CONSEIL D'EXPERT

Comment fonctionne un capteur de vibration ?

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💡 Ce qu'il faut retenir :
  • Un capteur de vibration mesure une accélération mécanique et la convertit en signal électrique exploitable. En pratique, le terme désigne presque toujours un accéléromètre.
  • Le principe commun repose sur une masse sismique soumise à l'accélération : son déplacement ou la force qu'elle exerce est converti par transduction (capacitance, résistance ou charge électrique).
  • Trois familles dominent : le MEMS capacitif (mesure jusqu'à 0 Hz, basse fréquence et tilt), le MEMS piézorésistif (chocs et fortes accélérations, pont de Wheatstone) et l'accéléromètre piézoélectrique (vibrations machines, hautes fréquences, mais pas de mesure statique continue).
  • La qualité d'une mesure dépend autant du montage que du capteur : un goujon permet d'atteindre 6 000 Hz utiles, un aimant plafonne autour de 2 000 Hz, une pointe tenue à la main limite à 500 Hz.
  • La chaîne de mesure complète comprend : capteur → conditionnement (alimentation IEPE ou pont, filtrage, couplage AC/DC) → acquisition (DAQ) → traitement (FFT, enveloppe, intégration).
  • La règle des 1/3 de la fréquence de résonance du capteur donne la bande utile fiable. La masse du capteur ne doit pas dépasser 10 % de la masse locale de la structure mesurée.
  • Pour les capteurs DC (MEMS), une vérification par retournement à +1 g / -1 g permet de contrôler la sensibilité sur site, sans matériel d'étalonnage lourd.
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Un capteur de vibration transforme un mouvement mécanique oscillatoire en signal électrique mesurable. Il repose sur un principe universel, à savoir une masse sismique soumise à l’accélération du support, et peut recourir à plusieurs technologies de transduction selon la plage de fréquences, le niveau de choc ou les contraintes d’environnement. Dans l’industrie, il équipe les machines tournantes comme les moteurs, pompes et compresseurs, ainsi que les bancs d’essai de qualification et les dispositifs de surveillance de structures.

Comment caractériser une vibration avant de choisir un capteur ?

Avant de sélectionner un capteur de vibration, il faut connaître la grandeur physique pertinente selon le domaine fréquentiel du phénomène à observer. Une vibration peut être décrite par trois grandeurs liées entre elles :
  • Le déplacement (µm ou mm) représente l'amplitude spatiale du mouvement. Il est utile à basse fréquence et pour des machines lentes (< 1 000 tr/min), où l'amplitude physique du jeu est la donnée critique.
  • La vitesse (mm/s), obtenue par intégration du déplacement, reflète l'énergie vibratoire. Elle est l'indicateur de référence pour les machines tournantes à vitesses moyennes. La vitesse RMS est directement liée aux normes de sévérité vibratoire (ISO 10816).
  • L'accélération (m/s² ou g) est la sortie directe de l'accéléromètre. Elle devient dominante à haute fréquence : pour les roulements, engrenages et événements de choc, les composantes utiles se situent entre 1 kHz et 20 kHz.

Quel est le principe commun des capteurs de vibration ?

Tous les capteurs de vibration partagent le même modèle mécanique de base : une masse sismique (aussi appelée masse d'épreuve) est reliée élastiquement au boîtier du capteur. Lorsque le support subit une accélération, la masse tend à rester en place par inertie (loi de Newton F = m·a). Ce décalage relatif — déplacement de quelques micromètres ou force inertielle — est converti en signal électrique par un transducteur dont la nature varie selon la technologie :
  • Variation de capacité pour les MEMS capacitifs,
  • Variation de résistance (pont de Wheatstone) pour les piézorésistifs,
  • Génération de charge ou de tension pour les piézoélectriques.
La fréquence propre du système masse-ressort est centrale : au-delà d'environ 1/3 de cette fréquence de résonance, la réponse du capteur commence à dériver de façon non linéaire. La plage d'utilisation fiable se limite donc à cette fraction. Un accéléromètre piézoélectrique affichant une résonance à 30 kHz offre une bande utile d'environ 10 kHz.

