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💡 L'essentiel à retenir :- Les normes à respecter pour une mezzanine industrielle en France couvrent quatre registres distincts : la structure (Eurocodes EN 1990, EN 1991, EN 1993), l'exécution acier (EN 1090-2), les accès et protections antichute (EN ISO 14122-1/2/3), et les règles incendie/évacuation selon le type de bâtiment (entrepôt, ICPE, ERP).
- La qualification préalable de la mezzanine — ouvrage de bâtiment soumis au Code de la construction ou équipement de travail relevant du Code du travail — détermine les obligations d'urbanisme, les contrôles techniques et la répartition des responsabilités entre maître d'ouvrage, fabricant et exploitant.
- Une charge d'exploitation de 250 kg/m² correspond à un usage bureautique léger, tandis qu'un usage stockage nécessite des charges calculées à partir de 500 kg/m² ou plus, justifiées par note de calcul signée par un bureau d'études structure.
- Les garde-corps doivent atteindre au moins 1 m de hauteur (1,10 m recommandés en bordure de quai), avec lisse, sous-lisse et plinthe de 100 mm minimum, conformément à l'EN ISO 14122-3 et au Code du travail (article R. 4224-4).
- Le dossier technique minimal exigible comprend la note de calcul, les plans d'exécution, le certificat de conformité EN 1090 du fabricant acier, la Déclaration de Performances (DoP) si marquage CE, les PV de soudage, et le DOE remis à la réception.
- Les vérifications périodiques de la mezzanine s'organisent au minimum annuellement pour les plateformes de travail, conformément au Code du travail (R. 4323-1 et suivants), et après tout choc, modification structurelle ou surcharge avérée.
La mise en conformité d'une
mezzanine industrielle mobilise simultanément le droit de la construction, le droit du travail, les normes structurelles européennes et les règles de sécurité incendie. En France, un responsable HSE ou un acheteur industriel qui commande ou réceptionne une mezzanine de stockage, une plateforme de travail ou une passerelle doit identifier les textes applicables selon l'usage prévu, le type de bâtiment et les conditions d'exploitation. Ce guide présente les textes de référence à investiguer, les documents à exiger et les erreurs les plus fréquentes constatées en audit, en renvoyant systématiquement vers un bureau d'études ou un contrôleur technique pour valider les choix sur un projet spécifique.
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Comment qualifier une mezzanine industrielle avant d’appliquer les normes ?
La première question à trancher avant tout projet concerne le statut juridique de la structure. Une mezzanine peut relever de deux régimes distincts selon sa conception, son ancrage et son usage, et ce choix conditionne l'ensemble des obligations applicables.
Statut de la mezzanine : ouvrage, aménagement ou équipement de travail
Une mezzanine solidairement ancrée au sol et aux parois du bâtiment, ou dont la surface dépasse 20 m², est généralement qualifiée
d'ouvrage de bâtiment au sens du Code de la construction et de l'habitation. Cette qualification déclenche la responsabilité décennale du constructeur (article 1792 du Code civil), l'obligation éventuelle d'assurance dommages-ouvrage, et le recours possible à un contrôleur technique agréé (bureau de contrôle de type Socotec, Bureau Veritas, Apave…).
À l'inverse, une
structure autoportante, modulaire, non ancrée aux parois, destinée à une activité de travail dans un établissement industriel, peut être traitée comme
équipement de travail au sens du Code du travail. L'exploitant devient alors responsable de sa mise en sécurité, de sa vérification initiale et de ses contrôles périodiques. Dans ce cas, c'est le fabricant qui assure la conception CE le cas échéant, tandis que l'employeur organise la mise en service et le suivi. En pratique, la frontière entre les deux statuts est souvent floue : un bureau d'études structure et un juriste doivent être consultés pour trancher selon les caractéristiques réelles du projet.
