toutes les 10 000 à 20 000 coups permet de détecter l'émoussement avant qu'il ne génère des rebuts.

Faut-il obligatoirement réaliser des essais avant d'acheter une presse de découpe ?

Les essais pré-série sur échantillons représentatifs constituent la seule validation fiable du couple presse/outillage sur la matière réelle. Ils permettent de confirmer le tonnage, la qualité de coupe, la répétabilité et la cadence atteignable avant l'engagement d'achat. Ils doivent être réalisés sur la machine de production et non sur un équipement de démonstration différent.
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