Comment fonctionne un accéléromètre MEMS capacitif ?

Dans un MEMS capacitif, la masse sismique est micro-usinée dans le silicium. Elle est suspendue entre deux plaques conductrices fixes, formant deux condensateurs en configuration différentielle. Lorsque la masse se déplace sous l'effet d'une accélération, la distance entre la masse et chaque plaque varie en sens inverse : la capacité augmente d'un côté et diminue de l'autre. Une électronique intégrée mesure ce déséquilibre différentiel et le convertit en tension proportionnelle à l'accélération. La propriété la plus différenciante de cette technologie est sa capacité à mesurer jusqu'à 0 Hz. En l'absence de mouvement, le capteur voit la composante continue de la pesanteur terrestre. 

Un MEMS capacitif posé à plat sur son axe de sensibilité lit +1 g en continu. Cette sensibilité à la gravité est à la fois un atout (mesure d'inclinaison, surveillance de structures à très basse fréquence, vérification de sensibilité sur site) et un point de vigilance : tout offset thermique ou orientation involontaire produit une erreur DC permanente. La bande passante typique d'un MEMS capacitif industriel se situe entre quelques centaines de Hz et 1–2 kHz selon les modèles, ce qui le rend moins adapté à la détection de défauts de roulements à haute fréquence, mais très pertinent pour la surveillance de structures, de machines lentes ou de plateformes mobiles.

Schéma accéléromètre MEMS

Comment fonctionne un MEMS piézorésistif ?

Le MEMS piézorésistif mesure l’accélération grâce à des jauges de contrainte intégrées dans le silicium. Quand une contrainte mécanique déforme le matériau, sa résistance électrique change. Ce phénomène est appelé effet piézorésistif. Ces jauges sont organisées en pont de Wheatstone, ce qui permet de mesurer précisément les variations tout en limitant l’impact de la température.
Le signal dépend directement de la tension d’alimentation. Il faut utiliser une tension stable et identique à celle de l’étalonnage pour garantir la précision. Ce type de capteur peut mesurer des accélérations quasi-statiques (jusqu’à 0 Hz). Il est adapté aux chocs grâce à une faible sensibilité et des plages de mesure élevées (souvent > 100 g). En contrepartie, il présente une dérive thermique plus marquée et une tolérance limitée à la surcharge mécanique. Il est recommandé de prévoir une marge de mesure pour les applications avec impact.

Comment fonctionne un accéléromètre piézoélectrique ?

L'accéléromètre piézoélectrique exploite la propriété de certains cristaux ou céramiques (quartz, PZT) à générer une charge électrique sous contrainte mécanique. La masse sismique appuie sur le matériau piézoélectrique : lors d'une vibration, la force inertielle varie cycliquement, produisant une charge proportionnelle à l'accélération. Cette technologie est la plus répandue en surveillance de machines industrielles, car elle offre une large bande passante (typiquement de 0,2 Hz à plus de 15 kHz selon les modèles) et une robustesse éprouvée.
Sa limite principale est l'incapacité à mesurer une accélération statique continue. Le circuit électrique du matériau piézoélectrique se comporte comme un condensateur : en régime statique, la charge se dissipe progressivement via les résistances de fuite de l'électronique, et le signal retombe à zéro. Le piézoélectrique ne "voit" donc pas la gravité et ne convient pas aux mesures DC.