Autorisation d’urbanisme : déclaration préalable ou permis de construire
L’
installation d’une mezzanine industrielle peut nécessiter une
autorisation d’urbanisme lorsqu’elle crée une surface de plancher supplémentaire ou modifie l’aménagement d’un bâtiment existant. Le régime applicable dépend de la surface créée, du Plan local d’urbanisme, du type de bâtiment, de son implantation et de son éventuel classement réglementaire. Dans certains cas, une déclaration préalable de travaux peut suffire.
Dans d’autres situations, un permis de construire peut être requis, notamment si la mezzanine modifie fortement la surface exploitable, la structure du bâtiment ou les conditions de sécurité. Les règles peuvent aussi varier lorsque le site est classé ICPE, situé dans une zone patrimoniale ou soumis à des contraintes particulières. Avant le démarrage des travaux, le maître d’ouvrage doit donc vérifier le régime applicable auprès de la mairie, du service urbanisme, d’un architecte ou du bureau d’études chargé du projet.
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Quelles règles de calcul appliquer à une mezzanine industrielle ?
La
conception structurelle d'une mezzanine industrielle en France s'appuie sur les
Eurocodes, normes européennes harmonisées dont l'application est obligatoire pour les structures soumises à la réglementation française depuis 2012. Le tableau ci-dessous présente les principales références structurelles à investiguer :
| Référence |
Périmètre |
Ce qu'elle impose |
Preuve attendue |
| EN 1990 |
Bases de calcul des structures |
Critères de sécurité, états limites ultimes et de service |
Note de calcul signée par BE |
| EN 1991-1-1 |
Actions sur les structures — charges permanentes et d'exploitation |
Définition des charges d'exploitation selon usage |
Note de calcul avec hypothèses de charges |
| EN 1993-1-1 |
Calcul des structures en acier |
Vérification des barres, assemblages, stabilité |
Note de calcul acier + plans d'exécution |
| EN 1998-1 |
Actions sismiques (selon zone géographique) |
Conception parasismique si zone 2 à 5 |
Note de calcul sismique si applicable |
| EN 1090-1 et EN 1090-2 |
Exécution des structures en acier |
Exigences de fabrication, marquage CE, classe d'exécution EXC |
Certificat EN 1090, PV de soudage, DoP |
| EN ISO 14122-1/2/3 |
Accès permanents aux machines et plateformes |
Escaliers, garde-corps, plinthes |
Plans de détail conformes, réception terrain |
| EN 15635 |
Stockage sur rayonnages métalliques (si applicable) |
Inspection périodique, signalisation charges admissibles |
Rapport d'inspection annuel |
|
Référence : EN 1990 |
| Périmètre |
Bases de calcul des structures |
| Ce qu'elle impose |
Critères de sécurité, états limites ultimes et de service |
| Preuve attendue |
Note de calcul signée par BE |
|
Référence : EN 1991-1-1 |
| Périmètre |
Actions sur les structures — charges permanentes et d'exploitation |
| Ce qu'elle impose |
Définition des charges d'exploitation selon usage |
| Preuve attendue |
Note de calcul avec hypothèses de charges |
|
Référence : EN 1993-1-1 |
| Périmètre |
Calcul des structures en acier |
| Ce qu'elle impose |
Vérification des barres, assemblages, stabilité |
| Preuve attendue |
Note de calcul acier + plans d'exécution |
|
Référence : EN 1998-1 |
| Périmètre |
Actions sismiques (selon zone géographique) |
| Ce qu'elle impose |
Conception parasismique si zone 2 à 5 |
| Preuve attendue |
Note de calcul sismique si applicable |
|
Référence : EN 1090-1 et EN 1090-2 |
| Périmètre |
Exécution des structures en acier |
| Ce qu'elle impose |
Exigences de fabrication, marquage CE, classe d'exécution EXC |
| Preuve attendue |
Certificat EN 1090, PV de soudage, DoP |
|
Référence : EN ISO 14122-1/2/3 |
| Périmètre |
Accès permanents aux machines et plateformes |
| Ce qu'elle impose |
Escaliers, garde-corps, plinthes |
| Preuve attendue |
Plans de détail conformes, réception terrain |
|
Référence : EN 15635 |
| Périmètre |
Stockage sur rayonnages métalliques (si applicable) |
| Ce qu'elle impose |
Inspection périodique, signalisation charges admissibles |
| Preuve attendue |
Rapport d'inspection annuel |
Charges d’exploitation, flèches et ancrages à justifier
Le bureau d'études structure calcule les charges en distinguant :
- Les charges permanentes : poids propre de la structure, du platelage (acier, caillebotis, bois composite…), des équipements fixés.