IEPE ou sortie charge : deux modes de mise en œuvre

Critère Sortie charge (haute impédance) Sortie IEPE (basse impédance)
Alimentation Non (auto-générateur) Courant constant (4 mA, 24 V)
Conditionnement Amplificateur de charge externe Intégré au capteur
Câblage Câble coaxial faible bruit obligatoire 2 conducteurs standard, câble > 80 m possible
Température max 500 °C (sans électronique) 120–160 °C (limité par l'électronique)
Bruit (câble long) Sensible aux effets triboélectriques Peu sensible
Usage typique Environnements sévères (T° élevée) Usage industriel courant, multi-voies
Les accéléromètres piézoélectriques se présentent sous deux architectures de sortie :
  • Le mode IEPE (ou ICP selon les désignations commerciales) simplifie considérablement le câblage : alimentation et signal coexistent sur les deux mêmes conducteurs. Un courant constant de 4 mA est injecté par le conditionneur, crée une tension de polarisation DC sur laquelle se superpose le signal AC de vibration. 
  • Le couplage AC du conditionneur élimine ensuite la composante DC pour ne conserver que le signal utile.

Quels paramètres influencent la mesure d’un capteur de vibration ?

Bande passante, résonance et règle du tiers

La fréquence de résonance du capteur figure toujours sur la fiche technique. La bande passante fiable se limite à environ 1/3 de cette valeur. Pour un capteur à résonance à 30 kHz, la plage utile garantissant une réponse à ±3 dB est d'environ 10 kHz. Au-delà, la sensibilité amplifie les fréquences proches de la résonance et fausse les mesures.

Sensibilité et plage en g

La sensibilité s'exprime en mV/g (sortie tension) ou pC/g (sortie charge). Une sensibilité élevée (ex. 500 mV/g) offre un bon rapport signal/bruit pour des vibrations faibles, mais sature rapidement sur une machine à fort niveau vibratoire. Une sensibilité de 10 mV/g convient aux applications de choc ou aux machines à niveaux élevés. Le choix résulte d'un compromis entre amplitude maximale attendue et plancher de bruit.

Bruit, offset et dérive thermique

Pour les capteurs DC de type MEMS, le bruit de fond s’exprime en µg/√Hz. Un niveau faible permet de détecter des vibrations de faible amplitude, notamment dans le cadre de la surveillance de structures. L’offset thermique, qui correspond à la dérive du zéro en fonction de la température, constitue un indicateur de stabilité sur la durée. Pour les MEMS capacitifs, les fabricants indiquent généralement une compensation interne de la sensibilité et du zéro sur la plage de température nominale.

Nombre d'axes

Un capteur monoaxe mesure selon une direction privilégiée, à orienter perpendiculairement au plan de vibration principal. Un capteur triaxial (3 axes orthogonaux X/Y/Z) capture simultanément les trois composantes spatiales et réduit le temps d'installation en maintenance prédictive. Il présente en contrepartie une masse plus élevée et un encombrement plus grand.
capteur de vibration monoaxe vs triaxial

Comment le montage influence-t-il le fonctionnement d’un capteur de vibration ?

Le montage influence directement la mesure. Il agit comme un filtre mécanique entre la structure et le capteur. Une interface comme de l’air, un adhésif ou un aimant ajoute de la masse et réduit la rigidité. Cela diminue la fréquence de résonance et atténue les hautes fréquences.

  • Le montage par goujon est la solution de référence. La surface doit être plane, propre et bien alignée. Le serrage doit suivre les recommandations du fabricant. Une fine couche de graisse silicone améliore le contact.
  • Le montage magnétique permet une installation rapide, adaptée aux opérations de maintenance. En contrepartie, il limite la détection des défauts à haute fréquence, notamment au-delà de 2 kHz.
  • Le collage constitue une alternative pour les installations permanentes sur des surfaces non usinées.
  • La masse du capteur doit rester inférieure à 10 % de la masse locale de la pièce. Au-delà, la mesure peut être faussée, surtout sur des structures légères.

Les ordres de grandeur ci-dessous s'appliquent à un accéléromètre industriel courant à titre indicatif. Les valeurs varient selon le capteur, la surface et les conditions.

Méthode de fixation Fréquence maximale exploitable indicative
Pointe / sonde tenue à la main 500 Hz
Aimant (surface courbe) 2 000 Hz
Adhésif cyanoacrylate ou époxy (couche fine) 2 500 à 5 000 Hz
Goujon fileté (surface usinée plane) 6 000 Hz et au-delà
Montage d'un accéléromètre

Quelle chaîne de mesure permet de transformer la vibration en diagnostic ?