- Les charges d'exploitation : 250 kg/m² pour un usage bureau léger, 500 à 1 000 kg/m² pour du stockage de palettes, et jusqu'à plusieurs tonnes par mètre carré pour des machines lourdes, selon l'EN 1991-1-1 et les données d'exploitation réelles.
- Les charges dynamiques ou concentrées : passage de chariots élévateurs, transpalettes électriques, convoyeurs.
Une mezzanine utilisée comme zone de bureaux ne supporte pas les mêmes contraintes qu’une plateforme de stockage de palettes, une mezzanine avec convoyeur ou une structure recevant des machines lourdes. Le bureau d’études doit donc dimensionner la structure à partir des charges réelles transmises par l’exploitant. Les ancrages au sol, les assemblages boulonnés, les trémies et les zones de dépose doivent aussi être vérifiés. Chaque ouverture dans le plancher peut modifier la résistance locale de la structure et nécessite un renforcement adapté.
Fabrication de la mezzanine en acier selon l’EN 1090
La norme
EN 1090 encadre la fabrication des structures en acier mises sur le marché européen. Elle distingue quatre classes d'exécution (EXC1 à EXC4), dont le choix dépend du type de structure, de la conséquence d'une défaillance et des contraintes appliquées. Pour une mezzanine industrielle courante, la classe EXC2 est fréquemment retenue, mais ce choix doit être justifié par le bureau d'études. L'EN 1090-1 impose au fabricant de structures acier de disposer d'un
certificat de contrôle de production en usine (FPC), délivré par un organisme notifié, et d'établir une
Déclaration de Performances (DoP) permettant l'apposition du
marquage CE.
Ce marquage garantit que la structure a été fabriquée selon des processus contrôlés, avec traçabilité des matériaux (certificats matière acier selon EN 10204), des soudures (PV de qualification des modes opératoires selon EN ISO 15614) et des assemblages boulonnés (couples de serrage, contrôle). Un
fournisseur de plateforme de stockage en mezzanine incapable de fournir son certificat EN 1090 et sa DoP ne peut légalement pas apposer le marquage CE sur la structure. Cette situation expose l'acheteur à un risque juridique et assurantiel significatif.
Quelles exigences pour les accès, escaliers et protections antichute ?
Le Code du travail impose à l'employeur de protéger les salariés contre les chutes de hauteur dès que le niveau de circulation est supérieur à 0,50 m par rapport au sol. Cette obligation se traduit concrètement sur une mezzanine par des exigences sur les garde-corps, les escaliers et tous les moyens d'accès permanents.
Garde-corps, plinthes et zones de chargement : critères à vérifier
Les
garde-corps de mezzanine doivent respecter plusieurs critères cumulatifs issus de l'EN ISO 14122-3 et du Code du travail (article R. 4224-4) :
- Hauteur minimale de 1 m sur toute la périphérie et autour des trémies ; 1,10 m est recommandé lorsque le plancher est situé à plus de 1 m au-dessus du sol.
- Trois éléments de protection : lisse haute, lisse intermédiaire (à mi-hauteur) et plinthe de 100 mm minimum pour retenir les outils ou petits matériaux.
- Résistance mécanique : la lisse doit supporter 100 daN de force horizontale concentrée en tout point sans déformation permanente.
- Barrière écluse ou barrière de sécurité aux points de chargement ou déchargement de palettes, pour éviter les chutes lors du passage du transpalette ou du chariot.
Les zones de transfert de charges (trémies, quais de dépose) nécessitent un traitement spécifique : la barrière amovible doit être conçue pour qu'il soit impossible de l'ouvrir côté vide sans qu'une protection de l'autre côté soit en place (principe de condamnation par interverrouillage ou barrière balancelle).
Escaliers, passerelles, échelles et trappes d’accès
L'
EN ISO 14122-1 définit les critères de sélection du moyen d'accès selon la
fréquence d'utilisation et la
charge transportée :
- Un accès fréquent (plusieurs fois par jour) ou une charge à transporter imposent un escalier droit ou tournant, avec marches antidérapantes, mains courantes des deux côtés au-delà de 1,20 m de largeur, et nez de marche contrasté.
- Un accès occasionnel (moins d'une fois par jour) sans charge peut accepter une échelle à échelons ou une échelle inclinée, à condition que la hauteur soit inférieure à 3 m et que les conditions d'utilisation soient explicitement documentées dans la notice.
- Les trappes dans le plancher constituent des points de risque particuliers : elles doivent rester fermées par défaut, être signalées et équipées d'une protection périphérique dès qu'elles sont ouvertes.
L'
EN ISO 14122-2 fixe les angles d'inclinaison des escaliers (entre 20° et 45° pour un escalier à marches, entre 45° et 75° pour une échelle inclinée) et les dimensions minimales des marches (profondeur 80 mm minimum, hauteur 250 mm maximum).
Quelles règles incendie prévoir pour une mezzanine industrielle ?
Les
règles incendie applicables à une mezzanine industrielle dépendent du
statut réglementaire du bâtiment qui l'accueille. Trois régimes coexistent et ne partagent pas les mêmes textes :
- Un entrepôt non classé ICPE relève du Code du travail et des règles de construction (arrêté du 5 août 2002 sur la résistance au feu) avec des exigences de dégagements et d'évacuation proportionnelles à l'effectif et à la surface.
- Un entrepôt classé ICPE (rubrique 1510, 1530 ou 2662 selon la nature des produits) est soumis à l'arrêté ministériel correspondant, qui fixe des distances entre mezzanine et sprinklers, des exigences de compartimentage, et des obligations de désenfumage naturel ou mécanique selon la hauteur sous plafond.
- Un ERP (Établissement Recevant du Public) applique le règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980 et ses modifications), qui impose des largeurs de dégagement calculées selon l'effectif admis sur la mezzanine, un nombre minimum de sorties, et des critères de résistance au feu des planchers et poteaux.
Résistance au feu, désenfumage et évacuation
Le
plancher de la mezzanine peut former un
obstacle au désenfumage du bâtiment si sa surface dépasse un certain seuil. En entrepôt ICPE, l'arrêté du 11 avril 2017 (rubrique 1510) impose par exemple un désenfumage naturel avec un taux d'extraction d'au moins 2 % de la surface de chaque cellule. L'implantation d'une mezzanine couvrant plus de 25 % de la surface de la cellule nécessite une étude spécifique validée par le SDIS. Les
poteaux et
poutres porteurs de la mezzanine doivent atteindre un degré de résistance au feu R 30 ou R 60 selon les cas, soit par le dimensionnement de la section acier (acier massif non protégé), soit par l'application d'un peinture intumescente ou d'un flocage certifié. Ce choix est justifié dans une note de calcul thermique ou par un avis technique de laboratoire agréé (CTICM ou équivalent).
Les dégagements et escaliers d'évacuation doivent respecter des largeurs calculées en unités de passage (UP) : 1 UP correspond à 60 cm, et le minimum réglementaire est de 2 UP soit 1,20 m pour tout escalier desservant plus de 19 personnes en ERP. En milieu industriel hors ERP, la largeur minimale est de 0,80 m pour un effectif réduit, mais le Code du travail recommande 1 m pour tout escalier à usage régulier.
Quelles normes appliquer avec des racks, convoyeurs ou machines ?
La mezzanine construite sur ou en liaison avec des racks de stockage constitue un cas particulier fréquent dans les entrepôts de grande hauteur. Cette configuration crée des interactions mécaniques entre la structure de la mezzanine et celle des racks qui doivent être traitées explicitement dans les calculs.