La chaîne complète suit le schéma : capteur → câble/connectique → conditionnement → acquisition (DAQ) → traitement → indicateurs.

Conditionnement : amplification, filtrage et alimentation

Le conditionneur remplit trois fonctions. Il alimente le capteur (courant constant pour IEPE, tension régulée pour pont piézorésistif). Il amplifie le signal pour l'adapter à la plage d'entrée de l'ADC. Il filtre le signal : un filtre passe-bas anti-repliement (anti-aliasing) élimine les composantes au-delà de la moitié de la fréquence d'échantillonnage pour éviter les artefacts numériques. Le couplage AC supprime l'offset DC pour les capteurs piézoélectriques et simplifie le traitement ; le couplage DC est impératif pour exploiter la réponse basse fréquence des MEMS.

Acquisition (DAQ) et traitement

Le système d'acquisition (DAQ) convertit le signal analogique en données numériques. La résolution (16 à 24 bits selon les systèmes) et le taux d'échantillonnage (typiquement 2 à 10 fois la fréquence maximale utile) conditionnent la fidélité du signal numérique. Pour une bande utile de 10 kHz, un taux d'au moins 25 kHz est nécessaire.
Les traitements principaux sont :
  • FFT (transformée rapide de Fourier) : décompose le signal temporel en spectre fréquentiel. Elle permet d'identifier les fréquences caractéristiques des défauts (fréquence de rotation et ses harmoniques pour un déséquilibre, fréquences de passage de billes pour un roulement dégradé).
  • Analyse d'enveloppe : filtre le signal dans une bande haute fréquence (ex. 2–15 kHz), redresse et démodule l'amplitude, puis applique une FFT sur ce signal d'enveloppe. C'est la méthode de référence pour détecter les impacts périodiques de défauts de roulements à un stade précoce.
  • Intégration numérique : convertit l'accélération en vitesse (une intégration) ou en déplacement (deux intégrations). Cette opération amplifie les erreurs basse fréquence et l'offset DC ; elle est fiable uniquement si le capteur est stable, que l'offset est bien nul ou compensé, et que l'intégration est précédée d'un filtre passe-haut.
En surveillance multi-voies (ex. machine à 4–6 points de mesure), la synchronisation des acquisitions est indispensable pour comparer les phases et identifier l'origine spatiale d'un défaut.
Chaîne de mesure d'un capteur de vibration

Quels facteurs perturbent le signal d’un capteur de vibration ?

Orientation, gravité et offset DC

Sur un capteur MEMS à réponse DC, l'orientation du capteur par rapport à la verticale produit un offset permanent de ±1 g sur l'axe aligné avec la gravité. Sur un axe horizontal, cet offset est nul. Sur un axe vertical, il vaut +1 g vers le bas ou -1 g vers le haut. Ce biais doit être soustrait en traitement ou compensé dans le conditionneur avant toute analyse d'amplitude.

Câblage, blindage et boucles de masse

Les boucles de masse (deux points de mise à la terre à des potentiels différents) injectent du bruit à 50 Hz dans la chaîne de mesure. La règle est de connecter le blindage du câble à un seul point de référence, côté acquisition. Pour les capteurs piézoélectriques en sortie charge (haute impédance), des câbles coaxiaux à faible bruit triboélectrique sont nécessaires. Le câble doit être solidarisé à la structure près du capteur pour éviter que son mouvement propre génère un signal parasite.

Saturation, mauvaise gamme et filtrage anti-repliement

La saturation survient lorsque le niveau de vibration dépasse la plage du capteur ou du conditionneur. Le signal est alors écrêté et toute information spectrale est perdue. Le choix de la plage en g doit intégrer une marge par rapport au niveau maximal attendu (facteur 2 à 3 recommandé). Le filtre anti-repliement côté acquisition est non négociable : sans lui, les composantes au-delà de la fréquence de Nyquist se replient dans le spectre utile et créent de faux défauts.
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