Coordination entre mezzanine, racks et équipements intégrés
Le
fournisseur de racks et le bureau d'études de la mezzanine interviennent sur des périmètres distincts qui doivent être coordonnés :
- Le fournisseur de racks calcule les lisses, les montants et les cadres selon la norme EN 15512 (conception et calcul des rayonnages à palettes), et garantit la charge admissible par case.
- Le bureau d'études de la mezzanine reprend les charges transmises par les racks comme charges concentrées aux pieds de montants, et vérifie que les fondations ou le dallage peuvent les absorber.
- L'EN 15635 impose une inspection annuelle des racks par une personne compétente désignée (PRSES) et la mise en place d'une signalisation des charges maximales admissibles à chaque niveau. Cette inspection couvre également les interfaces avec la mezzanine.
Lorsqu'un convoyeur ou une machine est fixé à la structure de la mezzanine, les charges dynamiques et les vibrations générées doivent figurer dans les hypothèses de calcul. Le fabricant de l'équipement fournit une fiche technique avec les forces de réaction (verticales, horizontales, moments) que le BE intègre dans son modèle de calcul.
Quels documents demander pour vérifier la conformité d’une mezzanine industrielle ?
La constitution d'un dossier documentaire complet conditionne la capacité de l'exploitant à démontrer la conformité de sa mezzanine en cas d'audit HSE, d'accident ou de litige. Ce dossier se construit en trois phases.
Note de calcul, plans d’exécution et DOE
Les documents à exiger au moment de la commande et à la réception de la mezzanine sont :
- La note de calcul structure signée et tamponnée par le bureau d'études structure, indiquant les hypothèses de charges, les vérifications aux états limites et les justifications des assemblages critiques.
- Les plans d'exécution (plans de masse, coupes, détails d'assemblage) avec indication des sections d'acier, des nuances (S235, S275, S355…) et des classes d'exécution.
- Le Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) compilant plans de récolement, notices de maintenance et d'utilisation, et liste des charges admissibles affichées sur la structure.
- La notice d'utilisation et de maintenance, précisant les contrôles périodiques à réaliser, les surcharges à ne pas dépasser et les conditions de modification ou d'extension.
Marquage CE, DoP, PV et preuves de traçabilité
En complément des documents de conception, les preuves de fabrication constituent le deuxième volet du dossier :
- Le certificat EN 1090 du fabricant (délivré par un organisme notifié), attestant du contrôle de production en usine.
- La Déclaration de Performances (DoP) liée au marquage CE de la structure, si celui-ci est requis.
- Les certificats matière acier selon EN 10204 type 3.1 ou 3.2, traçant l'origine des profilés et tôles utilisés.
- Les PV de qualification des modes opératoires de soudage selon EN ISO 15614-1 et les rapports de contrôle non destructif (ressuage, magnétoscopie ou ultrasons selon EXC) pour les soudures de classe critique.
- Le rapport de réception ou procès-verbal de mise en service, signé par le maître d'ouvrage, l'installateur et éventuellement le contrôleur technique.
Quels contrôles et vérifications réaliser lors de la mise en service ?
La réception d'une mezzanine industrielle ne se limite pas à un constat visuel. Elle comprend une séquence de vérifications formalisées dont les résultats doivent être consignés par écrit.
La
vérification initiale avant mise en service comprend :
- Un contrôle visuel complet des soudures, des boulonnages (couples de serrage vérifiés), des garde-corps, des plinthes et des escaliers.
- Un essai de charge sur une zone représentative, généralement 1,25 fois la charge d'exploitation nominale pendant une durée définie (souvent 24 heures), avec mesure des flèches et retour à zéro après déchargement.
- La vérification des ancrages au dallage ou aux structures porteuses, avec contrôle de l'espacement et des couples de serrage des tiges filetées.
Les
contrôles périodiques s'organisent selon deux fréquences :
- Annuellement : inspection visuelle complète par une personne compétente interne ou externe, consignée dans le registre de sécurité de l'établissement (obligatoire selon le Code du travail, article R. 4534-22 et suivants pour les ERP, et bonnes pratiques HSE pour les industriels).
- Après tout événement particulier : choc de chariot sur un poteau ou un garde-corps, surcharge avérée, modification de l'usage ou de la charge, travaux adjacents susceptibles d'avoir affecté les ancrages.
Tableau des normes et textes à vérifier
Le tableau ci-dessous synthétise les principales références réglementaires et normatives applicables. Il ne prétend pas à l'exhaustivité et doit être adapté à chaque projet par un bureau d'études compétent.
| Référence |
Cas d’application |
Ce qu’elle encadre |
Document à demander |
| Eurocodes EN 1990, EN 1991 et EN 1993 |
Structure métallique de mezzanine |
Calcul de stabilité, charges, assemblages et déformations |
Note de calcul signée par le bureau d’études |
| EN 1090 |
Structure acier fabriquée et mise sur le marché |
Fabrication, traçabilité, contrôle de production, marquage CE si applicable |
Certificat EN 1090, déclaration de performances, certificats matière |
| EN ISO 14122 |
Accès permanents aux plateformes et machines |
Escaliers, passerelles, garde-corps, plinthes et moyens d’accès |
Plans de détail et contrôle de réception |
| Code du travail |
Mezzanine utilisée par des salariés |
Prévention des chutes, sécurité des circulations et maintien en conformité |
Rapport de vérification, registre de sécurité |
| Règles incendie |
Entrepôt, ICPE, ERP ou bâtiment soumis à exigences spécifiques |
Évacuation, désenfumage, compartimentage, résistance au feu |
Notice de sécurité, avis du bureau de contrôle ou validation compétente |
| EN 15635 |
Mezzanine associée à des racks métalliques |
Inspection des rayonnages, charges admissibles et sécurité d’exploitation |
Rapport d’inspection des racks |
| Règles d’urbanisme |
Création de surface ou modification du bâtiment |
Déclaration préalable, permis de construire ou vérification locale |
Autorisation ou confirmation du service compétent |
|
Référence : Eurocodes EN 1990, EN 1991 et EN 1993 |
| Cas d’application |
Structure métallique de mezzanine |
| Ce qu’elle encadre |
Calcul de stabilité, charges, assemblages et déformations |
| Document à demander |
Note de calcul signée par le bureau d’études |
|
Référence : EN 1090 |
| Cas d’application |
Structure acier fabriquée et mise sur le marché |
| Ce qu’elle encadre |
Fabrication, traçabilité, contrôle de production, marquage CE si applicable |
| Document à demander |
Certificat EN 1090, déclaration de performances, certificats matière |
|
Référence : EN ISO 14122 |
| Cas d’application |
Accès permanents aux plateformes et machines |
| Ce qu’elle encadre |
Escaliers, passerelles, garde-corps, plinthes et moyens d’accès |
| Document à demander |
Plans de détail et contrôle de réception |
|
Référence : Code du travail |
| Cas d’application |
Mezzanine utilisée par des salariés |
| Ce qu’elle encadre |
Prévention des chutes, sécurité des circulations et maintien en conformité |
| Document à demander |
Rapport de vérification, registre de sécurité |
|
Référence : Règles incendie |
| Cas d’application |
Entrepôt, ICPE, ERP ou bâtiment soumis à exigences spécifiques |
| Ce qu’elle encadre |
Évacuation, désenfumage, compartimentage, résistance au feu |
| Document à demander |
Notice de sécurité, avis du bureau de contrôle ou validation compétente |
|
Référence : EN 15635 |
| Cas d’application |
Mezzanine associée à des racks métalliques |
| Ce qu’elle encadre |
Inspection des rayonnages, charges admissibles et sécurité d’exploitation |
| Document à demander |
Rapport d’inspection des racks |
|
Référence : Règles d’urbanisme |
| Cas d’application |
Création de surface ou modification du bâtiment |
| Ce qu’elle encadre |
Déclaration préalable, permis de construire ou vérification locale |
| Document à demander |
Autorisation ou confirmation du service compétent |
Quelles erreurs éviter lors de la mise en conformité d’une mezzanine ?
Les audits HSE et les expertises post-accident révèlent des non-conformités récurrentes sur les mezzanines industrielles. Les connaître permet d'anticiper les risques avant la réception.
Les erreurs les plus souvent constatées sont les suivantes :
- Absence de note de calcul à jour : la structure a été modifiée (ajout de stockage, déplacement de poteau) sans validation par le bureau d'études, invalidant les hypothèses initiales.
- Charges sous-estimées : la mezzanine initialement calculée pour 250 kg/m² supporte en réalité du stockage de palettes lourdes. L'absence de signalisation des charges admissibles aggrave le risque.
- Garde-corps non conformes : hauteur insuffisante (souvent 0,90 m au lieu de 1 m), absence de sous-lisse ou plinthe absente aux extrémités des travées.
- Barrières de chargement absentes ou neutralisées : des zones de dépose de palettes sont opérées sans barrière écluse, exposant les opérateurs à une chute de plus de 3 m.
- Marquage CE absent du fabricant : la structure a été fabriquée par un atelier non certifié EN 1090. L'acheteur ne dispose d'aucun certificat matière ni PV de soudage.
- Documents manquants au DOE : notice d'utilisation absente, plans de récolement non fournis, registre de sécurité non tenu. En cas d'accident, la responsabilité de l'exploitant est directement engagée.
- Interface racks non coordonnée : les charges transmises par les racks au plancher de la mezzanine n'ont jamais été intégrées dans le calcul de structure. Le dallage présente des fissures non diagnostiquées.
- Résistance au feu non justifiée : les poteaux acier non protégés d'une mezzanine en entrepôt ICPE ne satisfont pas à l'exigence R 30 de l'arrêté applicable.
- Escalier non conforme : largeur inférieure à 0,80 m, marches sans nez antidérapant, absence de main courante sur un escalier de plus de 3 marches.
- Modifications non déclarées : des cloisons ou équipements ont été fixés sur la structure sans déclaration au bureau d'études ni mise à jour du DOE.
FAQ : normes et réglementation de la mezzanine industrielle
Une mezzanine industrielle doit-elle avoir le marquage CE ?
Oui, si la structure acier relève de l’EN 1090-1. Le fabricant doit fournir un certificat EN 1090. Il doit aussi remettre une déclaration de performances et les documents de traçabilité. L’applicabilité doit être vérifiée selon le projet.
Quelle charge au m² retenir pour une mezzanine de stockage ?
La charge dépend de l’usage prévu. Une mezzanine de bureaux ne supporte pas les mêmes charges qu’une mezzanine de stockage. Les valeurs courantes vont de 250 kg/m² pour un usage léger à 500 kg/m² et plus pour du stockage. La charge finale doit être validée par le bureau d’études.
Quelle hauteur de garde-corps respecter sur une mezzanine ?
Le garde-corps doit mesurer au moins 1 m de haut. Il doit comporter une lisse haute, une lisse intermédiaire et une plinthe. La plinthe mesure au moins 100 mm. Une hauteur de 1,10 m peut être recommandée selon le risque de chute.
Qui réalise les vérifications périodiques d’une mezzanine industrielle ?
Les vérifications relèvent de l’exploitant ou de l’employeur. Elles peuvent être faites en interne par une personne compétente. Elles peuvent aussi être confiées à un organisme de contrôle externe. Un contrôle est recommandé après un choc, une surcharge ou une modification.
Faut-il un permis de construire pour installer une mezzanine dans un entrepôt existant ?
Cela dépend de la surface créée. Cela dépend aussi du bâtiment et des règles locales. Une déclaration préalable peut suffire dans certains cas. Un permis de construire peut être nécessaire pour des surfaces plus importantes. La mairie ou le bureau d’études doit confirmer le régime applicable.
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